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La semaine de Jean-François Prevéraud

L’imprimante matricielle est-elle l’avenir ?

Jean-François Preveraud
L’imprimante matricielle est-elle l’avenir ?

L'imprimante matricielle, telle cette P7000 de Printronix, a encore de beaux jours devant elle.

© DR

L’appel à la raison que nous lance le développement durable va obliger les concepteurs à revoir leurs objectifs. Faut-il innover à outrance pour satisfaire un marketing toujours plus demandeur de nouveautés, ou faut-il miser sur des technologies établies, robustes et juste optimisées en termes de consommation énergétique ? Quitte à revoir à la baisse le niveau des prestations que l’on en attend ? Exemple avec les imprimantes matricielles toujours en vogue chez de nombreux industriels.

A l’heure de la numérisation et de la virtualisation galopante, paradoxalement notre société fait de plus en plus appel à l’impression. Et pas forcément à l’impression de très haute qualité en couleur. Il suffit de penser aux multiples documents que nous recevons journellement pour s’en rendre compte : factures ; relevés bancaire ; opération marketing ; etc. Mais aussi dans l’industrie et les services pour les nombreux documents et listing de suivi d’opération ou de transport, par exemple.

« C’est là que les imprimantes matricielles gardent tout leur intérêt », explique Olivier Evain, EMEA Region Category Manager chez Printronix. « Ces machines sont d’une robustesse légendaire à toute épreuve, ce qui en fait un ‘‘must’’ pour des applications où il faut être capable d’imprimer en continu 24/24 heures des documents de qualité moyenne ».

Pour les plus jeunes, l’imprimante matricielle ou à impacts consiste en un transfert d’encre d’un ruban vers un support sous l’effet de l’impact d’aiguilles disposées en matrice sur le ruban. C’est la version moderne de la machine à écrire.

De plus, ces imprimantes matricielles sont aussi relativement insensibles à l’environnement dans lequel elles doivent être installées, par exemple des entrepôts où les conditions de températures et d’humidité peuvent varier fortement au cours d’une journée. Elles s’adaptent aussi très bien à l’ensemble des polices de caractère, voire à des caractères asiatiques ou même des codes à barres. Ces machines acceptent aussi des natures et des qualités de supports très diverses sans sourciller.

Ainsi ces machines présentent l’avantage de pouvoir imprimer en une seule passe des documents épais, comportant plusieurs pages superposées, réalisés en papier autocopiant, telles que les fiches d’intervention pré-imprimées qui seront complétées par le technicien de maintenance sur site.

Enfin, la technologie matricielle offre l’avantage d’un coût à la page très bas, de l’ordre du 1/10e de celui d’une imprimante laser par exemple.

Les bienfaits de la crise

« Si le coût direct d’impression est important dans le processus de décision d’achat de ce type de machines, les coûts annexes le sont tout autant. La crise a forcé les utilisateurs à quantifier plus précisément leurs dépenses pour les optimiser. Et à ce jeu les imprimantes matricielles tirent leur épingle du jeu. En cas de problème, elles peuvent être très facilement ‘‘échangeables à chaud’’ sur la ligne d’impression, ce qui limite les coûts liés à un arrêt de production ».

De plus, outre leur robustesse qui implique une grande durée de vie, les imprimantes matricielles sont aussi facilement réparables et les pièces détachées sont disponibles. « Et les coûts de fonctionnement sont tout aussi réduits. Par exemple par rapport aux imprimantes laser, il n’y a pas de four de cuisson, ce qui limite fortement la consommation électrique ».

Autant d’avantages qui font que les imprimantes matricielles sont encore très nombreuses en services : « la base installée en France est de plusieurs dizaines de milliers de machines et nos clients entendent bien leur rester fidèles encore longtemps » précise Olivier Evain.

Une tendance lourde

Et si cet intérêt pour cette technologie ancienne qui n’évolue plus beaucoup était symptomatique de l’évolution de nos besoins ? La nécessité d’intégrer dans nos préoccupations le développement durable ne passe peut-être plus par l’innovation dont on nous rebat les oreilles.

En effet, l’innovation pousse à la consommation donc à la production, alors que l’on sait pertinemment que le produit qui pollue le moins est celui que l’on ne fabrique pas. Le vrai développement durable passe par des ‘‘produits durables’’ et réparables, à faible consommation, avec certainement moins de ‘‘gadgets marketing’’ et peut-être des niveaux de ‘‘prestations clients’’ moins surévalués.

Le succès des voitures ‘‘low cost’’ nous le rappelle tous les jours. Une tendance forte que tous les bureaux d’études doivent avoir en tête.

A la semaine prochaine,

Pour en savoir plus : http://www.printronix.fr  

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis près de 30 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.

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