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L’Europe doit investir davantage en recherche et innovation

Ridha Loukil

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L’Europe doit investir davantage en recherche et innovation

Il faut innover plus.

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Dans son premier rapport sur la compétitivité de l’Union de l’innovation, la Commission européenne met en avant les progrès de l’Europe en matière de recherche et insiste sur l’urgence d’un effort accru pour rattraper le retard sur les Etats-Unis et le Japon.

L’Union européenne a fait de réel progrès en recherche mais doit mieux faire encore. Telle est la conclusion du rapport 2011 de la Commission européenne sur la compétitivité de l'Union de l'innovation, le premier du genre à être publié en remplacement de l'ancien rapport sur la science, la technologie et la compétitivité.

Accroître l’effort de recherche et développement sur fonds publics ; améliorer les performances de l’écosystème d’innovation ; développer la coopération scientifique en interne et à l’international ; mieux valoriser les résultats de la recherche, notamment à l'aide d'un régime de propriété intellectuelle plus efficace ; adapter les systèmes d'éducation aux besoins d’innovation des entreprises et des PME ; réduire les inégalités entre hommes et femmes dans le domaine des sciences et de la recherche… Autant d’actions urgentes à mener pour s’aligner sur la stratégie Europe 2020 qui fixe comme objectif 3 % du PIB investi en R&D à l’horizon 2020.

Le rapport analyse les points forts et les points faibles des systèmes nationaux de recherche et d'innovation et fournit des données factuelles solides sur lesquelles fonder les orientations politiques nationales. Il repose sur le tableau de bord de l'Union de l'innovation et comprend une fiche détaillant les performances de chaque pays en matière de recherche et d'innovation.

Voici les principales conclusions du rapport :
 

  • L'Europe doit investir davantage dans la recherche et l'innovation. L'UE progresse lentement vers l’objectif consistant à investir 3 % de son PIB dans la R&D (2,01 % en 2009). Mais l'écart avec les principaux concurrents se creuse, notamment à cause d'un niveau plus faible d'investissement de la part des entreprises. En 2008, 24 % des dépenses mondiales de R&D étaient effectuées dans l'UE (contre 29 % en 1995). Relativement au PIB, les entreprises investissent deux fois plus au Japon ou en Corée du Sud qu'en Europe.
     
  • En période de crise économique, les investissements cumulés dans la recherche et l'innovation ont un effet contracyclique. Les pays qui ont augmenté leurs investissements dans la recherche et l'innovation ont de meilleures perspectives pour sortir de la crise. Dix-sept États membres ont pu maintenir ou augmenter leur budget de R&D en 2009 et seize en 2010.
     
  • Les investissements dans l'innovation doivent être plus ''intelligents''. Ceux qui réussissent le mieux en matière d'innovation ont concentré leurs investissements sur une stratégie de spécialisation intelligente combinant des politiques de l'offre (subventions publiques à l'enseignement supérieur, R&D d'entreprise, capital-risque et infrastructures scientifiques et technologiques) et des politiques de la demande (marchés publics de produits innovants, normalisation en fonction des performances et réglementation des marchés de produits favorable à la concurrence).
     
  • La formation d'une main-d'œuvre hautement qualifiée doit répondre aux besoins des entreprises. Seulement 46 % des chercheurs de l'UE travaillent en entreprise (contre 80 % aux États-Unis). Les États membres devraient adapter leur système éducatif pour accroître cette proportion tout en veillant à mieux répondre aux besoins des entreprises.
     
  • L'intégration et l'internationalisation des activités de recherche assurent un rendement plus élevé des investissements. L'internationalisation et le développement efficace de l'excellence scientifique se renforcent mutuellement. Les flux de connaissances (étudiants, copublications, coopération en matière de cobrevetage) à l'intérieur de l'Europe sont un atout majeur et ils s'intensifieront une fois achevé l'Espace européen de la recherche. Toutefois, ils sont encore concentrés dans quelques pays d'Europe occidentale.
     
  • Sans encadrement solide, les connaissances ne peuvent être transformées en produits et services commercialisables. L'Europe prend du retard sur le terrain de l'exploitation des résultats de la recherche. Alors que l'UE est le premier producteur mondial de publications scientifiques revues par des pairs (29 % en 2009), le nombre de demandes de brevet, au titre du Traité de coopération en matière de brevets, augmente presque deux fois plus au Japon et en Corée du Sud que dans l'UE. Et la moitié des États membres ne déposent aucun brevet de haute technologie à l'Office européen des brevets. De nouvelles mesures s'imposent pour assurer une protection et une gestion plus rentables de la propriété intellectuelle et le brevet UE, faisant actuellement l'objet de négociations, marquera une étape importante à cet égard.
     
  • L'Europe a un fort potentiel en matière d'innovations techniques répondant aux problèmes de société. En 2007, l'UE a déposé 40 % des brevets concernant les technologies relatives au changement climatique. Cela montre que des investissements ciblés dans des activités de recherche et de démonstration sur des sujets importants, combinés à des mesures de soutien du développement commercial, peuvent être à l'origine de nouvelles technologies et d'innovations. Tel est l'esprit des partenariats d'innovation européens lancés au titre de l'Union de l'innovation.
     
  • Nous avons besoin de PME innovantes à croissance rapide. L'UE doit rattraper les États-Unis en matière d'intensité de recherche des secteurs de haute technologie et de moyenne à haute technologie. En d'autres termes, elle doit procéder à des changements structurels tant à l'intérieur des secteurs qu'entre les secteurs. Certains pays européens, comme l'Autriche et le Danemark, ont opéré une transition structurelle vers une économie à plus forte intensité cognitive et nombre d'entre eux se sont aussi mieux remis de la crise économique. Un tel succès s'explique à chaque fois par l'existence de PME innovantes à croissance rapide, qui jouissent d'une excellence scientifique en matière de recherche publique ainsi que de conditions générales favorisant le passage des nouvelles connaissances vers le marché.



Ridha Loukil

Pour accéder au rapport sur la compétitivité de l'Union de l'innovation, cliquer ici 

 

 

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