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La 5G dans l’industrie, « pas avant 2022 » selon Franck Bouétard, PDG d’Ericsson France

Kevin Poireault

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La 5G dans l’industrie, « pas avant 2022 » selon Franck Bouétard, PDG d’Ericsson France

© Ericsson

Ericsson, l’un des trois grands équipementiers télécoms les plus avancés sur le déploiement de réseaux 5G – avec le finlandais Nokia et le chinois Huawei – organisait l’Ericsson Day ce jeudi 3 octobre à Paris. Lors de ce point d’étape, la firme suédoise a prévenu : l’industrie ne bénéficiera pas tout de suite des réseaux 5G.

La 5G dans les usines, ce n’est pas pour tout de suite. C’est, en substance, le message de Franck Bouétard, PDG d’Ericsson France, lors du dernier Ericsson Day, le 3 octobre, événement annuel pendant lequel l’équipementier suédois rassemble ses clients et partenaires. « La priorité, dans l’industrie, est de transformer les réseaux TETRA [des systèmes de radio numérique mobile professionnels utilisés par les services de police et d’urgence mais aussi par de grands sites industriels comme les raffineries, ndlr] en LTE, et notamment 4G. La 5G pourrait ensuite se rajouter pour des usages très précis afin de régler des problèmes de latence. »

Le dirigeant a identifié, lors d’une conférence de presse sur l’état d’avancement du déploiement de la 5G, quatre cas d’usages de ces nouveaux réseaux : le haut débit mobile, soit l’extension de la 4G, la communication en masse des objets (IoT), l’accès fixe sans fil (compléter ou remplacer la fibre) et la communication critique entre les machines. « Ce dernier cas sera le plus long à se déployer. Il faudra attendre le déploiement à grande échelle de la 5G standalone, c’est-à-dire des réseaux 5G qui ne s’appuient pas sur les infrastructures 4G. Cela n’arrivera pas avant 2022. »

Régler les problèmes de latence rencontrés par l’automatisation de l’industrie

Pour tenter d’accélérer la cadence, le groupe suédois a d’ailleurs annoncé, le 19 septembre dernier, l’ouverture, début 2020, de son premier site industriel entièrement automatisé à Lewisville, près de Dallas (Texas). Celui-ci produira des antennes 5G mais sera aussi un exemple d’automatisation industrielle boostée à la 5G.

Reste que Ericsson s’est déjà attelé à la tâche d’imaginer l’usine 5G de demain. Parmi la dizaine de démonstrations « en 5G live » présentés le 3 octobre lors de l’Ericsson Day, on trouvait un bras robotisé capable d’attraper une boite de bonbons et de le lâcher lorsqu’un être humain présente la paume de sa main. L’intérêt de la 5G dans cette application, encore au stade de projet de recherche mené conjointement par Ericsson, Audi et Sick, un fabricant de capteurs pour la robotique : « Faire disparaitre les fils et réduire fortement la latence, explique Mohammad Hossein Jafari, ingénieur chez Ericsson. Ce robot communique grâce au protocole Profinet, qui fonctionne en temps réel. Ce qu’il fait ici serait impossible en 4G ou en wifi. »


La collaboration autour de l'installation « homme-machine 5G » entre Ericsson, Audi et Sick avait été présentée à la chancelière allemande Angela Merkel lors la Hannover Messe en avril 2019.

Franck Bouétard en a profité pour rappeler à l’ordre les instances européennes pour leur retard dans le domaine [en Europe, seule la Suisse, non membre de l’UE, a déployé un réseau à l’échelle nationale, ndlr] : « Une politique européenne plus forte et coordonnée serait bienvenue, a-t-il asséné. En Europe, la régulation est trop consumériste : on pousse constamment à la baisse des prix, au détriment de l’industrie. »

Ericsson se redresse grâce à la 5G

L’Ericsson Day était aussi l’occasion pour la firme suédoise de partager l’embellie de ses résultats. Après une année 2017 catastrophique et une faible croissance en 2018 (1%), Franck Bouétard a annoncé que le chiffre d’affaires de l’équipementier avait cru de 10% cette année par rapport à la précédente, largement tirée par la demande états-unienne et chinoise. Ericsson revendique être à l’origine du déploiement de 19 des 37 réseaux nationaux de 5G déployés dans le monde et plus de 47 accords de partenariats.

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