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L'IGN FAIT MIEUX QUE GOOGLE

Ridha Loukil
L'Institut géographique national va mettre en ligne son Géoportail, l'équivalent français de Google Earth mais plus précis et plus riche.

Un an après Google, l'Institut géographique national (IGN) relève le défi en lançant son Géoportail, un service de cartographie et de navigation géographique calqué sur Google Earth mais limité à la France. La première version devrait être mise en ligne en juin 2006. Accessible gratuitement, elle offrira au départ une navigation en deux dimensions avant de s'enrichir, en septembre, par la visualisation du relief. Les internautes, qui ont déjà survolé la planète avec Google Earth, pourront visiter de la même façon tout le territoire français, y compris les départements d'outre-mer. En quelques clics, ils choisiront de s'envoler pour le Mont-Saint-Michel, la vallée de l'Isère, les plages de la Martinique ou les cirques de la Réunion.

Les vues aériennes offrent une résolution de 50 cm

« Le projet germe depuis plusieurs années. Le lancement, l'été dernier, de Google Earth, et l'énorme enthousiasme qu'il a suscité auprès des internautes n'ont fait que conforter les décideurs publics dans cette initiative », affirme son coordinateur Patrick Leboeuf. L'IGN en assure la maîtrise d'oeuvre conformément au décret du 22 novembre 2004 qui lui assigne la mission de fourniture et de diffusion des informations géographiques. Le projet anticipe aussi la directive européenne Inspire qui demande aux États membres de mettre en place au moins un service de recherche, de consultation, de téléchargement et de transformation de données géographiques.

Certes, le service français n'a pas l'envergure mondiale de Google Earth, MSN Virtual Earth ou NASA World Wind. Mais il se veut, en contrepartie, plus complet, plus précis et plus riche. Ainsi, il assure une couverture de tout le territoire au mètre près. Les vues aériennes offrent une résolution au sol de 50 cm, qui permet de voir des détails aussi petits qu'une voiture. « Une précision que Google Earth ne garantit que dans les villes, soit donc 20 % du territoire français. Dans les 80 % restants, le système américain se contente d'une résolution de 5 à 10 m. Autant dire lorsqu'on zoome sur un point, on ne voit plus rien », estime Patrick Leboeuf.

Le Géoportail se distingue aussi par la qualification de ses données. Pour chaque cliché ou carte, on peut savoir comment l'information a été obtenue, quand et par qui. Ce service de métadonnées, d'information sur les données elles-mêmes, est inexistant dans Google Earth. « Dans certaines régions, on n'est même pas sûr de l'exactitude de l'information qu'il affiche à l'écran. »

Autre avantage du service français : la possibilité de croiser les informations géographiques de l'IGN avec des données en provenance de partenaires (administrations, collectivités territoriales, chambres de commerce, associations, etc.). C'est ainsi que la base devrait s'enrichir des données relatives aux 550 000 planches du cadastre. N'importe qui, particulier ou professionnel, pourra aussi soumettre ses propres données. Mais, dans ce cas, c'est lui seul qui est responsable de la qualité et de la mise à jour de l'information qu'il fournit. Une entreprise pourra ainsi proposer la localisation de ses usines et bureaux. Un club d'orchidées pourra soumettre la localisation des espèces rares, etc. Les possibilités d'enrichissement de la base de données semblent illimitées.

Une base de données de l'ordre de 100 To

Enfin, le Géoportail français se différentie par son mode d'accès. Contrairement à Google Earth, ce n'est pas un logiciel à télécharger. C'est un site Web accessible depuis un navigateur Internet. La première version est réalisée et hébergée à Lyon par les sociétés Teamlog et Digitek. Elle représente une vitrine destinée surtout à épater le grand public. L'IGN s'attend à 500 000 visiteurs la première année. Le Géoportail complet, avec des services payants de mise à disposition de données cartographiques et de téléchargement de fonds de cartes précis, devrait être mis en ligne au second trimestre 2007. L'appel d'offres pour sa réalisation est en cours. Sera-t-il hébergé en interne ou en infogérance ? La question n'a pas encore été tranchée. « La base de données représente un volume considérable, de l'ordre de 100 To. Elle demande la mise en place d'énormes moyens de stockage et de beaucoup de tuyaux d'accès », explique Patrick Leboeuf.

Des géoportails existent déjà en Europe, soit à un niveau régional comme en Bavière ou en Catalogne, soit à un niveau national comme en Allemagne ou en Espagne. L'IGN veut proposer un service plus ambitieux sur le modèle de GeoNorge, le géoportail norvégien considéré aujourd'hui comme la référence dans ce domaine. Des liens sont prévus pour l'accès aux géoportails des autres États membres de l'Union européenne.

Patrick Leboeuf reste vague sur le montant de l'investissement qu'il estime à « plusieurs millions d'euros », financés sur les dotations de l'État à l'IGN. Les coûts d'exploitation se monteront également à plusieurs millions d'euros par an. Ils devront être couverts par les recettes en provenance des services payants de téléchargement. Le modèle économique est en cours de finalisation.

l'impact

- Pour les pouvoirs publics et les collectivités locales : outil d'aménagement du territoire, de planification, d'urbanisme et de simulation des projets d'infrastructures. - Pour les services d'environnement ou de secours : outil de gestion des risques ou d'optimisation des interventions d'urgence. - Pour les entreprises : source de données pour leurs systèmes d'information géographique et applications mobiles.

LES PORTAILS PIONNIERS

- IDDE Géoportail espagnol ouvert en décembre 2003 Couverture : Espagne - GeoNorge Géoportail norvégien ouvert en février 2004 Couverture : Norvège - NASA World Wind Géoportail de la Nasa ouvert en août 2004 Couverture : mondiale - Google Earth Géoportail de Google ouvert en juin 2005 Couverture : mondiale - MSN Virtual Earth Géoportail de MSN/Microsoft ouvert en juillet 2005 Devenu en décembre 2005 Windows Live Local Couverture : mondiale

Ce genre de services devrait se généraliser rapidement en Europe. La directive européenne Inspire, entérinée par le Conseil européen du 23 janvier 2006, impose en effet aux États membres la mise en place, d'ici à 2007, d'au moins un géoportail.

TOUTE LA FRANCE CARTOGRAPHIÉE AU MÈTRE PRÈS

Couverture du territoire français, y compris les DOM, avec une précision d'un mètre. - 400 000 photographies aériennes datant de moins de 5 ans et offrant une résolution au sol de 50 cm. - Près de 3 700 cartes à différentes échelles.

Des données cartographiques et photographiques en provenance de partenaires accessibles, à terme. - Possibilité pour les particuliers, associations et professionnels d'enrichir cette base avec leurs propres données.

- Ouverture en juin 2006 de la première version du Géoportail à la navigation en 2D puis, en septembre 2006, à la visualisation en relief. - Ouverture du Géoportail complet avec des services payants de téléchargement de cartes au second semestre 2007.

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