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« L’objectif pour le vehicle-to-grid est le passage à l’échelle », affirme Brice Bourreau (Dreev)

« L’objectif pour le vehicle-to-grid est le passage à l’échelle », affirme Brice Bourreau (Dreev)

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Co-entreprise créée en 2019 entre EDF Pulse Croissance et la start-up californienne Nuvve, Dreev est spécialisée dans le smart-charging et le vehicle-to-grid. Ces technologies permettant la recharge d’un véhicule électrique au moment le plus pertinent ou sa décharge sur le réseau. Après avoir déployé des dizaines de bornes en 2019, le directeur des opérations de l’entreprise, Brice Bourreau, anticipe un passage à l’échelle pour l’année qui vient.

Dreev a été fondée en février 2019. Quel est le bilan un an après ?

Un bilan très positif puisque nous comptons déjà plusieurs dizaines d’installations de « vehicle-to-grid » (V2G) entre la France et la Grande-Bretagne.  Nos services s'adressent principalement aux flottes de véhicules électriques comme celles d'Hotravail à Bordeaux, celle de la rédaction du journal Nice-Matin, ou plus récemment celle de la société Titi Floris en région nantaise. En Grande-Bretagne nous avons des déploiements en cours, notamment sur des flottes de livraison. Nous observons un réel engouement. Et tous ces projets sont commerciaux : il ne s’agit pas de démonstrateurs mais de déploiements privés, la plupart du temps sans recours à des subventions. Le V2G est devenu une réalité. Ce n’est plus de la science-fiction.

Concrètement, qu’appelle-t-on « vehicle-to-grid » (V2G) ?

Le V2G consiste à pouvoir décharger la batterie d’un véhicule électrique sur le réseau. C’est l’étape d’après par rapport au « smart-charging » (V1G) qui consiste à contrôler la charge d'un véhicule électrique pour l’opérer au moment le plus pertinent, que ce soit pour le réseau ou d’un point de vue économique en fonction du prix de l’électricité, par exemple lorsqu'il y a des énergies renouvelables en excès.

Concrètement, lorsqu’un client n’utilise plus son véhicule électrique, il le branche sur une borne qui le met en interaction avec le réseau. Il indique le moment auquel il en aura de nouveau besoin et le niveau de charge requis. En coulisse, nous prenons la main et pilotons l'usage et la recharge de la batterie avec une priorité : faire en sorte que le client ait suffisamment d'énergie au regard de ses besoins exprimés tout en générant des revenus autour de cette capacité de stockage. A la fin du mois, il peut en tirer des bénéfices. Les revenus générés peuvent permettre au client de rouler presque gratuitement.

Quel est l’enjeu maintenant ?

L’objectif pour 2020 est le passage à l’échelle pour le V2G. Nous n'envisageons pas que tous les véhicules soient V2G. Ils n'ont pas nécessairement besoin de l'être. Mais il nous faut mettre en place un écosystème autour de notre initiative pour accélérer cette dynamique. Il s’agira également, en parallèle, de développer des offres conjointes avec nos partenaires pour le V1G, notamment avec Izivia en France, afin d’assurer une diffusion la plus large possible de notre technologie. Nous avons déjà posé les premières briques technologiques et il s’agit maintenant d’en faire une offre commerciale.

Quelles seront les difficultés pour effectuer ce passage à l’échelle ?

Il nous faudra embarquer avec nous des industriels, notamment des constructeurs automobiles. Nous avons déjà annoncé un partenariat avec Nissan fin 2019 qui devrait mener à des réalisations concrètes cette année. Il faudra aussi embarquer des fabricants d'infrastructures V2G, les gestionnaires de réseaux et les régulateurs.

Il reste des challenges d’un point de vue réglementaire. En effet, notre système électrique a été conçu pour accueillir des centres de production centralisés et bien identifiés. La tendance est à la décentralisation des sources d’électricité et à l’intégration de stockage. Or, le V2G va au-delà du stockage stationnaire car on ne connaît ni sa taille, ni l’endroit où il est puisqu’il est mobile.

C’est l’un des enjeux sur lesquels nous travaillons en étroite collaboration avec les gestionnaires du réseau électrique. Il y a une prise de conscience globale de ces problématiques et des manifestations d’intérêt à haut niveau chez ces parties prenantes. Il nous reste encore du travail concret à mener avec les équipes, mais cela va dans le bon sens !

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