Nous suivre Industrie Techno

L'électronique prend la main

Wilfried Maisy

Sujets relatifs :

,
L'électronique prend la main

Palan à chaîne DCS-Pro à vitesse variable équipé d'un chariot électrique E11/E22 pour des positionnements précis, des mouvements de levage et de direction plus rapides et en douceur.

© D.R.

Les treuils et palans sont devenus de plus en plus précis et sécurisés. Les systèmes électroniques gérés par informatique sont présents à tous les niveaux.

Suivant la même évolution que le monde automobile, les systèmes de levage intègrent de plus en plus d'électronique. « Nous avons remplacé des composants électriques et mécaniques par des systèmes électroniques dont les avantages sont évidents en termes de maîtrise et de suivi technique des treuils et des palans », explique Christophe Charoy, président de Demag Cranes et Composants France. La raison est en partie législative. « Nos clients doivent être en mesure de prouver qu'un appareil est utilisé en toute sécurité. Donc de justifier du temps de sollicitation et des charges transportées. Car les moteurs et tous les composants des appareils de levage sont dimensionnés pour un type d'application donnée. »

La généralisation de l'électronique offre aussi de nouvelles possibilités de maintenance préventive. On peut enregistrer la fréquence de sollicitations et le poids des produits transportés. L'usure des câbles, des chaînes et des freins est estimée à l'avance ; l'état des garnitures est vérifié sans qu'un homme doive monter sur l'appareil. Sur une "boîte à boutons", reliée avec ou sans fil à une machine de levage, l'opérateur visualise la plage de charge et vérifie qu'il est bien dans la "zone verte" d'usage recommandé.

L'intelligence dans le dialogue

Ces nouvelles mécaniques sont "intelligentes", dans la mesure où elles peuvent communiquer et organiser leurs efforts. Au sein d'un pont roulant supportant deux palans mobiles, par exemple, les deux appareils dialoguent. Si l'un lève anormalement vite, l'autre réagit et, éventuellement, se met hors service. « Si l'on déplace un palan sur un autre pont, on peut le paramétrer simplement pour réaliser une distance de course différente, précise Christophe Charoy. Par simple action logicielle, de nombreuses fonctions optionnelles sont activées ou désactivées à distance. » Éditeur du logiciel de gestion de ses propres machines, le constructeur a, plus que jamais, la main sur l'après-vente. Cela est vrai tant en matière d'entretien, réalisé grâce à des valises de diagnostic informatiques, que de paramétrage. Le fabricant peut définir le degré de précision d'un limiteur de charge et, sur demande de son client, rendre la machine plus fine.

Ces évolutions se retrouvent sur la gamme de palans à chaîne à vitesse variable DCS-Pro. Le nouveau DCS-Pro 10 a été présenté en juin 2008 en Allemagne, au salon Cemat. La gamme offre une capacité de charge qui atteint 2 500 kg, le plus petit palan de la série se contentant de 630 kg. « Grâce à sa vitesse de levage de précision de 0,06 m/min, le DCS-Pro 10 permet le positionnement exact et en douceur de charges lourdes », indique le fabricant. Comme les autres appareils de cette gamme, sa classification FEM (qui détermine la durée de fonctionnement, la classe de protection et la tension de service adaptée à un usage donné) est 2 m+, soit 20 % de durée de vie en plus par rapport à ce que propose en standard le marché. Le palan possède de série les fonctions suivantes : des fins de course de travail haut et bas (la machine freine automatiquement), une coupure en cas de surcharge, un réglage de la boîte à boutons à la hauteur de travail la plus ergonomique et un coffret de maintenance pour un entretien facile. « Le réducteur, le frein et l'accouplement sont sans entretien pendant dix ans », assure l'entreprise Demag.

Concernant la boîte à boutons, de forme légèrement inclinée, elle est munie de touches à enfoncement progressif (course d'actionnement de 10 mm) pour une manipulation délicate, sans à-coups. Le paramétrage de la vitesse de levage, de la rampe d'accélération et du freinage s'effectue directement à partir de cette boîte à boutons.

Autre produit présenté juste avant l'été : la nouvelle gamme de palans électriques à chaîne CPV de Yale. « Celle-ci vise l'essentiel du marché, 80 % des industriels utilisant ce type de palan d'une capacité de charge de 500 à 2 000 kg », indique André Muller, directeur général de Yale Levage France. Les palans CPV correspondent à la classification 1 Am de la norme FEM. Cela signifie qu'ils sont conçus pour être utilisés moins d'une heure par jour.

Manipulation intuitive et accompagnement

Remplaçant la gamme CPM, les palans CPV portent une nouvelle chaîne cinématique. Ils sont dotés de la fonction « fin de course haut et bas », en standard depuis cette année. En outre, ils incluent un système antivrillage, pour éviter que la chaîne ne se torde et se coince dans la noix du palan. « L'entraînement de la chaîne est formé d'une noix à haute précision, entièrement encapsulée par le guidage. Le réducteur est caractérisé par une denture hélicoïdale intégrale et des roulements pour garantir un fonctionnement silencieux. Sur le plan de la sécurité, Yale indique que « le positionnement du limiteur de couple entre le moteur et le frein permet une liaison directe de la charge avec le frein. Si le limiteur de charge casse, la charge est maintenue. Et en cas de chute de tension, le frein se verrouille automatiquement. »

Toujours sur le plan de la sécurité et de la facilité d'usage, le constructeur français Sapelem (Maine-et-Loire) a récemment présenté "Ze-solution", une combinaison de trois éléments : la poignée de commande Sapelem Zii, le système électronique de levage ELS et le bras R2A.

La poignée Zii a été conçue pour accompagner les gestes d'un opérateur de manière intuitive. Permettant de manipuler des charges de 0 à 300 kg à la vitesse de 2 m/s, elle ne demande que très peu d'effort. Zii a reçu un prix de l'innovation, au salon Preventica en mai 2008. « La solution technique a été analysée selon trois critères : le confort de travail, le respect des normes européennes et la prévention des troubles musculo-squelettiques, qui représentent les premières causes d'arrêts de travail en Europe », a précisé le jury de Preventica. « L'opérateur ne supporte que 20 g dans la main », garantit pour sa part Sapelem.

Paramétrage des scénarios de levage

Utilisant de multiples capteurs reliés par électronique et dont les informations sont exploitées par informatique, cette poignée assiste les mouvements, non plus sur un seul axe vertical, mais selon les trois axes. La poignée Zii est munie d'un écran et d'un clavier pour paramétrer différents scénarios de levage. Elle est dotée d'un automate à cinq entrées BUS pour piloter les commandes ou recevoir les informations d'un préhenseur. Pour sécuriser les opérations, un détecteur de présence conditionne l'activation du système. De plus, Zii est dotée d'une fonction Bluetooth, ce qui permet d'échanger des informations avec l'environnement.

Relié à la poignée de commande, le système électronique de levage ELS se veut très précis. « Le contrôle de position est inférieur au millimètre, affirme le constructeur. En cas de coupure d'énergie, la charge est maintenue en position. » Pour compléter le système, le bras Sapelem R2a est tout aussi fin dans ces mouvements, avec des articulations sur roulement. Construit en aluminium, il offre une portée maximale de 4,7 m.

L'ESSENTIEL

- L'électronique aide au suivi technique des treuils et des palans - De nombreuses fonctions opérationnelles sont activées à distance par logiciel

RAILS EN ALU POUR PONTS ROULANTS

- Verlinde a présenté en mai 2008 la gamme Eurosystem Alu de structures modulaires en aluminium. Celle-ci est conçue pour réaliser des systèmes de manutention sur mesure, adaptés à des charges de 500 à 2 000 kg. Les profilés, chariots et fixations servent à assembler des ponts roulants à rail simple, ou à une ou deux poutres, afin de poser des palans de levage. « Ces rails sont 50 % plus légers que leurs homologues à profilés en acier, souligne Thomas Descamps, directeur général de Verlinde. Nous estimons à 40 % le gain de temps d'installation, ce qui compense largement le surcoût du produit. » Fixation par simple boulonnage Les profilés creux en aluminium peuvent être déplacés et positionnés manuellement sans équipement de levage spécifique. La fixation des éléments entre eux, ainsi que l'attache du système à la structure portante se fait par simple boulonnage, sans outillage spécifique. Des plaques de fermeture aux extrémités permettent d'éviter les torsions du profilé et de maintenir les chariots dans le chemin de roulement en fin de voie.

UN MANIPULATEUR INTELLIGENT

- Conçu par l'italien Indeva Scaglia, le Liftronic Equilibreur Universel est un manipulateur compatible avec tous les systèmes de prise à actionnement motorisé. Grâce à l'intégration d'un nouveau dispositif à microprocesseur, il ajuste automatiquement l'équilibrage à la charge appliquée. « Par rapport à un palan ou à un manipulateur pneumatique, le Liftronic offre une vitesse de déplacement supérieure et une plus grande précision dans le positionnement de la charge », affirme le constructeur. Liftronic est doté d'un frein mécanique en cas de coupure d'alimentation et d'un frein moteur qui limite les vitesses de descente excessives. Il peut être fixé aussi bien sur une colonne qu'au plafond ou à un chariot glissant sur des rails aériens.

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°HS903

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2008 d'Industries & Technologies

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrits. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire Industrie & Technologies

Nous vous recommandons

Le palan sans balancements

Le palan sans balancements

- Grâce à un variateur électronique de vitesse, ce palan à câble de Demag assure le déplacement des charges sans à-coup.Le balancement d'une charge à[…]

01/06/2004 | Innovations LEVAGE
Plus d'articles