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L'eau, l'air et les gaz passés au crible

Youssef Belgnaoui
Paris, 30 janvier - 1er février 2007. Les réglementations évoluent, les dangers sont mieux identifiés, les instruments ajustent leurs performances pour suivre les traces de polluants et les éléments dangereux dans les effluents.

Peu de salons professionnels peuvent se vanter d'une telle stabilité et d'une telle longévité ! En vingt ans, le Salon de l'analyse industrielle n'a pas changé d'orientation ni de ligne de conduite. Il est resté un rendez-vous de spécialistes. Dans les allées, point de tapage. Sur les stands, pas de décorations extravagantes ni de folie des grandeurs : à quelques exceptions près, quasiment tous les exposants disposent de la même surface de stand sur lequel on parle technique de détection, de mesure à l'émission, de sécurité et de réglementation.

Depuis sa première édition, qui s'est tenue dans un hôtel en 1987, la manifestation a pris de l'ampleur et est devenue un rendez-vous incontournable. Pour preuve, de dix-huit exposants la première année, elle en a accueilli un peu plus de soixante-dix cette année. Au fil des ans, les grands noms de l'instrumentation de process, qui boudent d'autres manifestations qui leur sont a priori destinées, y sont restés fidèles. Cette année encore, on y a retrouvé ABB, Emerson Process Management, Honeywell, Siemens et Yokogawa.

Des analyses plus précises et plus simples

La 20e édition voit le retour d'Endress+Hauser, un spécialiste de l'instrumentation de process, après douze ans d'absence. La raison ? Depuis l'acquisition de la société Stip, il dispose d'une large gamme d'analyseurs en ligne de la matière organique dans l'eau. Différents principes de mesure sont proposés pour les évaluations du COT (carbone organique total), de la DBO (demande biochimique en oxygène) ou encore de la DCO (demande chimique en oxygène). « Il ne s'agit pas là d'analyseurs de laboratoire adaptés à la mesure sur site. Ils ont été conçus dans la même philosophie que nos appareils de process en facilitant leur maintenance et en simplifiant les circuits hydrauliques », souligne Matthieu Bauer, responsable analyse de l'entreprise.

Analyse d'effluents, encore. Le BioTector Serie 4, conçu par Pollution Control Systems et commercialisé en France par Apollo Instruments, dispose désormais d'une nouvelle fonctionnalité. Cet analyseur de COT, qui exploite une technologie brevetée d'oxydation autonettoyante, intègre aujourd'hui le module d'analyse TN (nitrate total). Le module d'analyse TP (phosphate total) sera, quant à lui, disponible au 1er semestre 2007. Aucune oxydation supplémentaire, ni autre réactif n'est nécessaire durant l'analyse TN car le process d'oxydation du Biotector réduit toutes les liaisons azote et azote libre à l'état de nitrates NO3. Lorsque l'analyse de COT est terminée, le liquide oxydé est envoyé directement vers la cellule de mesure. L'analyse de l'azote est effectuée de manière non destructive en utilisant une rangée de photodiodes.

Avec son analyseur Orbisphere G1100, Hach vise, quant à lui, les applications exigeant de l'eau pure. Cet appareil mesure des traces d'oxygène dissous dans l'eau à partir de 5 ppb. Il exploite une technologie de mesure par un capteur luminescent en lieu et place d'une électrode (principe d'oxydoréduction) sujette à l'encrassement. Résultat, sa maintenance est réduite et il n'exige pas de produits chimiques, pas d'électrolyte ou de membrane pour fonctionner. Grâce à une bouteille d'azote et à un dispositif d'injection, le réglage du zéro du G1100 se fait automatiquement.

Emerson, qui avait fait l'impasse sur le salon l'an dernier, y revient avec la solution d'analyse de gaz de procédé X-Stream. Cet appareil vient se placer entre ses modèles d'entrée et de haut de gammes. Il est donc plus attractif en termes de prix que le matériel haut de gamme mais offre des sensibilités de mesure inférieures. Il présente en revanche des capacités de mesure sur des gaz, tels que le NO, NO2 et SO2, que ne permet pas le matériel bas de gamme. X-Stream accepte deux canaux exploitant l'une des trois technologies de mesure : infrarouge (CO, CO2, NO, NO2, etc.), conductivité thermique (hydrogène), paramagnétique (oxygène). Il se présente dans trois configurations : dans un boîtier monté en rack 19 pouces pour une installation en zone sûre, dans un coffret industriel pressurisé en acier Inox (NEMA 4X/IP 66) pour un montage mural dans les zones dangereuses (zones 1 ou 2) et dans une enceinte antidéflagrante en aluminium moulé pour un montage mural en extérieur et en zone dangereuse (classe 1, zone 1).

Les gaz de combustion surveillés en continu

Installé au pied d'une cheminée, l'analyseur MCS100 FT de Sick Maihak, fonctionnant à partir d'un spectromètre infrarouge à transformées de Fourier (FT-IR), mesure plusieurs gaz simultanément. Il n'avait pas les capacités de mesure de fluorure d'hydrogène (HF). C'est désormais possible.

Environnement SA se soucie également des gaz émis dans les grandes installations de combustion. Le français a conçu un système d'analyse en continu spécialement intégré dans un châssis. Le MIR-IS-GIC est dimensionné pour les installations de combustion de plus de 20 MWth. Le dispositif de prélèvement a été adapté pour être facilement mis en oeuvre sur les conduites de cheminée. Un système de multiplexage autorise l'analyse de 1 à 4 points de mesure par l'analyseur par infrarouge qui dispose d'une certification anglaise (MCERT) et française (NF IE). La certification des analyseurs est primordiale puisque les analyses sont réalisées pour vérifier les conformités aux réglementations du niveau d'émission de gaz.

Le salon a été l'occasion, pour Environnement SA, d'annoncer l'acquisition de la division Amesa de l'allemand Becker Messtechnik. Du coup, il possède un système de surveillance en continu des dioxines et furanes à l'émission qui présente la particularité d'afficher une double évaluation. Celle de l'organisme allemand Tüv et celle de l'anglais MCERT conformément aux méthodes NF EN 1948-1 et US EPA 23A.

Ametek, enfin, s'intéresse à la mesure de l'eau dans le gaz. Le modèle 5100-NCM a délaissé la technologie par quartz oscillant pour une mesure optique par diode laser sans contact. Ce qui évite les problèmes d'encrassement et de corrosion. Annoncé pour le salon, le produit a toutefois raté son rendez-vous. Le modèle de démonstration était absent du stand du constructeur mais ce dernier assure qu'il est disponible et offre les capacités de mesure de la concentration directement dans le process entre 5 et 2 500 ppm (volume).

VU AU SALON

La DCO surveillée en continu > Le Phoenix 1010 fait partie de la nouvelle gamme d'analyseurs d'Endress+Hauser. C'est un analyseur de DCO (demande chimique en oxygène) en continu pour la surveillance de l'entrée et de la sortie des stations d'épuration et le contrôle des déversements industriels.

Chromatographe de process > Le NGC 8200 est la nouvelle génération de chromatographes d'ABB. Il a gagné en compacité et dispose désormais d'un écran de contrôle. Se présentant comme un transmetteur disposant du module de chromatographie et de l'unité de traitement, il est dédié aux mesures des constituants des gaz naturels.

Mesure de Fluorure d'hydrogène > Une cellule spécifique a été intégrée dans l'analyseur MCS100 FT de Sick Maihak pour mesurer des traces de fluorure d'hydrogène (HF) entre 0 et 1,5 mg/Nm3. Un appareil séparé n'est plus nécessaire pour relever ce paramètre.

Analyseur de gaz portable > Le 5100 de Servomex est remarquable par sa compacité et son poids d'environ 2 kg. Cet instrument de mesure d'O2 (capteur paramagnétique) ou de CO2 (infrarouge) se caractérise par sa certification Atex qui l'autorise à opérer dans les zones à risque d'explosion (zone 1).

DÉCOUVERT AU SALONDU NOUVEAU DANS LA DÉTECTION

- L'Ultima X3 de MSA Gallet accepte trois types de capteurs sur la même tête de détection. Il reçoit ainsi, selon les risques à surveiller, un capteur d'oxygène, un capteur de gaz toxique et un capteur de gaz inflammable. L'alerte est transmise à un automate via une communication Modbus ou par un contact sec qui peut déclencher une alarme ou couper une électrovanne.- La détection d'explosivité par infrarouge est une technique réputée pour sa faible maintenance. Compur Monitors en fait une technologie faible coût. Son détecteur Statox 501 IR LC, sans afficheur ni transmetteur, est commercialisé à 800 euros. Il faut toutefois lui associer un module de contrôle spécifique. - Pour contrôler qu'un détecteur assure bien sa fonction, il faut lui injecter un gaz de concentration connue. La Dock Station d'Industrial Scientific vérifie automatiquement les détecteurs portables du constructeur. Il possède trois entrées pour l'injection des gaz appropriés. Une connexion Ethernet assure le rapatriement des données d'une ou plusieurs Dock Station vers un PC.

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