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L’éclairage public consomme moins

Jean-François Preveraud
L’éclairage public consomme moins

L'une des premières lanternes qui équipa Paris

© DR

Indispensable à la sécurité publique, l’éclairage des rues est énergivore, c’est pourquoi au fil des siècles il a toujours été le champ d’expression de technologies novatrices conciliant au mieux des savoirs de l’époque, économie, écologie et efficacité énergétique.

Paris : la Ville Lumière ! Une superbe image de marque, mais aussi une sacrée facture ! C’est pourquoi depuis 2011 la Ville de Paris met en œuvre un Marché à performance énergétique (MPE), afin de diminuer la consommation d’énergie des 201 000 lampes d’éclairage public et d’illumination, ainsi que des 144 000 sources de signalisation lumineuse. L’objectif étant dans le cadre du Plan climat énergie, que le MPE contribue à réduire de 30 % de la consommation d’énergie de la ville d’ici 2020.

Des questions économiques ; écologiques et d’efficacité énergétique qui ont toujours préoccupé nos édiles. Ainsi dès Saint-Louis, un projet datant de 1258 visait à éclairer les rues la nuit pour combattre l’insécurité, mais il fut inappliqué à cause des risques d'incendie. De projets en décrets restés lettres mortes, il fallut attendre Henri II pour qu’en 1558 un système de falots soit implanté aux carrefours, fonctionnant de 10 heures du soir à 4 heures du matin. Mais l'opération fit long feu car les habitants se plaignaient de la fumée émise. La pollution déjà !

Finalement, c'est sous le règne de Louis XIV en 1667 que le lieutenant général de police Nicolas de la Reynie mit en place dans la ville un système de lanternes équipées de chandelles à mèche charbonnée qu’il fallait couper toutes les heures. Il fonctionnait du 1er novembre au 1er mars. Le premier éclairage public était né. Ce système fut généralisé à l'ensemble des grandes villes du Royaume par un édit de 1697. En 1729 Paris était ainsi éclairé par 5 772 lanternes.

Du réverbère au bec de gaz

Pour améliorer l’éclairage des rues, le comte Charles-Marie-Antoine de Sartine, lieutenant de police de Paris, organise en 1759 un concours doté de 2 000 livres de récompense pour trouver un système conciliant clarté, économie et facilité de service. Il est remporté par l’ingénieur Bourgeois de Châteaublanc qui depuis 1744 mettait au point la lanterne à réverbère. Elle utilise une mèche de coton cirée plongée dans de l'huile de tripes que l'on fait brûler. Outre une plus longue durée de fonctionnement, une plaque en métal argenté placée au dessus de la flamme réverbère efficacement la lumière vers le sol. En 1788, l'huile de tripes est remplacée par l'huile de colza, moins coûteuse, moins nauséabonde et fournissant une flamme plus blanche. En 1830, près de 13 000 lanternes éclairent Paris.

Evolution fondamentale, les premières lanternes à becs de gaz sont mises en service en 1829. Un système qui se généralisa rapidement puisqu’en 1870 près de 21 000 ‘‘becs de gaz’’ éclairent Paris. Une technologie qui eut la vie dure puisque les dernières lanternes au gaz disparaîtront en France au milieu des années 1960.

L’arrivée de la fée électricité

Période durant laquelle elle fut confronté à l’éclairage électrique qui fit sont apparition en 1878 sous la forme de lampes à arc. Mais c’est l'arrivée puis la démocratisation de la lampe à incandescence à filament de tungstène qui marquera réellement l'essor de l'éclairage à l'électricité au début du 20e siècle. De nombreuses innovations technologiques marquèrent ce siècle, notamment les lampes à décharge : les lampes à vapeur de sodium en 1932 ; les lampes fluorescentes qui se généralisèrent à partir de 1945, sous forme de tubes puis de ballons ; les lampes à iodures métalliques à partir de 1965 et qui se généralisèrent dans les années 90. Jusqu’aux éclairages basse consommation à LED qui commencent à les remplacer.

Dernier exemple en date à Paris la modernisation de l’éclairage et des illuminations de la place de la Concorde qui vient d’être achevée, après un an de travaux. Les anciens luminaires, obsolètes et énergivores – 507 000 kWh/an au total - ont été remplacés par des lampes à iodure métallique de dernière génération, afin de conserver l’éclairage blanc chaud actuel. Désormais, la consommation énergétique est de 115 500 kWh/an, soit une baisse de 77 %. De côté des illuminations, qui représentaient une consommation de 111 500 kWh/an, le passage à des lampes à basse consommation et l’harmonisation des horaires d’allumage et d’extinction, a permis de faire passer la consommation à 12 500 kWh /an, soit une baisse de 89 %. Un investissement total de 362 000 euros, qui sera amorti en trois ans.

Bref, avec ces nouveaux éclairages et illuminations de la place de la Concorde, on fait plus beau en consommant moins et mieux.

Et ça c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://phozagora.free.fr

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