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La belle mécanique française a de l’avenir

Jean-François Preveraud

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La belle mécanique française a de l’avenir

Le chant du cygne, la Salmson 2300 S de 1954

© JF Prevéraud

Innovation, diversification, délocalisation, des mots omniprésents dans le vocabulaire industriel actuel. Mais l’histoire de Salmson, une entreprise française plus que centenaire nous montre que ce n’est pas nouveau. Cela a toujours été l’essence même de sa survie.

Peu nombreuses sont les entreprises industrielles françaises à avoir dépassé les 100 ans, alors les 120 ans cela devient exceptionnel ! C’est pourtant le cas de Salmson qui a été fondée en 1890 à Paris par un jeune ingénieur, Emile Salmson, pour concevoir et fabriquer des matériels d’épuisement et d’élévation d’eau destinés à des applications industrielles ou minières.

La société assurera aussi à ses débuts la construction, le négoce et l’entretien de machines à vapeurs fixes ou mobiles, ainsi que de divers types de pompes et turbines. Autant d’équipements qui en cette fin de 19e siècle sont au summum de la technologie. Vers 1900, la société s’essaiera aussi dans les ascenseurs hydrauliques et pneumatiques, et se lancera dans la construction de moteurs fixes à gaz et à pétrole, ainsi que dans celle de gazogènes.

Cette diversification vers les moteurs sera à l’origine de la partie flamboyante de l’histoire de Salmson. En effet, Emile Salmson, homme de son temps comprit que l’automobile et l’aéronautique alors balbutiante allaient très vite progresser en termes de performances et aussi se démocratiser. Il construisit ainsi en 1910 un moteur aéronautique à 7 cylindres en étoile de 80 ch refroidi par eau qui fut monté sur un Breguet. Il renouvela l’expérience en 1911 avec un 9 cylindres en étoile de 110/120 ch qui sera monté sur les avions Voisin durant la Grande Guerre. Autant de développements qui firent l’objet de plusieurs brevets et qui conduisirent Emile Salmson à créer la Société des Moteurs Salmson (SMS) en 1913. Les ateliers furent délocalisés et installés dans la proche banlieue Ouest de Paris à Boulogne-Billancourt, véritable ‘‘Mécanique Valley’’ de l’époque, qui abritait des constructeurs aussi prestigieux que Blériot, Farman, Renault, Voisin… et bien d’autres passés depuis dans les oubliettes de l’histoire.

De l’artisanat à l’industrie

Salmson fut l’un des premiers motoristes des avions militaires de la Grande Guerre et connut alors une forte expansion, d’autant que dès 1915, il fabriqua des avions complets. Salmson participa aussi à la mise au point de méthodes de fabrication et de contrôle qui permirent de fabriquer rapidement des matériels de précision à de très grandes cadences. En moins de deux ans l’aéronautique passa de l’artisanat à l’industrie. Ainsi, Salmson, qui en 1913 fabriquait 8 moteurs par mois avec 50 employés dans un atelier de 3 000 m², atteindra 650 moteurs et 200 avions par mois avec plus de 7 000 employés répartis dans deux usines totalisant 72 000 m². Un outil de production performant qui se retrouva très vite surdimensionné la paix revenue.

Salmson poursuivit à régime réduit la production de moteurs aéronautiques, mais cessa officiellement celle des avions, qui fut confiée à la société Aviation Béchereau. Des licences de construction furent aussi accordées, par exemple au japonais Kawasaki en 1925. L’aventure aéronautique de Salmson cessa définitivement en 1954.

Heureusement, pour contrebalancer la chute des commandes militaires en 1919, Salmson avait eu l’idée de se diversifier vers l’automobile. Ainsi sortit le Cyclecar GN en 1920 qui était équipé d’un petit moteur Emile Petit à refroidissement par eau. La marque avec le radiateur orné d’une croix de Saint-André était née. Positionnée sur le marché des voitures sportives à ses débuts, la marque s’orienta vers les voitures de grand tourisme après la crise de 1929. Constructeur complet, Salmson fabriquait à la fois ses châssis, ses moteurs et ses carrosseries. Une activité qui dura jusqu’au milieu des années 50, avant de péricliter. On lira avec intérêt l’ouvrage, Salmson, la belle mécanique française paru aux éditions ETAI, de Claude et Laurent Chevalier, consacré à cette aventure industrielle à la fois aéronautique et automobile.

Retour aux sources

Restait l’activité originelle dans le domaine des pompes, que Salmson compléta en 1954 en achetant à la société suisse Perfecta la licence des circulateurs à rotor noyé pour les installations de chauffage. Ce nouveau départ fut marqué par une délocalisation de la production… à Laval en Mayenne où une usine de 15 000 m² fut ouverte en 1961.

Filiale du groupe allemand Wilo depuis 1984, Salmson est toujours actif dans les domaines de l’adduction d’eau, de l’assainissement et du génie climatique. Et fidèle à ses gènes elle ne cesse d’innover. Elle vient par exemple d’annoncer Priux Master, un circulateur à haut rendement, répondant à l’ensemble des exigences de la directive ErP.

Equipé d’un moteur synchrone à aimants permanents, le Priux Master permet de réaliser jusqu’à 80 % d’économies d’énergie par rapport aux circulateurs asynchrones. Grâce à cette technologie couplée à la variation électronique de vitesse, ce circulateur s’adapte en temps réel aux besoins thermiques ou frigorifiques de l’installation, tout en conservant un rendement moteur élevé.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.salmson.com

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