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L'interactivité, mais sans contact !

Jean-Charles Guézel

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APRÈS L'AVOIR VALIDÉE AU JAPON, la société française Simag Développement s'apprête à commercialiser en Europe une technologie d'interface homme-machine reposant sur la reconnaissance de gestes dans l'espace.

Imaginez un objet ou un espace virtuel dont vous pourriez explorer toutes les facettes d'un simple mouvement de la main, derrière une vitre, sans jamais rien toucher du doigt. La scène n'est pas tirée d'un film d'anticipation, mais se déroule au Japon, d'ores et déjà conquis par une invention née à des milliers de kilomètres de l'archipel, dans les laboratoires de la société marseillaise Simag Développement.

Connue depuis quelques mois en Asie sous le nom d'Ubiq'window, et visible dans plusieurs showrooms de grands groupes nippons, cette invention associe des capteurs optiques, un logiciel de reconnaissance de trajectoires et un système de production d'images (rétroprojecteur, écran plasma, dalle holographique...). « L'idée de départ était de développer une borne interactive simple à utiliser et dans laquelle la technologie saurait s'effacer devant l'utilisateur », raconte Christophe Chesnaud, directeur de Simag.

Fonctionnement optique

Concrètement, le résultat se présente sous la forme d'un portique équipé d'une vitre de verre de 4 centimètres d'épaisseur, large de 150 centimètres et de hauteur variable. Mais le secret n'est pas à chercher au niveau de la vitre : il réside en fait dans une barre de capteurs latéraux (dissimulés au yeux de l'utilisateur) et surtout dans le programme installé sur le PC qui pilote l'ensemble. Car, contrairement aux écrans tactiles qui équipent de plus en plus d'automates, le principe de fonctionnement de l'Ubiq'window n'est ni acoustique, ni résistif, ni capacitif, ni même lumineux mais... optique. Ce sont les gestes qui sont reconnus à l'intérieur des diverses zones interactives, ou plus exactement comparés à certaines trajectoires préétablies dans le programme, et associés à des actions (afficher une image, la déplacer, lancer un extrait musical, tourner les pages d'un livre...). En d'autres termes, l'interactivité se distingue ici totalement de son support (vitrine, linéaire de magasin...), sa matière - ou même son existence - n'entrant théoriquement plus en ligne de compte. Le contact devient inutile, tout se passe dans l'espace de façon aussi intuitive que permise par le programme : c'est ce que Simag appelle le 3Dfeel, nom officiel de la technologie - Ubiq'window n'étant que celui du produit commercialisé au Japon.

« En principe, il ne faut guère plus de vingt secondes à un utilisateur moyen pour se sentir à l'aise avec le dispositif ; pour retourner l'image d'un objet, on se servira par exemple des deux mains dans un mouvement de rotation parfaitement naturel », indique Christophe Chesnaud. Autres atouts du 3Dfeel : l'insensibilité de l'interface vis-à-vis de la lumière, de la chaleur, de la pluie ou encore du froid et une maintenance inexistante.

Un marché prometteur

Discret quant au procédé optique mis en oeuvre, Christophe Chesnaud se borne à préciser qu'il réclame trois émetteurs-récepteurs principaux ainsi que plusieurs composants secondaires. Et d'ajouter que Simag travaille aussi avec ST Microelectronics sur le thème des capteurs Cmos intelligents dans le cadre du programme régional Paca Lab...

Créée en 2001 par deux chercheurs du Cnrs (Institut Fresnel) spécialisés dans les domaines de la vision et du traitement d'images, l'entreprise, qui compte aujourd'hui une dizaine de personnes, envisage désormais de lancer son produit en France - et en Europe - sous le nom de DigitalFinger. « Nous avons commencé par l'Asie en considérant que cette zone était la plus ouverte aux nouvelles technologies, mais le marché est ici très prometteur avec les musées, l'immobilier, les voyagistes, les boutiques vidéo ou la grande distribution ».

LES PERFORMANCES

Ubiq'window - Précision : équivalente à celle d'une souris d'ordinateur - Longueur maximale de la zone interactive : 72, 102 ou 132 cm selon le module - Surface maximale : 4 m2 - Interfaçage avec les applications existantes : réalisé en quelques minutes - Configuration minimale du PC hôte : Pentium 4, 500 Mo de disque dur, 256 Mo de Ram

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