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L'internationalisation est notre atout

Sonia Pignet
Avec plus de 10 000 usines de traitement d'eau construites dans 70 pays et 1 024 sites de traitement et d'exploitation des déchets, Suez Environnement est le premier acteur mondial exclusivement dédié aux services environnementaux et présent sur les cinq continents. Entré en Bourse cette année, le groupe affiche un chiffre d'affaires de 12 milliards d'euros en 2007, la moitié provenant des activités eau, l'autre moitié des activités déchets. Il dispose de nombreux laboratoires de recherche et d'un réseau d'experts internationaux, dirigé par Diane d'Arras.

Industrie et Technologies : En quoi consiste votre travail au sein de la direction de Suez Environnement ?

Diane d'Arras : Il a trois facettes. Tout d'abord supporter les opérationnels de Suez Environnement sur l'ensemble des technologies, et les aider à résoudre leurs problèmes au quotidien. Mon rôle comprend également l'animation et la coordination de l'ensemble du réseau technologique. Nous avons des exploitations partout dans le monde, et nous disposons d'un réseau d'environ cinq cents experts. Il faut qu'ils puissent échanger et travailler ensemble, car plus on est nombreux, plus on est intelligent. Enfin, j'ai en charge la stratégie technologique du groupe. C'est une mission plus prospective, qui consiste à mener les réflexions sur les grands enjeux que le groupe doit relever sur les trois secteurs où nous sommes présents, l'eau, l'assainissement et le traitement des déchets solides.

I. T. : Quels sont les avantages et les inconvénients d'avoir des centres de R & D répartis à travers le monde ?

D. A. : Nous avons plus de 200 laboratoires et 16 centres de recherche et d'innovation répartis partout dans le monde. Cette forte composante internationale est avant tout un avantage. Suivant les pays, les défis ne sont pas les mêmes, ou n'apparaissent pas au même moment. Ces différences nous offrent un très grand réseau de veille. Tout l'enjeu consiste à faire partager à tout le réseau les bonnes pratiques et les bonnes idées. R+i Alliance est une matérialisation de cette volonté de mise en commun des connaissances. Nous avons créé cette société en 2005 pour fédérer les business units internationaux. C'est un formidable outil pour discuter des gros enjeux. Grâce à R+i Alliance, nous avons par exemple développé des technologies sur la caractérisation des odeurs et leur traitement. Ou encore mis au point des techniques pour écouter les réseaux d'eau et détecter les fuites en injectant de l'hélium dans les canalisations.

Si l'internationalité est un atout, elle implique, en revanche, de relever le défi de la langue. Rien qu'au Cirsee (Centre international de recherches sur l'eau et l'environnement), un laboratoire de recherches et d'analyse, implanté en France, il se parle dix-huit langues différentes !

I. T. : Quelle est la part de recherches fondamentales dans vos activités de recherche ?

D. A. : Nous avons bâti notre expertise sur la réalité. C'est pour cela que les centres de recherche sont généralement à proximité des exploitants. Nous allons donc le plus souvent jusqu'à la recherche appliquée, avec le souci de trouver une solution efficace. Cependant, quelque 20 à 25 % de nos recherches sont plus fondamentales. Plus nous allons vers le fondamental, et plus les partenariats sont ouverts. Dans le domaine des recherches fondamentales, nous sommes en particulier impliqués dans tout ce qui concerne les risques. Citons par exemple le projet Ampères, avec le Cemagref, qui s'attache à comprendre comment les stations d'épuration réagissent aux produits pharmaceutiques. Alors que le Cemagref évalue les risques liés à ces micropolluants, notre rôle est de nous concentrer sur les traitements et de commencer à chercher des solutions.

I. T. : Quels sont les prochains grands défis scientifiques et technologiques dans les secteurs du traitement de l'eau et des déchets ?

D. A. : Il y a d'abord ceux liés au changement climatique. D'une part, sur l'eau, à cause des périodes de sécheresse ou de pluie importante. Face à cela, il faut mieux gérer les eaux. Nous travaillons sur des technologies de stockage, de réutilisation des eaux pour l'agriculture ou l'industrie, et sur le dessalement de l'eau de mer. D'autre part, il faut absolument parvenir à mieux maîtriser la partie énergétique et valoriser les déchets. Ensuite il y a une évolution des technologies de l'information, vers le temps réel et la télégestion. Nous devons donner aux collectivités locales l'opportunité d'accéder à ces technologies. Enfin, je dirais qu'il y a l'enjeu de la biodiversité. C'est l'aspect plus fondamental de nos efforts de recherche. Il est nécessaire de bien comprendre ces équilibres biologiques, complexes, afin de mettre au point des infrastructures d'assainissement adaptées.

I. T. : Avez-vous déjà engagé des recherches sur le recyclage des produits fabriqués à partir de matériaux recyclés ?

D. A. : Il faut procéder étape par étape. Nous n'en sommes pas encore au recyclage de produits déjà recyclés, le cycle zéro en quelque sorte. Il faut déjà freiner notre consommation de matière première en injectant dans la production industrielle une partie substantielle de matières recyclées. Si l'écoconception a accompagné la production depuis plusieurs années afin de produire plus propre, la réflexion sur la fin de vie des produits industriels est assez nouvelle et nous accompagnons les industriels sur ce sujet. Encore faut-il être capable aujourd'hui d'imaginer les conditions de déconstruction dans cinquante ans !

LES CHIFFRES CLÉS

Suez Environnement - Chiffre d'affaires 2007 12 milliards d'euros - Effectif : 62 000 personnes - Budget R & D 2007 : 65 millions d'euros - En 2007, Suez Environnement a traité 2,6 milliards de mètres cubes d'eaux usées et 42 millions de tonnes de déchets

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