Nous suivre Industrie Techno

abonné

Analyse

L'écran interactif conquiert l'atelier

Frédéric Monflierredaction@industrie-technologies.com

Sujets relatifs :

, ,
L'écran interactif conquiert l'atelier

Les grands écrans tactiles entrent dans les ateliers. Leur taille, leur connectivité et l’interactivité qu’ils offrent en font les outils idéaux pour accompagner la digitalisation de l’usine.

Le traditionnel panneau d’affichage de l’atelier change d’ère et se numérise. De plus en plus d’industriels installent un écran interactif et tactile à proximité des lignes de fabrication, dans le cadre de leur digitalisation. « Nos écrans remplissent trois fonctions : suivre des indicateurs, fournir un support d’animation lors des réunions de production et partager des informations, les documents de n’importe quelle usine étant accessibles, témoigne Montserrat De la Fuente, directrice du programme d’excellence industrielle chez Saint-Gobain. Ils sont déployés dans plus d’une centaine d’usines, en France et à l’étranger. Le papier disparaît de l’atelier et l’environnement de travail gagne en propreté. »

Ces écrans interactifs émanent des industriels de l’affichage (Samsung, NEC, Sharp…), de marques spécialisées (Easypitch, Smart, Promethean…) et, depuis peu, des géants du numérique comme Microsoft et Google. Réservés d’ordinaire aux salles de classe, de réunion ou aux surfaces commerciales, ils conviennent à la plupart des environnements industriels. La dalle est généralement recouverte d’une couche en verre anti-chocs et certains modèles sont prévus pour fonctionner sans discontinuer (24 heures sur 24, 7 jours sur 7). Tous ces écrans peuvent se connecter à une infrastructure réseau, via le Wi-Fi ou ethernet. Dès lors, ils sont susceptibles de se synchroniser à un serveur, où les données sont consolidées de façon continue. « L’actualisation des données est instantanée : la bonne information est livrée au bon moment », précise Montserrat De la Fuente.

Illustration avec des écrans Easypitch, opérationnels depuis plus de deux ans à l’usine de Saint-Gobain Sekurit de Thourotte (Oise). « En lien avec notre ERP (enterprise ressource planning), ils relaient la principale donnée macro, à savoir le nombre de bonnes pièces produites par heure, explique David Pinturaud, responsable des opérations sur site. Si besoin, des données plus précises peuvent être visualisées afin d’affiner l’analyse : durée de réglage des machines ou des arrêts en cas de panne… Auparavant, il nous fallait télécharger les données sur un ordinateur, les post-traiter dans un tableau Excel avant d’obtenir les indicateurs quotidiens et une synthèse mensuelle. Aujourd’hui, grâce à l’écran interactif, les variations et les anomalies sont aussitôt identifiées. »

Management visuel

Les fabricants ont déployé une large gamme d’écrans, dont les prix vont de 1 000 à plus de 10 000 euros. Les coûts augmentent en fonction de la taille et de la définition de la dalle tactile. Ces deux caractéristiques vont généralement de pair : de 50-55 pouces en full HD (1 920 x 1 080 pixels) à 86 pouces en ultra-haute définition (UHD) (3 840 x 2 160 pixels), bien que des dalles de 55 pouces UHD soient également disponibles. La technologie tactile influe aussi sur le prix. L’infrarouge, émis par des barrettes LED fixées sur le pourtour de l’écran, se destine à l’entrée et au milieu de gamme. Des perfectionnements récents, comme Inglass ou ShadowSense, améliorent sa précision et sa réactivité. Cantonné au haut de gamme mais tendant à se démocratiser, le capacitif projeté est le plus performant aujourd’hui. Le nombre de points de contacts gérés en simultané, de quelques-uns à quelques dizaines, est à prendre en compte dans un cadre collaboratif.

Le visual management et le lean management sont parmi les principaux bénéficiaires de cette grande surface d’affichage. Plus c’est grand, plus l’impact visuel se renforce. Ainsi chez ELM.Leblanc (Bosch), fabricant d’appareils de chauffage et de climatisation, le grand écran de 65 pouces qui équipe le site de Drancy (Seine-Saint-Denis) va être remplacé par un mur d’écrans [lire l’encadré page 45]. « C’est le centre névralgique – indicateurs, plans d’actions, formations… – où se réunissent tous les métiers chaque matin à[…]

Pour lire la totalité de cet article, ABONNEZ-VOUS

Déjà abonné ?

Mot de passe perdu

Pas encore abonné ?

vous lisez un article d'Industries & Technologies N°1023

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2019 d'Industries & Technologies