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L’IRT SystemX veut simuler le véhicule autonome

Jean-François Preveraud
L’IRT SystemX veut simuler le véhicule autonome

La Drive4U, un véhicule autonome développé par l’équipementier Valeo et le groupe aéronautique Safran, qui vient d'être présenté à Paris.

© DR

Pour garantir la sureté de fonctionnement des véhicules autonomes dans leur environnement, l’IRT SystemX lance un projet sur 48 mois axé sur la simulation. Il devrait fournir aux constructeurs et aux équipementiers une méthodologie, une plate-forme et des outils de simulation pour concevoir des véhicules autonomes sûrs et les valider.

L’un des challenges du véhicule autonome est sa sécurité de fonctionnement car il doit pouvoir faire face à un problème technique et s’insérer dans un environnement mouvant qui n’a pas forcément été conçu ou adapté pour l’accueillir. C’est pour répondre à cette double problématique que l’IRT SystemX, dédié à l’ingénierie numérique des systèmes du futur, vient de lancer le projet Simulation pour la sécurité du Véhicule Autonome (SVA).

Le projet SVA en quelques mots

Durée : 48 mois, 13 ETP pendant 4 ans

Partenaires industriels : All4Tec ; Apsys ; Assystem ; Continental ; Oktal ; PSA Peugeot Citroën ; Renault ; Sector ; Valeo.

Partenaires académiques : CEA ; LNE ; UTC.

 

Ce projet entend répondre par la simulation numérique, en développant des méthodes et des outils d’aide à la conception et à la validation, au défi de la complexité liée à la fois au grand nombre de situations que le conducteur rencontre sur la route et aux technologies nécessaires à l’automatisation du véhicule.

Pour interpréter son environnement, le véhicule autonome disposera de capteurs (radars, caméras…), d’informations cartographiques, de données venant de l’infrastructure ou d’autres véhicules. Comme tout autre système pouvant engendrer des événements potentiellement à risque, il devra être conçu pour assurer la sécurité de ses occupants et des autres usagers de la route. Pour cela, certains composants devront être redondés. Par ailleurs, le véhicule pourra être confronté à une dégradation de l’efficacité de ses capteurs, par exemple du fait de la pluie, d’un éblouissement ou de salissures, mais aussi à des difficultés d’interprétation des informations fournies par les capteurs, par exemple si les marquages au sol sont effacés. Le fait de devoir sécuriser le véhicule face à ces perturbations extérieures, sans défaillance technique, constitue un véritable challenge.

Pour le relever, les équipes de recherche de l’IRT travailleront en étroite collaboration avec les chercheurs des différents partenaires industriels et académiques, sur quatre livrables :

  1. la mise en évidence des limites des méthodologies actuelles et notamment de la norme 26 262, ainsi que des propositions d’évolution de ces méthodes ;
  2. la fourniture de méthodes et d’outils de modélisation qui se matérialiseront notamment par la mise à disposition d’une plate-forme ouverte, modulaire et évolutive, qui, utilisée en complément des outils auxquels ont recours les constructeurs et équipementiers lors de la phase de conception, permettra d’étudier, de simuler et de valider la sûreté de fonctionnement des véhicules autonomes ;
  3. le développement de modèles intégrables dans la plate-forme et dans les outils pour modéliser notamment le comportement des capteurs face aux perturbations (infrastructure, météo…) ;
  4. la construction des scénarios de tests, interprétables par la plate-forme via l’adaptation d’outils existants, décrivant des situations de conduite incluant des perturbations et des dysfonctionnements.

« Le projet SVA est particulièrement complexe d’un point de vue technique. Le principal enjeu réside dans la capacité à permettre au véhicule autonome de remplir toutes les conditions de sécurité et de fiabilité dans des conditions externes perturbatrices, mais sans qu’il y ait de défaillances ou de panne. C’est ce qu’on appelle ‘‘le fonctionnel sûr’’. La complexité et l’infinité de cas à prendre en compte pour la sécurisation du véhicule autonome va conduire à mettre en œuvre de la programmation déclarative, ce qui ne sera pas forcément compatible avec les outils actuellement utilisés. L’un des défis technologiques majeurs du projet sera d’assurer l’interopérabilité des outils de la plate-forme entre eux et avec les outils des partenaires », estime François Stephan, Directeur du Programme Systèmes de Systèmes de l’IRT SystemX.

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.irt-systemx.fr/

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