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L’industrie française snobe la Roumanie

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Bucarest, 5-10 octobre. Faible présence de sociétés françaises à la Foire technique internationale de Bucarest qui a réuni plus de mille exposants dont près de la moitié d'étrangers.

Ouverture en fanfare pour la 30 ème édition de la Foire industrielle de Bucarest par le président roumain Ion Iliescu qui a voulu ainsi souligner l’importance de ce domaine pour l’économie du pays, candidat à l’entrée dans la UE prévue pour 2007.

Bonne nouvelle : la Commission de Bruxelles vient de déclarer, avec le sens de la formule dont elle a le secret, l’économie roumaine, « économie de marché fonctionnelle ». Un qualificatif considéré par la presse roumaine comme un cadeau, tellement les retards et les écueils de la Roumanie sont importants : une corruption endémique et omniprésente, une infrastructure déficiente, un système de concurrence encore en cours de réglementation avec la création du Conseil de la concurrence, etc.

S’ajoute à cela l’inflation, ramenée autour de 12%, qui risque de repartir avec l’envolée de prix qui s’accentue au fur et à mesure du rapprochement de la date d’entrée de la Roumanie dans la CE. Un exemple : le prix de terrains et des appartements à quasiment doublé en un an !

Cela dit l’économie roumaine a connu ces deux dernières années une croissance exceptionnelle d’environ 5%. Une évolution que confirme l’animation du salon qui a réuni dans les halls d’exposition de Bucarest plus de 1000 exposants dont près de la moitié étrangers. Tous veulent profiter d’une main d’œuvre bon marché et bien qualifiée tout en visant un des marchés les plus importants d’Europe Centrale après celui de la Pologne.

C’est le cas par exemple de Schneider Electric, présent depuis longue date en Roumanie avec ses produits de distribution électrique et d’automatismes. Sa filiale roumaine créée en 1997 et qui emploie une centaine de personnes étudie actuellement la possibilité de fabriquer certains produits localement en fonction de l’évolution de la demande.

Même stratégie pour Ina Roulements représentée en Roumanie par CN Industrial Group qui inaugurera début 2005 une usine de fabrication de roulements. Située à Brasov au centre du pays, cette unité de fabrication ultramoderne emploiera quelques 3000 personnes.

Dans le domaine de la machine-outil, Mazak avait son propre stand, signe que ses équipements sont recherchés dans les ateliers roumains. Présent sur le stand d’Alfleth Engineering, le constructeur français de fraiseuses de haute précision Huron a pour sa part attiré beaucoup de monde avec sa machine CX 5. En attendant une présence sous ses propres couleurs ? L’avenir le dira…

A part cela, l’industrie française brillait surtout par… son absence. Ni la Chambre de commerce franco-roumaine ni la section économique de l’Ambassade française à Bucarest n’étaient présentes tandis que d’autres pays comme l’Autriche, la Suisse ou la Pologne était venus en force.

Le seul exposant français direct était Dimeco Alipresse, un constructeur réputé de machines et de lignes flexibles pour le travail de la tôle en bobines. «Nous avons déjà trois utilisateurs en Roumanie», précise Bernard Bozian, responsable de ventes du fabricant bisontin et natif de Roumanie.

Spécialiste des produits pour l’éclairage public, la société Elba mettra ainsi en service dans un mois une ligne flexible complète de fabrication fournie par Dimeco.

«Notre principale difficulté c’est l’approvisionnement en tôle fine», regrette le spécialiste de Dimeco. En effet, confronté à des graves ennuis économiques, le sidérurgiste roumain Sidex s’est orienté, après une privatisation quelque peu chaotique, vers la fabrication des tôles très épaisses destinées à la construction navale. Une évolution que regrettent aussi les spécialistes de l’usine Dacia de Pitesti qui fabrique la Logan et qui ne s’approvisionne que pour un tiers de sa consommation chez Sidex.

«Pourtant la demande pour les produits en tôle fine est très soutenue et nous devons nous approvisionner en Hongrie ou en Turquie ce qui augmente les coûts logistiques », explique l’ingénieur de Dimeco qui cite l’exemple des étagères pour les supermarchés. Trois magasins Carrefour et un Cora ont effectivement déjà vu le jour à Bucarest et ce n’est sans doute qu’un début car ils sont pris d’assaut par la population de la capitale roumaine qui manquait cruellement de tels temples de la consommation…

Mirel Scherer
(envoyé spécial à Bucarest)

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