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L'ingénieur forestier : il veille sur les poumons de la planète

ANA LUTZKY redaction@industrie-technoogies.com

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Pour exercer ses fonctions, l'ingénieur forestier a dû réussir un concours difficile en France. Une seule école délivre le titre à une cinquantaine d'heureux élus par an, passionnés et très motivés.

LE CONSEIL DU PRO

« J'ai commencé en faisant de l'informatique (gestion des forêts et bases de données à l'ONU). Je voulais faire du terrain, je suis passée par des chemins détournés pour y arriver, en occupant plusieurs postes de bureau à l'Office national des forêts. Mon métier m'a amenée à côtoyer le chasseur, le forestier, le maire. Il faut persévérer ! La motivation est un élément moteur. »

SA MISSION

Sa première mission est la gestion des forêts, tant publiques que privées. Depuis la production de bois jusqu'à l'accueil du public, il prend soin du développement de ce milieu naturel.

Au-delà de ce constat général, les postes sont très variés. Statisticien dans un bureau d'études d'impact pour le tracé d'une autoroute, chercheur dans un conservatoire botanique, concepteur de systèmes d'information géographiques, directeur de division pour l'Office national des forêts, voire gestionnaire d'appels à projets dans la filière bois-énergie au ministère de l'Environnement... la fonction recouvre énormément de missions.

Il est souvent chef de PME : à sa charge, un budget de quelques millions d'euros à gérer s'il dirige une forêt de production ou l'approvisionnement en bois d'une grosse papeterie ou menuiserie voisine à planifier, et parfois des dizaines de personnes à manager.

ET LE SALAIRE DANS TOUT ÇA ?

Le salaire dépend beaucoup du poste. « Un jeune diplômé débute entre 30 000 et 32 000 euros bruts annuels », indique Pierre-Yves Colin, le directeur de la formation à AgroParisTech-Engref,l'école nationale du génie rural des eaux et des forêts. L'industrie paie mieux que le secteur de l'environnement, mais il s'agit d'un univers de passionnés où le salaire n'est pas le seul moteur de carrière.

QUELLES COMPÉTENCES ?

Une bonne formation technique et un goût pour le terrain. Biologie, botanique, statistiques : le bagage de connaissances scientifiques compte autant que le fait d'être un bon praticien de la sylviculture.

Être capable de manager des hommes, de gérer des équipes.

Savoir réfléchir à long terme. Les arbres plantés aujourd'hui donneront du bois dans 50 ans, voire 80 ou 100 ans selon les essences. À l'opposé du trader, qui vit dans l'adrénaline de l'instant, l'ingénieur forestier voit loin ! Il prend par exemple en compte les évolutions du climat et comment elles modifient le visage des forêts.

Une aptitude à la négociation. Loin d'aller chaque jour à la cueillette aux champignons, il passe du temps en réunion. Concertation avec les agriculteurs sur les débits d'eau minimaux, discussion avec des propriétaires pour racheter leurs terrains privés enclavés au coeur de forêts domaniales. Il fixe notamment les consignes de sécurité auprès des chasseurs... Il doit savoir leur parler.

QUELLES FORMATIONS ?

L'école forestière en France est située à Nancy. Elle a pour petit nom l'École nationale du génie rural des eaux et des forêts (Engref). Pour y rentrer, les élèves passent un concours conséquent après deux ans de prépa : il s'agit du concours dit des Ensa, commun à toutes les écoles d'agronomie. Selon leur classement, les candidats choisissent leur école. Et pour rentrer à l'école forestière, mieux vaut être bien placé.

Depuis 2007, l'Engref a fusionné avec l'Institut national agronomique Paris-Grignon (Ina P-G) et l'École nationale supérieure des industries agricoles et alimentaires (Ensiaa) de Massy pour former AgroParisTech.

Les élèves font une première année de tronc commun à Grignon près de Paris, puis choisissent leur spécialité pour les deux années suivantes. À la sortie de l'Engref, ils sont spécialistes de l'ingénierie environnementale et de la gestion des politiques publiques sur ce secteur.

OÙ EXERCER SES TALENTS ?

45 à 50 ingénieurs sortent de l'école par an. Un gros employeur : l'ONF, l'établissement public qui gère les 15 à 20 000 hectares de forêts de l'État et des collectivités locales. Pour les forêts privées, ce sont les coopératives forestières. Autre possibilité : travailler pour un expert forestier.

La fonction publique embauche des spécialistes pour distribuer des crédits de subventions, appliquer les programmes de type Natura 2000, ou travailler sur la législation environnementale comme celle des trames bleues et vertes dans le cadre du Grenelle.

Au niveau régional, les parcs naturels et les réserves sont demandeurs ; les communeset les conseils régionaux proposent également des postes de conseillers environnement et forêt.

L'industrie, en particulier la filière bois-énergie, est aussi pourvoyeuse de débouchés. La recherche aussi : beaucoup d'étudiants continuent en thèse à l'Inra ou au Cemagref.

ET APRÈS ?

Les ingénieurs forestiers font carrière dans la forêt et les milieux naturels : leur choix correspond à une motivation profonde et l'on compte très peu de reconversions.

Une évolution possible est celle de postes à responsabilité dans des ONG environnementales : plusieurs cadres de WWF ou de Greenpeace sont passés par l'Engref.

Le métier n'est d'ailleurs pas franco-français : plusieurs ingénieurs sont actuellement en poste sur des missions liées à la biodiversité dans des organismes en Afrique, en Amérique Latine ou en Asie.

En savoir plus ?

L'ONU a décrété que 2011 serait l'année internationale des forêts. Un événement qui a pour but de mettre en lumière la contribution des forêts au développement durable et à l'élimination de la pauvreté.

Le programme des festivités en France : http://agriculture.gouv.fr/forets2011/

Des chiffres sur la forêt française : http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-foret-francaise-en-chiffres.html

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°0932

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