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L’industrie nucléaire au défi de la transformation digitale

L’industrie nucléaire au défi de la transformation digitale

L'EPR de Flamanville est équipée d'une salle de commande de dernière génération

Pour gagner en compétitivité et garder sa place dans le peloton de tête des leaders mondiaux du nucléaire, la filière française doit accélérer sa transformation numérique. Le jeudi 30 mars, la convention annuelle de la Société française du nucléaire (SFEN), le syndicat qui regroupe les acteurs français du nucléaire portait sur ce sujet. A cette occasion, des dirigeants de New Areva, Areva NP, EDF et du CEA se sont exprimés sur ce sujet.

Suite à la catastrophe de Fukushima en 2011, les enjeux de sûreté ont encore alourdi les contraintes liées au prolongement des réacteurs existants ou de la construction des EPR, et contribué à mettre en difficulté les leaders français que sont  EDF et l’ancien Areva. Les réacteurs de nouvelle génération EPR accusent d’importants retards et surcoûts dans leur construction, à Flamanville (Manche) ou en Finlande. Plus récemment, les déboires économiques qu’accuse le géant du nucléaire Westinghouse montrent que l’industrie nucléaire dans son ensemble est confrontée au défi de la compétitivité face à la concurrence des énergies fossiles et renouvelables dont les coûts ont baissé.

Pour garantir sur le long terme sa place dans le peloton de tête des leaders mondiaux du nucléaire, la filière nucléaire française est tenue d’accélérer sa transformation numérique. Ce dont les dirigeants des grands donneurs d’ordre du nucléaire, le nouvel Areva, Areva NP, EDF et le CEA , sont bien conscients et de leur propre aveu, reconnaissent un certain retard sur des industries telles que celles de l’aéronautique ou l’automobile. Suite aux erreurs de conceptions sur plusieurs pièces critiques de réacteur,  les technologies du numérique doivent aussi répondre aux enjeux de traçabilité.

Le numérique, un levier pour allier sûreté et compétitivité

L’utilisation de technologies en pointe du numérique n’est pourtant pas nouvelle, précise François Gauche, Directeur de l'énergie nucléaire du CEA. « Nous nous intéressons depuis longtemps aux outils de calcul scientifique, capables de rassembler plusieurs disciplines, depuis l’échelle atomique jusqu’à l’échelle d’un réacteur. Nous disposons d’extraordinaires capacités de calcul ou d’outils de convergence entre 3D et big data. »

Coté ingénierie et chantier pourtant, les outils du numérique n’ont pas encore pris toute la place qu’ils pouvaient. A l’exemple des dossiers de plusieurs dizaines de milliers de pages concernant la construction d’un réacteur. « Un soudeur en France coute deux fois plus cher que le même aux Etats Unis, à cause de la gestion des documents. Nous avons la capacité d'améliorer considérablement cet aspect, a expliqué Bernard Fontana, Directeur général délégué d'Areva NP.

« Le numérique est un des leviers pour obtenir des réductions de coût importantes et allier sureté et compétitivité, a déclaré quant à lui Philippe Knoche, Directeur général de New AREVA. Pour nous c’est un enjeu de déploiement. Sur les 50 projets que nous avons en cours de réalisation, il s’agit de nous poser la question où l’outil peut être pertinent. »

Du côté d’EDF, Xavier Ursat, Directeur exécutif d'EDF en charge de la direction ingénierie et projets nouveau nucléaire, mise sur les outils de management de projets pour améliorer les procédés sur l’ensemble du cycle de vie. « Sur le parc EDF existant, nous sommes en train de constituer des jumeaux numériques de chaque type de réacteurs, qui permettront des gains pour préparer les actes de maintenance, et optimiser les durées d’arrêt. Sur Hinkley Point, nous utiliserons des outils de maquettage 3D et 4D. Enfin, la nouvelle version de l’EPR NM est un projet nativement créé avec des outils de PLM. »

« Construire un EPR sans digital est un travail de bénédictin. C’est pourtant comme cela que nous avons commencé le chantier de Flamanville il y a de nombreuses années», a-t-il ajouté. « Ce qu’on vise c’est un gain de 30% avec les EPR Nouveaux Modèles (EPR NM) grâce à l’ensemble des améliorations, dont le numérique.  Il faut qu‘on se détache dans ce domaine de la transformation digitale, la France a un savoir-faire de pointe dans ce domaine. Demain, notre capacité à faire une transformation numérique efficace et le couplage outils de simulation avec des maquettes numériques, doivent devenir un avantage compétitif. »

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