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L'INPG forme aux nouveaux métiers de l'énergie

Jean-Charles Guézel

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- Dès la rentrée 2005, plusieurs écoles de l'Institut national polytechnique de Grenoble vont former une soixantaine d'étudiants aux marchés de l'énergie.

Ouverture des marchés, concurrence, internationalisation, développement de l'éolien et de la cogénération, instabilité des approvisionnements... le paysage énergétique européen évolue à grande vitesse. De même, le profil professionnel type que les entreprises du secteur réclament n'est plus celui d'il y a cinq ou dix ans. En fait, ce n'est pas non plus celui qu'elles rencontrent à la sortie des universités et des écoles d'ingénieurs...

Un problème dont ces dernières commencent toutefois à prendre conscience. À l'Institut national polytechnique de Grenoble (INPG), on met ainsi en place une filière "Énergie, systèmes et marchés" qui formera, en trois ans, une soixantaine d'ingénieurs spécialistes de ces nouvelles problématiques à partir de la rentrée 2005.

« Avec des écoles spécialisées dans la physique [ENSPG], l'hydraulique [ENSHMG], l'électrochimie [Enseeg] et enfin le génie électrique [Ensieg], l'INPG a toujours été focalisé sur l'énergie. Mais il est devenu évident que nous devions ajouter à notre palette éducative d'autres enseignements que la technique pure et le management », explique Roland Vidil, directeur de l'Ensieg.

Des stratèges et des ensembliers

C'est au cabinet CM International qu'a été confiée l'étude prospective chargée de dresser la liste des nouveaux métiers de l'énergie à l'horizon 2010, et, par là même, celle des compétences à développer. Menée auprès de plus de 300 entreprises, dont une vingtaine d'acteurs clés interrogés de façon très approfondie, cette étude a identifié un besoin inédit d'ingénieurs stratèges et d'ingénieurs ensembliers. Les premiers devront, par exemple, être dotés d'une vision technico-économique suffisante pour assurer l'approvisionnement énergétique d'une entreprise au plus bas coût (choix des prestataires, des technologies de production...) ; aux seconds, il sera demandé d'être opérationnels immédiatement dans la conduite de grands projets, y compris ceux de dimension internationale.

Se profile également un besoin accru en ingénieurs d'affaires disposant des connaissances précises sur les marchés publics et les appels d'offres, ainsi qu'une demande soutenue d'ingénieurs d'études et de R&D à forte capacité d'innovation.

Selon CM International, la nouvelle formation devait donc préserver autant que possible la base scientifique et technique actuelle de l'ingénieur INPG, mais aussi lui donner de sérieuses compétences économiques et commerciales.

Assurée en partenariat avec l'université Pierre-Mendès-France, le CEA et des industriels, cette formation débute par un tronc commun d'un an comprenant des cours sur les sciences et les technologies de l'énergie, les sciences de l'entreprise, les marchés de l'énergie et le contexte environnemental-sociétal. Suit un cycle de deux ans scindé en trois options : la première traite de l'organisation des systèmes et des approvisionnements énergétiques, avec des thèmes comme la production décentralisée ou la cogénération ; la deuxième forme des spécialistes de la sûreté (infrastructures critiques) et de la gestion de l'information dans le domaine particulier de l'énergie ; la troisième aborde la marchandisation de l'énergie ainsi que les aspects réglementaires. Elle débouche, entre autres, sur le métier d'acheteur.

Selon Roland Vidil, ce cycle INPG est, en France, la seule formation initiale à donner une telle latitude technico-économique aux étudiants dans le domaine de l'énergie.

EN BREF

Le problème - Mauvaise adéquation entre la formation initiale des ingénieurs et la demande des entreprises : manque de vision économique et stratégique, inadaptation à la dimension internationale des projets La solution - Approche technico-économique des questions énergétiques - Partenariats industriels renforcés

L'ÉNERGIE EMBAUCHE

- Avec 13,2 % des embauches en 2003 (enquête premier emploi de la Conférence des grandes écoles), le secteur de l'énergie est le principal recruteur de jeunes ingénieurs derrière l'industrie automobile.

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