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L'ingénierie devrait mieux se comporter que l'économie française

Industrie et  Technologies
Même si la crise menace l'industrie, les professionnels de l'ingénierie restent confiants dans l'avenir. C'est le message qu'il faut retenir des 7e Assisses de l'Ingénierie qui viennent de se tenir à Paris.


Les 7e Assises de l'Ingénierie, qui étaient organisées en octobre à la Cité des Sciences et de l'Industrie de Paris - La Villette par le Syntec-Ingénierie, ont été l'occasion de faire le point sur l'état de la profession. Elles ont regroupé un millier de professionnels (ingénieries, maîtres d'ouvrage, donneurs d'ordre et partenaires) et plus de 1 200 étudiants et jeunes diplômés.

La journée a été ouverte par une présentation réactualisée de l'étude du BIPE menée en 2007 pour le compte de Syntec-Ingénierie, sur les prévisions d'évolution à six ans de l'activité d'ingénierie. « L'évolution du chiffre d'affaires du secteur de l'ingénierie a été en moyenne de 5,4 % par an sur la période 1999/2007, le marché atteignant 36 milliards d'euros en 2007, alors que la profession emploie 210 000 personnes. Il est intéressant de noter que cette croissance est le double de celle de l'économie française au cours de la même période et que l'ingénierie exporte 21 % de sa production », a constaté Jean Félix du BIPE.

Un recours croissant à l'ingénierie

Il est aussi intéressant de noter que le taux de recours à l'ingénierie de chacune des branches industrielles (dépenses externes d'ingénierie/investissement) connaît une progression régulière passant de 8,4 % en 1999 à près de 10 % en 2007. Reste maintenant l'exercice risqué en cette période très mouvementée des prévisions pour la période 2008/2013. Le BIPE estime que le Produit Intérieur Brut (PIB) devrait continuer à connaître une croissance moyenne annuelle de l'ordre de 1,6 %. Tout comme les investissements qui devraient maintenir leur croissance moyenne annuelle aux alentours de 3 %.

Afin d'évaluer le développement des activités d'ingénierie, trois scénarios d'évolution du taux de recours à l'ingénierie ont été envisagés (taux égal au taux moyen des sept dernières années, taux équivalent à celui de 2007 ou poursuite de l'augmentation de ce taux). Dans ces conditions les prévisions 2007/2013 en volume par an s'établissent à : 

 ? scénario bas : + 1,8 %
 ? scénario moyen : + 3,2 %
 ? scénario haut : + 4,2 %

« Dans tous les cas, l'ingénierie devrait continuer de "surperformer" la croissance française et de créer des emplois », estime Jean Felix.

Un enthousiasme bien évidemment partagé par Alain Bentejac, président de Syntec-Ingénierie, même s'il reconnaît un manque de visibilité dû à la crise actuelle. Il y voit quatre raisons : une tendance lourde à l'externalisation vers des prestataires ; un marché international en forte croissance ; un besoin de remise à niveau des bâtiments et des infrastructures de transports mis en évidence par le Grenelle de l'environnement ; une multitude de grands projets d'infrastructures dont il faudra toutefois trouver le financement.

Libérer l'énergie des sociétés d'ingénierie

Un débat autour du thème : les investissements stratégiques créateurs des emplois de demain a ensuite eu lieu. « Dans la conjoncture actuelle de crise, le besoin d'investissements stratégiques créateurs des emplois de demain est plus que jamais avéré », a estimé l'économiste Christian Saint Etienne, en introduction de la table ronde. Il imagine un rebond économique en 2010 qui devrait perdurer selon lui jusqu'en 2015. Rebond qu'il attribue aux besoins d'une classe moyenne qui a doublé en quelques années. Par contre, il prédit pour l'après 2015 une pénurie d'énergie et de matières premières qui pourrait être fortement pénalisantes pour l'économie mondiale, à moins que les sociétés d'ingénierie imaginent des solutions.

Les sociétés d'ingénierie se sont dites prêtes à relever ce challenge d'autant plus facilement qu'elles disposeraient de conditions équitables. Ainsi, elles souhaitent entre autres que le prix de leur prestation ne soit plus le seul critère de sélection, du moins-disant il faut passer au mieux-disant, et que l'équilibre avec leurs voisins européens soit rétabli, notamment en ce qui concerne assurances professionnelles. Elles ont aussi souhaité qu'on libère leur énergie, charge à elles de faire un effort de recrutement et de formation des jeunes ingénieurs.

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.syntec-ingenierie.fr

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