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L'ingénieur métrologue : il est le garant des mesures

ANA LUTZKY redaction@industrie-technologies.com

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Le contrôle est un point de passage obligé des produits manufacturés. Pour cela, des mesures diverses doivent être réalisées, à l'aide d'instruments souvent réglementés par l'État. L'ingénieur métrologue oeuvre au quotidien pour éviter les erreurs de mesure, et en circonscrire l'incertitude.

LE CONSEIL DU PRO

« Même la pompe à essence montre par une étiquette verte qu'elle est vérifiée périodiquement par un prestataire. Avoir confiance dans la mesure du volume acheté permet d'éviter tout contentieux sur le prix, et de garantir la loyauté des échanges. Pour être un bon métrologue, il faut rester curieux de tout, ne rien prendre pour argent comptant et ne pas cesser de se poser des questions. Le mot-clé est l'incertitude. Un résultat et son incertitude estimée permettent de prendre une décision. »

SA MISSION

Ancré dans le management de la qualité, il a souvent un rôle d'assistance auprès des opérationnels. Il les aide sur les méthodes de contrôle du produit. Son territoire : toute infrastructure qui permet d'avoir confiance dans les outils de mesure.

Il peut être appelé à concevoir une chaîne de mesures. À l'aide d'un travail de veille technique et scientifique, il met en place un process pour mesurer une donnée physique, avec une instrumentation précise.

Il prend aussi en charge la traçabilité des mesures. Il vérifie que les outils sont étalonnés, que les méthodes ont été validées avant d'être mises en service.

Son rôle gagne en poids dans l'industrie : aujourd'hui, les entreprises n'ont plus accès à des marchés industriels sans certification Iso. Sans métrologue, point de salut ! À performances égales, un donneur d'ordres choisira toujours son sous-traitant certifié par une tierce partie digne de confiance.

ET LE SALAIRE DANS TOUT ÇA ?

Le salaire est équivalent à celui d'un ingénieur de production, souvent sans les primes d'intéressement. Le métrologue donne le feu vert et libère les produits : une responsabilité valorisée en termes d'expertise. Sachant qu'une expérience préalable est nécessaire avant de devenir métrologue, son salaire tourne en général entre 45 000 et 50 000 euros bruts annuels.

QUELLES COMPÉTENCES ?

Le goût du concret. Apprécier les démarches expérimentales est incontournable.

De la méticulosité. Avoir un vrai sens de la rigueur et accepter de se remettre en cause. L'ingénieur métrologue se pose beaucoup de questions, mais il inspire confiance.

Ne pas être allergique aux procédures. Il s'insère dans un système de management de la qualité souvent vu comme contraignant. Ce système repose sur un certain nombre de listes de contrôle, d'actions correctives à mettre en place, de validations de procédés... Mieux vaut mettre de côté la désagréable sensation qu'il s'agit de formalisme inutile ! Le métrologue y voit plutôt le chemin de l'amélioration continue.

Un premier métier est souvent de mise. Le centralien qui démarre dans la vie active en étant métrologue n'existe pas. Beaucoup d'électroniciens, de mécaniciens acquièrent cette compétence en sus de leur métier de base.

QUELLES FORMATIONS ?

Quelques écoles d'ingénieur disposent d'une spécialisation en métrologie. Polytech'Lille propose, elle, une spécialisation « instrumentation scientifique » en trois ans. Un bac +2 minimum en est le sésame. Le Cnam délivre un diplôme d'ingénieur ouvert aux bac +2 scientifique ou technique dans une spécialité voisine.

Un diplôme d'ingénieur spécialisé peut être préparé en un an au sein de l'École supérieure de métrologie de Douai, après un cursus ingénieur ou universitaire de troisième cycle scientifique.

À l'université, plusieurs masters pro (sciences de l'ingénieur spécialité capteurs, mesures et instrumentation à Paris VI par exemple) ou de recherche (mesures, instrumentations, procédés spécialité instrumentation, mesure, qualité à Villeneuve d'Ascq par exemple) existent.

OÙ EXERCER SES TALENTS ?

Premiers débouchés possibles : les secteurs productifs. Automobile, énergie, transport ferroviaire... Les lignes de production de moteurs de satellite par exemple, où la fiabilité est primordiale, sont des nids à métrologues.

Plus abstraits, les secteurs de la recherche et du développement sont recruteurs. Mettre au point des méthodes de mesure, voir si en faisant différemment, la mesure est plus précise... C'est le royaume de l'expérimentation.

Cadre technique dans une entreprise, prestation de services auprès de plusieurs clients, laboratoire d'analyses médicales de ville, service de contrôle d'État... Même la sécurité routière est concernée : les cinémomètres (autre doux nom des radars) et les éthylomètres doivent aussi être étalonnés.

Après quelques années d'expérience, nombre d'ingénieurs métrologues montent leur propre entreprise de vérification accréditée.

ET APRÈS ?

Pourquoi ne pas devenir capitaine d'industrie en étant directeur d'usine ? Après avoir été ingénieur de production puis ingénieur métrologue, c'est l'une des évolutions de carrière logique.

En accompagnement et en appui des lignes de production, un ingénieur métrologue peut aussi créer sa petite structure : entreprise de conseil ou prestation de contrôle, suivi d'instruments...

Autre possibilité : se diriger du côté du système de management de la qualité et devenir directeur qualité. Enfin, le métier se mêle de plus en plus au métier d'automaticien, avec les capteurs permettant de prévoir la maintenance sur des installations industrielles.

En savoir plus ?

http://itec.polytech-lille.net : Le département IC2M de Polytech'Lille est une des seules formations françaises d'ingénieur à offrir la double compétence scientifique et commerciale sur le sujet.

www.cfmetrologie.com : Le Collège français de métrologie.

www.metrologie-francaise.fr : La métrologie française présente ses activités d'études et recherches en métrologie scientifique et industrielle.

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0934

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