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L'informatique "verte" à l'heure des économies

Mirel Scherer

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Hanovre (Allemagne), 3 - 8 mars 2009. Les éditeurs et les sociétés de service cherchent des solutions pour mieux exploiter les ressources informatiques des entreprises. Virtualisation, réseau social de gestion des processus et cloud computing étaient à l'honneur au salon allemand.

C'est un Cebit de crise, pour ne pas dire en crise, qu'ont inauguré Angela Merkel, la chancelière allemande, et Arnold Schwarzenegger, le gouverneur de Californie, invité d'honneur de cette édition. Et l'acteur culte de Terminator a eu beau insister sur l'espoir que représentent les technologies vertes, rien n'y a fait. Seuls 4 300 exposants avaient fait le déplacement cette année, soit 26 % de moins que la précédente édition. Selon les organisateurs, la défection des sociétés asiatiques, surtout chinoises, explique en partie cette situation. Mais la volonté des promoteurs du salon de l'orienter vers l'informatique professionnelle a également découragé les spécialistes des produits grand public.

Le "monde plus intelligent" d'IBM

Première tendance forte à Hanovre, le green IT (l'informatique verte). À l'image d'IBM, dont le stand, exemplaire de cette orientation, affichait la devise « pour un monde plus intelligent ». Vaste programme. Du cloud computing aux nouveaux ordinateurs centraux en passant par le travail collaboratif, les infrastructures informatiques dynamiques, voire les recherches dans le domaine de la signature électronique, les propositions ne manquaient pas pour rendre tangible la promesse de Big Blue. Ses experts ont, en particulier, profité du salon pour démontrer la viabilité de sa solution de cloud computing. Cette technologie de répartition automatique de la charge applicative sur de multiples serveurs distants doit permettre une utilisation plus efficace et moins coûteuse d'une solution de gestion intégrée aussi complexe que celle de SAP. Les deux géants ont d'ailleurs utilisé les résultats du projet Reservoir (Resources and services virtualization without barriers) lancé par IBM l'an dernier et financé par l'Union européenne à hauteur de 17 millions d'euros.

La démonstration proposée au Cebit est basée sur une technologie développée au laboratoire IBM de Haïfa en Israël. Elle exploite des serveurs Power 6 équipés de la fonction Live Partition Mobility. Cette manière de déplacer des partitions virtuelles contenant des applications d'une machine à l'autre sans affecter les performances n'a bien sûr rien d'original. « Qui peut le plus peut le moins : si cette architecture fonctionne avec le logiciel de SAP, elle peut s'adapter à n'importe quelle autre application », expliquait Roland Werner, membre du service applications d'IBM Allemagne.

La démarche d'IBM répond à la principale préoccupation actuelle des industriels : réduire encore et encore les coûts de fonctionnement de leur infrastructure informatique. Les éditeurs et fabricants de matériels ont décidé non seulement de fournir des solutions moins gourmandes mais aussi de s'appliquer à eux-mêmes les rigueurs du développement durable. IBM, par exemple, fait partie des premiers fournisseurs dans l'industrie IT à lancer un programme de validation "verte" de ses 100 000 partenaires à travers le monde. Les produits et les services de ces derniers devront impérativement consommer moins de ressources naturelles, comme l'énergie, le papier et l'eau.

SAP sous la loupe verte

Une démarche également suivie par SAP. Léo Apotheker, co-PDG du géant allemand, l'explicitait lors d'une table ronde le premier jour du salon. « SAP s'engage à réduire de 60 % l'empreinte carbone de ses collaborateurs d'ici à 2020 », a-t-il affirmé. Gestion de ses bâtiments, déplacements des salariés, dépenses en eau et gestion de tous les déchets... Tout est sous la loupe verte.

Côté logiciels, SAP poursuit son offensive en direction des PME (près de 80 % de sa base installée dans le monde). L'éditeur d'ERP allemand annonce le développement de nouvelles versions de ses applications, présentées en utilisation sur son stand par ses nombreux partenaires. Le logiciel à la demande Business ByDesign continue de tisser sa toile dans les six pays ciblés (Allemagne, France, Royaume-Uni, États-Unis, Chine et Inde), SAP étant toujours à la recherche du modèle économique le plus profitable possible. Les autres solutions destinées aux PME évoluent aussi. All-In-One bénéficiera cette année des fonctionnalités décisionnelles du logiciel Business Object : rapports préparamétrés, tableaux de bord, etc. Ses utilisateurs disposeront également d'un configurateur d'application accessible sur le Web, qui leur permettra d'évaluer en temps réel la solution correspondant à leurs besoins, avec une estimation du coût par utilisateur et par mois. Enfin, Business One est optimisé pour son fonctionnement avec les serveurs basés sur le processeur Intel Xeon.

Le risque de laisser dormir les machines

Pour Werner Kuehn, country manager chez Avocent, une société spécialisée dans la gestion des data centers, « les restrictions budgétaires et les économies d'énergie influenceront l'évolution de l'offre informatique ». Les responsables informatiques vont être amenés à automatiser de A à Z le cycle de vie de leurs actifs. Ce qui implique l'intégration des actifs matériels et logiciels pour faciliter la planification métier des technologies de l'information, gérer les normes techniques, mais aussi acquérir et déployer les actifs ou les mettre hors service. La priorité des priorités est, selon le spécialiste, la réduction des coûts énergétiques. « Les rampes d'alimentation électrique supervisant la consommation au niveau des prises permettront d'identifier plus facilement les éventuelles déperditions d'énergie, explique-t-il. De plus, la possibilité de mesurer la consommation de chaque appareil permet de contrôler leur utilisation. L'objectif étant de mettre en oeuvre des règles de facturation et de répartir l'ensemble des coûts entre les départements concernés. »

La virtualisation est également de plus en plus adoptée. Elle permet de compenser l'augmentation des dépenses en matériel et des factures d'énergie. « Attention toutefois, car cette approche soulève de nouveaux défis en matière de gestion », avertit l'expert d'Avocent. À titre d'exemple, les serveurs virtuels peuvent donner lieu à des imprécisions quant au nombre de licences ou aux informations relatives aux actifs. Le défi se situe aussi dans l'optimisation des ressources machines. Avec la virtualisation, le risque de laisser dormir des machines est réel. Et l'effort de réduction des coûts ne serait pas au rendez-vous.

VU AU SALON

Mieux exploiter les data centers > Rittal a développé en collaboration avec Microsoft un outil logiciel capable de gérer à la fois les serveurs et l'infrastructure physique correspondante. À la clé, selon Helmut Binder, le vice-président de la société, une réduction de l'ordre de 20 % de la consommation d'énergie.

Réduire les gaspillages > Destinée aux très petites entreprises et aux professions libérales, la Xambox Professional, lancée au Cebit par la société française Xamance, assure une gestion intelligente des documents papier. Son prix : 799 euros.

Améliorer l'efficacité des PC > Spécialiste de solutions industrielles, Beckhoff dévoilait au Cebit ses PC embarqués dotés du microprocesseur Atom d'Intel. Plus puissante et moins gourmande en énergie, cette solution serait, selon le constructeur, 30 % moins chère que les offres existantes à performance comparable.

L'INFORMATIQUE DÉCISIONNELLE DEVIENT INCONTOURNABLE"

Industrie et Technologies. Votre société est l'un des principaux fournisseurs mondiaux de logiciels d'infrastructure métier. Comment ressentez-vous la crise et quel impact a-t-elle sur la réduction des coûts ? Ivo Totev. La crise actuelle ne nous affecte pas beaucoup. Nous mettons en oeuvre des applications d'une certaine taille, qui s'étendent sur deux ou trois ans. Nous avons constaté cependant une crise, ici au Cebit, avec une diminution du nombre de visiteurs. Mais le bon côté de la médaille, c'est que ceux qui étaient présents sont de véritables professionnels, ce qui permet d'aborder des projets intéressants. Par ailleurs, nos solutions apportent un retour sur investissement assez rapide et assurent une réduction sensible des coûts. Nos outils sont transparents : ils permettent aux utilisateurs de détecter les domaines qui peuvent apporter une réduction des dépenses. Donc, finalement, la crise favorise notre activité, car le recours à des outils d'analyse et de business intelligence, devient encore plus nécessaire. I & T. Certains analystes annoncent la mort de l'architecture orientée services (SOA), pourtant source d'économies... Y. T. Le véritable enjeu de l'avenir est d'assurer une collaboration de plus en plus étroite entre les différents départements d'une entreprise. D'où l'intérêt de l'architecture SaaS (Software as a service) et de nouvelles solutions de "BPM social" (social Business process management) qui émergent dans ce domaine. Au Cebit, nous venons de lancer, dans cette optique, le réseau social Alignspace.com. Il permettra aux utilisateurs de découvrir en ligne les informations concernant les processus de l'entreprise et de pouvoir les automatiser plus facilement.

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