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« L’empreinte eau devient applicable pour l’industrie »

Hugo Leroux
« L’empreinte eau devient applicable pour l’industrie »

Dimitri Caudrelier, directeur du développement de Quantis

© DR

Après l'empreinte carbone, les entreprises auront-elles à rendre compte des impacts de leur activité sur la ressource eau ? Certaines commencent à développer des initiatives en la matière. Une norme internationale est même en préparation. Le point avec Dimitri Caudrelier, directeur au développement des affaires du cabinet Quantis, spécialisé en analyse de cycle de vie.

"L’empreinte eau" commence à s’appliquer dans l’industrie. Initié il y a plusieurs années par des travaux scientifiques et méthodologiques comme ceux du Water Footprint Network ou de la WWF, ce concept vise à caractériser les impacts d’une entreprise sur la ressource en eau. Il ne suffit pas de comptabiliser les consommations d’un site industriel, d’un produit ou d’une entreprise !  Comme pour "l’empreinte carbone", c’est une démarche globale. Elle repose sur une approche de l'analyse du cycle de vie (ACV), de l’extraction des matières premières à la fin de vie du produit, des fournisseurs aux clients d’une entreprise.

Pour s’inscrire dans une telle démarche, les industriels doivent identifier les consommations en eau, directes et indirectes et les émissions de substances polluantes. La seconde étape, plus délicate, consiste à pondérer ces consommations par le stress hydrique de la région dans laquelle elle a été prélevée.  Il faut aussi quantifier la dégradation de la qualité de la ressource : eutrophisation, écotoxicité aquatique, l’acidification par exemple.

Or ces modes opératoires commencent à être disponibles, via des logiciels d'ACV comme Quantis Suite 2.0 de l'éditeur Quantis. Tout le challenge consiste à intégrer ces informations dans les outils de reporting des entreprises. Il faut aussi constituer des bases de données permettant d’obtenir des données génériques "eau", pour ne pas avoir à multiplier les calculs d’impact.

Pour l’instant, les initiatives les plus avancées sont portées par des multinationales, officiant surtout dans l’agroalimentaire. Le prix de l’eau étant encore abordable, la motivation de ces démarches consiste surtout à approfondir une politique environnementale ou à gérer  le risque de réputation. Les plus petites structures en France y viennent par l’affichage environnemental des produits, actuellement à l’essai, qui intègre une note sur l’eau.

Pour cadrer ce type de démarches, une norme internationale de type ISO, qui devrait être publiée en 2013, est en préparation. Quant à la généralisation de l’empreinte eau à long terme, sur le modèle de l’empreinte carbone, elle dépendra de normes plus restrictives sur les usages de l’eau, portées par les autorités nationales.

Propos recueillis par Hugo Leroux

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