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L'Europe se dote de satellites météo de pointe

Philippe Beaufils
La nouvelle génération de satellites d'observation MSG multipliera par vingt les données d'observation météorologique. Pour satisfaire les besoins croissants de la part de communautés de plus en plus nombreuses.


L'analyse météorologique passe à la puissance supérieure, grâce à une nouvelle famille de trois satellites d'observation, MSG (Meteosat de seconde génération). 

Fin août , le premier des satellites aura été placé en orbite par une fusée Ariane 5. A terme, ces trois satellites remplaceront la première génération de satellites Meteosat conçus dans les années 70. Et cela pour un service d'une durée de 12 ans.  

Ils ont été spécifiés par Eumetsat, l'organisation européenne chargée de leur exploitation, et fabriqués par un consortium industriel européen dirigé par Alcatel Space Industries, et avec l'aide de l'Agence spatiale européenne qui apporte son soutien en R&D.

Car ces sentinelles seront ce qui se fait de mieux sur le plan technologique. Avec pour résultats de meilleurs services proposés à des secteurs économiques de plus en plus demandeurs d'informations météorologiques comme l'agriculture, les transports, le tourisme, le bâtiment et les travaux publics, sans oublier les sociétés de ré-assurance et les agences nationales de prévision. 

« Ainsi, le nouveau satellite commencera à proposer des prévisions sur 10 jours, ce qui signifie aussi une fiabilité accrue sur le court terme », explique Jocelyne Landeau-Constantin, responsable de la campagne MSG à l'Esa. 

Le doublement de la fréquence des mesures tous les quarts d'heures permettra notamment de détecter les phénomènes extrêmes. 

A coté de cette météorologie opérationnelle, les modèles théoriques commencent à appréhender les tendances et les cycles sur plusiers semaines, voir plusieurs mois. 

Si MSG-1 est un satellite relativement classique (stabilisé en rotation à 100 tr/min, 700W), il pèse 2 tonnes, soit trois fois plus que son prédécesseur ; et sa charge utile délivre globalement 20 fois plus d'informations... numériques

Ainsi, l'instrument principal, le radiomètre-imageur Seviri détecte la lumière réfléchie par la surface terrestre dans douze longueurs d'ondes, contre trois pour les satellites Meteosat actuels (lumière visible, infrarouge thermique et vapeur d'eau ).

Huit canaux recueilleront dans l'infrarouge thermique des informations sur la température des nuages, des terres émergées et des surfaces océaniques. Quatre autres canaux délivreront aux météorologistes des données sur l'ozone, la vapeur d'eau et le gaz carbonique, afin de déterminer les caractéristiques de différentes masses d'air et d'élaborer un modèle tridimensionnel de l'atmosphère. 

Ce canal "ozone", premier du genre à équiper un satellite géostationnaire européen permettra d'évaluer les niveaux d'ozone de la stratosphère inférieure et de prévoir les doses de rayonnement ultraviolet.

Le deuxième instrument qui se destine plutôt aux climatologues s'appelle GERB. Il leur permettra de calculer avec une grande précision le bilan radiatif terrestre, c'est-à-dire le rapport entre le rayonnement venant du Soleil et celui renvoyé dans l'espace. 

Ces données placeront les chercheurs européens à la pointe en matière d'études sur le changement climatique mondial, avec leurs implications en matière de production agricole et de prévisions des catastrophes naturelles. 

C'est notamment la résolution de l'instrument - 50 km sur 50 km qui permettra d'observer des régions plus petites, mais essentielles, comme le Sahara ou la partie centrale de l'Atlantique, à la comprhénsion des processus qui régissent le climat. 

Lorsque toutes les opérations de vérifications auront été accomplies, soit six mois après son lancement, MSG-1 échangera sa position avec celle de Météosat 7, le satellite opérationnel actuel. MSG-2 sera lancé un an plus tard. 

Chaque satellite aura une durée de vie nominale de sept ans, soit deux de plus que les Météosat actuels.

Caractéristiques
- Investissement total: 1,3 milliard d'euros, étalé sur 12 ans,
- Masse du satellite MSG-1: 2 tonnes
- Puissance 700 W
- Durée de vie prévue : 7 ans
- Instruments embarqué
         - radiomètre Seviri (mesures spectrales)
                   résolution : 1km dans le visible
         - radiomètre Gerb (bilan radiatif)
         - répéteur pour les missions de sauvetage

 

Pour en savoir plus
Le portail de l'Agence spatiale européenne regorge d'informations et de liens sur le programme MSG et ses acteurs Eumetsat, Alcatel Space. 

On trouve notamment : 
- Les détails complet du satellite MSG-1 et de ses instruments
- Les détails complets de l'instrument GERB (Geostationary Earth Radiation Budget Experiment) élaboré par un consortium européen sous direction anglaise. 

 

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