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La semaine de Jean-François Prevéraud

L’ENSTA ParisTech mise sur l’ingénierie système

Jean-François Preveraud
L’ENSTA ParisTech mise sur l’ingénierie système

Yves Demay, directeur de l’ENSTA ParisTech

© DR

J’ai rencontré, juste avant les vacances, Yves Demay, directeur de l’ENSTA ParisTech, l’occasion de faire avec lui le point sur cette grande école d’ingénieurs et les différents projets qui y sont en cours.

L’Ecole Nationale Supérieure des Techniques Avancées (ENSTA), créée en 1741 sous le nom d’Ecole Nationale supérieure du Génie Maritime, a pris son nom actuel en 1970 avec la fusion de quatre écoles d’application de l’Ecole Polytechnique. Elle comporte un corps professoral de 88 enseignants permanents et chercheurs associés. Ceux-ci sont répartis dans 6 unités d’enseignement et de recherche, ainsi que 2 départements d’enseignement. En plus, près de 650 professionnels participent à la formation dans le cadre de vacations d’enseignement.

L’ENSTA ParisTech assure une formation d’ingénieur généraliste, ainsi que de 3e cycle avec 4 Mastères Spécialisés :
 

  • Génie maritime : transports ; énergie, développement durable ;
  • Ingénierie nucléaire ;
  • Architecture des systèmes d’information ;
  • Ingénierie des véhicules électriques.


De plus, plusieurs Mastères Recherche et Mastères Professionnels sont proposés en cohabilitation ou en partenariat avec d’autres écoles d’ingénieurs ou avec des universités. Enfin, l’école accueille aussi des doctorants, chaque année une vingtaine des thèses y sont soutenues.

Pour l’année scolaire écoulée, l’école a accueilli 492 étudiants en cycle ingénieur, 22 étudiants en Mastère Spécialisé et 84 doctorants.

Former aux véhicules électriques

« Le Mastère Spécialisé Ingénierie des véhicules électriques, couplé à un Mastère Professionnel est une nouveauté pour la rentrée 2010 », précise Yves Demay, directeur de l’ENSTA ParisTech. « Il a été créé en partenariat Renault et est proposé conjointement par quatre écoles d’ingénieurs de ParisTech : Arts & Métiers ; ENSTA ; Ecole des Mines ; Ecole des Ponts. Et quand ont réuni ces compétences là, on a véritablement un ensemble qui fait sens par rapport aux besoins de formation, qui va bien au-delà de la simple proximité géographique ».

« Cette formation technologique innovante et professionnalisante est en prise directe avec les attentes du secteur de l’automobile de demain. Elle vise à faire connaitre et à approfondir les technologies permettant la mutation des véhicules thermiques traditionnels vers les véhicules électriques ».

Ce Mastère comportera un tronc commun d’octobre à fin décembre qui s’effectuera dans les quatre écoles parisiennes, puis deux options seront proposées de janvier à fin mars : maitrise de l’énergie des véhicules électrique, du réseau de distribution à la roue (option suivie aux Arts & Métiers à Lille) ; Architecture et conception des véhicules électriques (option suivie à L’ENSTA à Paris). « Nous devrions avoir dès cette année plus d’une vingtaine d’élèves dans cette nouvelle filière, dont une bonne moitié venant de Renault pour la partie Mastère Professionnel », révèle Yves Demay.

L’ENSTA interviendra notamment fortement sur la partie simulation numérique des crash-tests des véhicules, qui sont fortement impactés par la présence des batteries à bord.

Cap sur le plateau de Saclay en 2012

Autre grand projet, le déménagement en 2012 de l’école vers Palaiseau, qui s’inscrit dans le cadre du projet gouvernemental ‘‘Campus du plateau de Saclay’’. « L’endroit ne nous est pas inconnu car nous y disposons déjà de 14 000 m² de laboratoires pour la mécanique et les lasers. Mais là nous reconstruisons 30 000 m², qui abriteront à la fois l’école, les laboratoires, des équipements sportifs et 430 studios de 18 m² pour accueillir près de 800 élèves ».

Il s’agit d’un investissement de l’ordre de 130 millions d’euros. Les travaux de terrassement ont débuté fin juin et la livraison est prévue pour juin 2012. « Nous ferons donc notre rentrée 2012/2013 à Palaiseau, car nous avons des marges », affirme avec confiance Yves Demay.

L’ENSTA ParisTech entend bien profiter de son regroupement à Palaiseau pour participer au mouvement qui est entrain de se mettre en place dans le domaine de l’ingénierie numérique sur le plateau de Saclay. « On travaille avec tous nos collègues de cette zone à un projet d’Institut de Recherche Technologique (IRT) sur l’ingénierie numérique des systèmes futurs. Le Pôle Systematic va porter in-fine le projet auquel nous allons contribuer, aux côtés de grands acteurs de ParisTech, à la composante formation/enseignement. Nous avons même un projet de plate-forme portant sur la thématique des règles de conception d’un système avec l’idée qu’il soit sûr au moment où il doit fonctionner. Cela impose de réfléchir à ce que cela implique en terme de méthodes de conception, de modélisation, d’outils de vérification, etc. pour intégrer en amont l’idée de sureté de fonctionnement ».

Pour mémoire les IRT devrait être au nombre de 4 à 6 en France. Dans une logique de co-investissements publics-privés, alimenté en partie par le Grand Emprunt, ils piloteront, avec une finalité de valorisation socio-économique, des programmes de R&D, qui seront couplés à des plates-formes technologiques et à des formations.

L’ingénierie système au cœur de l’enseignement

Pour Yves Demay, un système numérique ne se résume pas à du logiciel : « Même si la partie logicielle est la partie où les outils et les capacités à vérifier sont les plus importantes, il faut à terme tenir compte de l’ensemble du système. Clairement, l’ingénierie système est un axe directeur pour l’ENSTA ParisTech et nous prétendons avoir de réelles compétences dans les multiples domaines qu’elle recouvre : biomécanique, ingénierie mécanique, informatique, automatique, robotique, etc. ».

« D’ailleurs nous allons sur le plateau de Saclay avec cet axe directeur : l’ingénierie système appliquée aux secteurs des transports et de l’énergie. Nous ne sommes peut-être pas les seuls sur ce créneau, mais contrairement à d’autres nous le faisons déjà et nous l’inculquons déjà à nos élèves. Ainsi en première année nous leur proposons une semaine de l’ingénierie système où nous leur donnons, à travers un projet, une sensibilisation à tous les notions de base. Ils doivent ainsi en équipe de 6 concevoir et réaliser un robot de combat de Sumo en déclinant toute la logique de conception. Et tout comme dans l’industrie, nous faisons évoluer le cahier des charges en cours de route », constate malicieusement Yves Demay.

Une ouverture internationale

La dimension internationale est aussi importante pour l’ENSTA ParisTech qui a signé plus d’une soixantaine d’accords d’échange avec des universités étrangères partenaires, dont 13 accords de doubles diplômes. Dernier partenariat en date celui monté avec l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tunis (ENIT), où 25 élèves tunisiens font 18 mois de scolarité en Tunisie et 22 mois en France.

Sur ce, bonne rentrée des classes et à la semaine prochaine.

Pour en savoir plus : http://www.ensta.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 29 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.
 

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