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L'ingénieur automaticien : il asservit la machine

LUCILE CHEVALIER redaction@industrie-technologies.com

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Du bureau d'études à la maintenance, en passant par la fabrication, l'ingénieur en automatisme donne vie à des automates, et les dirige à la baguette. Il est le maître des robots au service de la production.

LE CONSEIL DU PRO

« Siemens fabrique les automates pour Areva. Après, j'entre en scène. Je les teste et j'essaie de débusquer les erreurs de fonctionnement. Puis je les valide. Il est indispensable d'avoir une solide base technique pour exercer ce métier. Informatique, mécanique, thermodynamique, mathématique, je jongle avec des connaissances pointues dans toutes ces disciplines pour établir le bon diagnostic. »

SA MISSION

En amont, il spécifie, conçoit ou développe des automates. L'expert en automatisme répond aux besoins et contraintes (coût, rendement, environnement) définis dans le cahier des charges. Il intervient lors de la spécification pour traduire ces besoins et contraintes en liste d'exigences techniques. Il développe tout ou partie de l'automate se pliant aux exigences spécifiées : il définit l'architecture et les composants, le programme et le teste.

Il utilise et garantitle bon fonctionnement des automates. Il s'occupe de l'installation, de la programmation, et de la maintenance de ces machines. En collaboration avec les ingénieurs de production, il définit la chronologie et la nature des tâches qui seront exécutées par le système automatisé.

Il négocie et conseille. Savoir mener une négociation technique et financière avec les fournisseurs d'équipements et les sous-traitants est indispensable dans le métier. Il a également un rôle de conseil et de formateur auprès des utilisateurs de l'automate.

ET LE SALAIRE DANS TOUT ÇA ?

Il débute avec un salaire brut mensuel de 2 800 euros pour atteindre en fin de carrière les 6 000 euros brut par mois.

QUELLES COMPÉTENCES ?

L'art de la négociation. Convaincre de la nécessité d'adopter une nouvelle démarche ou de réorganiser un atelier n'est pas chose aisée. Il faut un certain talent. L'ingénieur en automatisme doit ainsi savoir manier les ficelles de la communication et être doté d'une fibre managériale pour diriger, animer et motiver ses équipes. Diplomatie et sens de la persuasion sont de rigueur.

Un solide bagage technique. Pour travailler sur un automate, il faut s'appuyer sur des connaissances pointues en informatique, en électronique, en mécanique et en asservissements. Bref, être très bon dans de multiples disciplines.

Dynamisme et mobilité. Aller voir des fournisseurs, des ateliers, à l'étranger ou en France, l'ingénieur est un être mobile. Il doit aussi être très organisé pour gérer son planning et maîtriser ses délais.

QUELLES FORMATIONS ?

Être diplômé d'une école généraliste est apprécié. Il ne faut pas oublier que l'ingénieur en automatisme a, dans son métier, une approche pluridisciplinaire. De plus, de nombreuses écoles proposent une option en automatismes industriels en 2e ou 3e année. C'est le cas de l'Ensam, des Insa, des écoles centrales, des Mines ou de l'ENPC, entre autres.

Passer par une école plus spécialisée est une autre solution. Certaines écoles préparent plus spécifiquement aux métiers de l'automatisme et de l'électronique. Peuvent être citées : Grenoble INP-Génie Industriel, Esiea à Paris et à Laval, Polytech Savoie, l'Ensica à Mulhouse ou encore l'Ensiame à Valenciennes.

Enfin, reste la voie universitaire. Les masters professionnels des spécialités informatique, électronique et automatique offrent de bonnes perspectives. Les universités de Bordeaux 1, de Rouen, de Compiègne et du Havre, délivrent de bonnes formations en la matière.

OÙ EXERCER SES TALENTS ?

Dans les entreprises industrielles. Tous les secteurs fabriquant des produits en continu ont besoin d'ingénieurs en automatisme. Automobile, aéronautique, construction mécanique, textile, métiers du bois, agroalimentaire, chimie... les terres d'accueil de l'ingénieur automaticien sont vastes.

À la source ou chez un sous-traitant. Il peut soit être embauché dans une des grandes et moyennes entreprises de ces secteurs, ou par des sociétés d'ingénierie qui sous-traitent la réalisation des projets, comme les SSII, les sociétés d'assistance technique ou les constructeurs en automatisme.

Sur le terrain. L'ingénieur en automatisme ne passe pas ses journées, seul, devant son ordinateur. Il a la bougeotte et travaille en collaboration étroite avec le bureau d'études, la production et la maintenance. Il se déplace aussi auprès des fournisseurs et dans les usines.

ET APRÈS ?

Devenir expert technique. Une fois emmagasinés suffisamment d'expérience et de savoirs, certains ingénieurs automaticiens choisissent de les partager et deviennent des références dans un domaine de compétences.

Évoluer vers des fonctions annexes. Là est tout l'intérêt pour l'ingénieur en automatisme de travailler en étroite collaboration avec différents services. Il peut ensuite espérer s'y greffer. Il peut devenir ingénieur d'études, R&D, ou ingénieur de production. Il peut prendre la responsabilité des achats, devenir contrôleur de gestion, ou s'orienter vers des fonctions de management. Avec un peu plus d'expérience, il peut même devenir responsable d'activité pour animer une équipe de projet, constituée de plusieurs pilotes d'affaires.

Un livre pour en savoir plus

Automatismes industriels de Jean-Michel Bleux, Jean-Louis Fanchon, Jean-Pierre Hervé délivre un ensemble de solutions de programmation des automates courants sur le marché. Une bonne façon de s'entraîner.

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