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L'e-catalogue, pivot de l'e-business (02/09/2000)

Internet change tout. L'e-catalogue constitue le point d'entrée de toute application de commerce électronique. Il est également au coeur des systèmes d'e-procurement et des places de marché virtuelles. Il aura même un impact profond sur les méthodes de tr





Pas d'e-catalogue


Pas d'e-catalogue ? Pas d'e-commerce. Voilà qui a le mérite d'être clair. Si vous ne mettez pas le catalogue de vos produits en ligne sur votre site, il y a bien peu de chances que vous vendiez quoi que ce soit via le net. Pour cette raison, le catalogue électronique mérite bien d'être considéré comme la brique de base de toute application de commerce électronique.


C'est simple. Mais, en réalité, pas aussi simple qu'on pourrait le souhaiter. D'abord parce que le commerce électronique au sens strict, celui qui implique une vente en ligne, n'est pas la seule raison qui peut pousser une entreprise à exhiber ses produits sur le Net. Chez Dosapro, fabricant de pompes doseuses, par exemple (lire page 175), l'e-commerce est loin d'être la motivation première.


Moralité, si vous croyez pouvoir vous passer de ce type de catalogue parce que vous ne projetez aucune vente en ligne dans un proche avenir, vous risquez de vous casser le nez. Dès lors qu'un de vos concurrents offrira un service autour de son catalogue électronique - ne serait ce qu'une information complète et précise sur ses produits -, il vous faudra suivre.


Pas simple ? En fait, s'intéresser au catalogue peut même devenir une affaire très complexe. Aussi complexe que l'e-commerce au sens large, celui que l'on baptise e-business. E-business, c'est-à-dire toutes les transactions interentreprises (le fameux B to B), mais également les échanges d'information intra-entreprise. Ici, le catalogue électronique n'est plus que la partie émergée de l'immense iceberg que constitue une application d'e-business. Il en constitue cependant le pivot.


Ce faisant, on s'aperçoit que l'application "catalogue électronique" est bien plus riche qu'on pouvait le supposer. Et qu'il existe en fait trois grandes familles d'e-catalogues, très différentes dans leur objet.


La première et la plus évidente est celle du catalogue "vendeur". C'est celle de l'entreprise qui désire exposer, promouvoir ou vendre des produits depuis son site. Cette application va largement au-delà de la seule la transposition électronique du catalogue papier.


La seconde, fille de l'e-business, est celle du catalogue "acheteur". Il ne s'agit plus de montrer ses produits à l'extérieur mais, pour les grandes entreprises, d'exposer en interne, les produits de l'extérieur. Un tel catalogue de fournisseurs à usage interne est la base de toute application d'e-procurement, autrement dit, et en français, d'achat électronique de fournitures. Lorsque son contenu se fait technique, ce type de catalogue devient la bible électronique des bureaux d'études pour la sélection et l'approvisionnement en composants.


Enfin, le catalogue électronique est l'ingrédient de base de tout "exchange" et de toute "market place", ces sites où se rencontrent acheteurs de fournisseurs d'une industrie, stade ultime, selon certains, du "e-commerce B to B".


Chacune de ces grandes applications possède sa propre logique. Elles n'ont cependant pas vocation à rester séparées. Cette évolution rend cruciale la réflexion préalable au choix d'une solution de catalogue électronique. Typiquement, la PMI qui ne souhaite aujourd'hui qu'exhiber ses produits sera peut-être amenée demain à les vendre en ligne et, après-demain, à faire partie de l'exchange qui se sera imposé dans son industrie. Dans tous les cas, qui figurera au coeur de l'application ? L'e-catalogue bien sûr !


Catalogue "vendeur" : exhiber ne suffit pas


Il ne manque pas d'arguments chocs pour justifier un "e-catalogue". Il donne immédiatement à votre production une visibilité mondiale. Son coût n'est en rien comparable à la dépense récurrente engendrée par son homologue papier. (Une PMI d'une centaine de personnes comme Doublet avoue dépenser chaque année quelque 400 000 francs en frais postaux rien que pour distribuer les 55 000 exemplaires de son catalogue papier). Autre argument : le Web permet d'offrir un catalogue mis à jour en temps réel. Il permet également d'étudier les "clics" des visiteurs et de déterminer ainsi les produits qui les intéressent le plus.


Bien. Mais la grande affaire n'est pas là. Elle se situe dans la rupture radicale que crée l'utilisation du Web. Pour l'entreprise qui en dispose, l'e-catalogue représente en effet la possibilité de fournir à ses clients une large palette de services inédits autour de son produit.


Un exemple ? Le Web permet à l'internaute de trouver très précisément le produit qu'il cherche. C'est la moindre des choses et ce que se proposent de réaliser les différents logiciels de création de catalogue électronique. Mais, une fois le produit identifié, tout commence. Rien ne vous empêche de mettre à disposition du client une quantité illimitée d'informations concernant le produit qui l'intéresse. Sa photo, bien sûr, son prix, pourquoi pas, mais, surtout, tout le détail des informations commerciales et techniques et jusqu'à son plan en CAO afin que l'utilisateur l'intègre à ses propres études. C'est justement ce que se propose de faire Dosapro (page 175). Et en la matière il n'y a aucune limite au volume d'information fourni. L'édition sur le Web est quasi gratuite. Seules les idées peuvent manquer.


Un cran plus loin avec, cette fois, l'exploitation de l'interactivité du catalogue électronique. Pour les produits non standard, elle donne aux internautes l'opportunité de configurer très exactement le produit selon leurs besoins. Ici, Dell qui permet à ses clients de choisir les caractéristiques de "leurs" PC, est cité comme modèle par tous les gourous de l'e-business. Il n'est pas nécessaire d'être Dell, ni fabricant de PC, ni même américain, pour proposer un tel service. Dosapro, encore lui, s'apprête à le faire pour ses pompes. Quant à Doublet - fabricant de drapeau - il va offrir à ses clients la capacité de dessiner en ligne son propre drapeau.


Bien sûr le stade ultime est celui du commerce électronique avec vente en ligne. Dans ce cas, le catalogue a vite fait de disparaître derrière l'ensemble des développements nécessaires à la mise en place d'une vraie application d'e-commerce. Mais il en constitue le coeur. C'est normal. Tout démarre toujours avec le choix, et la configuration, du produit. Bref, l'e-catalogue "vendeur" est bien moins anodin qu'il n'y paraît.


En exploiter le potentiel conduit à mettre en place des systèmes qui peuvent vite devenir complexes. Ainsi, toute réalisation un peu évoluée de catalogue électronique ne se conçoit qu'intégrée au reste de l'informatique de l'entreprise. D'une part, pour diffuser en temps réel des informations à jour sur les produits, leurs caractéristiques et leur disponibilité. De l'autre, quand il y a vente en ligne, pour répercuter les prises de commandes dans le système de gestion. Le nec plus ultra, consiste ici à lancer la mise en production d'un produit dès lors que l'internaute clique sur le bouton "commander".


Catalogue "acheteur" : pour les achats indirects


C'est une affaire de grandes entreprises. Mais les petites sont concernées dès lors qu'elles fournissent des premières.


De quoi s'agit-t-il ? D'e- procurement, à savoir des achats indirects des entreprises. L'e-procurement consiste à donner à toute personne habilitée la possibilité de commander depuis son PC des produits dont il a besoin - les fournitures de bureau sont l'exemple typique -, de consolider ces commandes au niveau de l'entreprise et de les passer ensuite aux fournisseurs de manière électronique.


Que faut-il pour cela ? Un logiciel ad hoc - Ariba et Commerce One en sont les éditeurs vedettes - et, vous l'avez deviné : des catalogues électroniques. Ceux des produits "agréés" de tous les fournisseurs de l'entreprise. L'e-catalogue "acheteur" se retrouve donc lui aussi au coeur d'une application, l'e-procurement, qui est aujourd'hui la plus prisée par les grands groupes en matière de commerce électronique.


Changement de décor. Quand ces catalogues internes se destinent aux concepteurs des bureaux d'études l'application prend une toute autre dimension.


L'e-catalogue offre alors des informations techniques sur tous les composants utilisés par l'entreprise. Il devient du coup un véritable outil d'aide à la conception qui change profondément les pratiques de sélection de produits des bureaux d'études. Ici, l'industrie électronique montre la voie.


Dans cette industrie, le cycle très rapide de renouvellement des produits impose en effet des outils très performants d'aide à la conception. Pour elle, Aspect Development a ainsi crée d'imposants catalogues de composants (plusieurs millions d'articles), Saqqara a mis au point de volumineux annuaires de fournisseurs. Le principe consiste à aller chercher dans ces véritables bases de données, les composants correspondant aux besoins des concepteurs.


Des logiciels complémentaires d'aide à la décision permettent, chez Aspect, d'affiner cette recherche, d'effectuer des comparaisons, et de rationaliser les choix en fonctions de critères de sélection prédéterminés.


On peut aller plus loin et, au cas où les données internes ne suffisent pas à identifier le composant convoité, étendre la recherche aux catalogues disponibles sur les sites des fournisseurs (lire l'encadré). C'est un processus qui commence à se mettre en place dans l'industrie électronique. Il préfigure, sans conteste, ce que sera demain le quotidien de tout grand bureau d'études.


Le casse-tête de l'exchange


Pour désigner ces sites Web où se rencontrent l'offre et la demande, le vocabulaire est encore très flou. On parle d'"exchange", de "net market", d'"e-marketplace" ou... de place de marché virtuelle. Peu importe le terme. Outre les enchères, les appels d'offres et tout ce qui agrémente ce type de site, qu'y trouve-t-on ? Des e-catalogues bien entendu ! Une "agrégation de catalogues" de tous les fournisseurs qui participent à la place de marché en question.


Pour ceux qui n'ont pas créé leur e-catalogue, le développement inéluctable de ces places de marché constituera sans aucun doute une motivation très forte pour y passer. Sous peine de se voir exclu du "net market" de son industrie.


Cela dit, cette arrivée des exchanges soulève un problème qui, jusque-là, ne se posait pas avec acuité. En l'absence de norme, il y a autant de standards que d'éditeurs de logiciels dédiés aux places de marché. Chaque net market possède son propre vocabulaire, son propre format de données, sa structuration spécifique des données etc. Résultat, puisqu'il y a de très fortes chances qu'un fournisseur soit amené à participer à plusieurs d'entre elles, son catalogue ne pourra communiquer de façon satisfaisante dans tous les cas. D'où le sérieux casse-tête qui se pose aux postulants à la modernité : comment s'y prendre pour dialoguer avec plusieurs systèmes incompatibles ? Cette question est si cruciale pour le développement des places de marché qu'elle commence déjà à recevoir ses premières réponses.


Dans tous les cas, il s'agit d'insérer entre le catalogue fournisseur et l'acheteur une "moulinette" qui effectue la traduction des données. Cela de façon à présenter les données du catalogue fournisseur sous une forme et un format compatibles avec les caractéristiques logicielles de chaque place de marché et des systèmes d'information de chaque l'acheteur. Certains (voir page 171) proposent ainsi d'installer sur chaque netmarket un serveur et un logiciel qui effectuent cette traduction en fonction des caractéristiques de l'informatique des acheteurs. D'autres proposent cette "traduction" et l'adaptation aux normes de chaque exchange, comme un service (voir page 171). Avec ce type de développement, l'application e-catalogue atteint un sérieux niveau de complexité. Quand on songe qu'elle ne constitue qu'une infime partie de la mise en œuvre d'une solution d'e-business, on mesure le travail à accomplir. Comme dit (à peu près) la chanson : " there's no business like e-business ". Autrement dit : il y a du pain sur la planche...


Bureaux d'études : Comment trouver la perle rare ?


Aux États-Unis, Saqqara met en place chez Lucent Technologies une application intégrant fortement catalogues internes et externes pour les BE.

Si l'ingénieur de conception ne trouve pas le composant électronique dont il a besoin dans ses catalogues internes, il est aiguillé par les annuaires de Saqqara, vers des sites - et donc des catalogues - de fournisseurs. Une fois trouvé sur l'un de ces sites le composant dont il rêve, un processus assez complexe se met en place. Le composant choisi est validé et rapatrié dans la base de données interne à l'entreprise. En outre, un autre "moulinette" traduit les informations concernant le composant sous un format propre à l'industrie électronique (RosettaNet), et cela quels que soient sa présentation et son format d'origine.




Franck Barnu

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