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C’est pas nouveau, quoique !

L’aventure spatiale française a 50 ans

Jean-François Preveraud
L’aventure spatiale française a 50 ans

Le lancement de Diamant avec Astérix le 26 novembre 1965

© CNES

Le CNES commémore cette semaine les 50 ans du lancement de la fusée Diamant et la mise sur orbite d’Astérix, premier lanceur et satellite de conception et de réalisation française. Ce fut le premier pas réussi d’un long chemin qui aboutit au succès d’Ariane.

26 novembre 1965, sur la base du Centre interarmées d'essais d'engins spéciaux d’Hammaguir, aux confins du désert algérien, la pression est à son comble, la France va procéder au lancement de son premier satellite de 39 kg A1, Astérix pour les intimes, grâce à une fusée Diamant-A de conception et de fabrication française. Il s’agissait ni plus ni moins que de faire entrer la France dans le club très fermé des puissances spatiales.

En effet, après l’Union Soviétique, qui a lancé le Spoutnik 1 le 4 octobre 1957, et les États-Unis, qui ont lancé Explorer 1 le 31 janvier 1958, la France voulait prouver ainsi qu’elle faisait partie des ‘‘grandes puissances’’, en démontrant au monde la capacité de ses ingénieurs, techniciens et scientifiques à résoudre les difficultés d’un grand projet faisant appel aux hautes technologies.

A 15 heures 47 minutes 21 secondes, la petite fusée Diamant haute de 19 m arrachait, grâce aux 269 kN de poussée de son premier étage, ses 18 tonnes de son pas de tir. Quelques dizaine de minutes plus tard, Astérix est placé en orbite. Malheureusement, ses antennes radio ont été endommagées lors de la séparation de la coiffe et Astérix reste muet. Ironie du sort, ce sont les Américains avec leurs radars de suivi - ils sont forts intéressés par les expérimentations françaises - qui confirmeront la satellisation d’Astérix ! Celui-ci est placé sur une orbite basse elliptique faisant le tour de la Terre en 107,5 minutes avec un périgée de 527 km, un apogée de 1 697 km et une inclinaison de 34,3°. Mais le pari est gagné, la France est devenu le troisième pays capable de placer en orbite un satellite artificiel.

Du missile balistique au lanceur spatial

Le développement de la fusée Diamant s’appuie sur les études faites depuis 1959, par la Société pour l'étude et la réalisation d'engins balistiques (SEREB), société de droit privé fiancée par le Ministère de la Défense pour développer des missiles balistiques porteurs de l'arme atomique française. En effet, le président Charles de Gaulle, outre la dissuasion nucléaire qu’il estime indispensable dans le climat de la ‘‘Guerre froide’’, entend que la France face aussi partie de la ‘‘Course à l’espace’’ lancée par les soviétiques et les américains. Aussi donne-t-il son accord au début de 1959 pour créer le Comité de Recherches Spatiales (CRS), avec pour mission de positionner la France dans ce domaine. Un comité qui va utiliser les travaux fait sur le missile balistique pour développer à moindre frais un lanceur spatial. Ce sera le programme des ‘‘pierres précieuses’’, qui verra entre 1961 et 1965 le développement par la SEREB d’un ensemble de lanceurs (Agate ; Topaze ; Émeraude ; Rubis ; Saphir) qui permettront la mise au point des principaux composants et équipements de Diamant. Dès la fin 1961, le Centre national d'études spatiales (CNES) sera créé pour coordonner l’ensemble des activités spatiales françaises.

A l’origine du CNES et d’Ariane

« Le lancement réussi de Diamant, dont nous commémorons aujourd’hui le 50e anniversaire, a valeur de symbole car il a représenté la première concrétisation de la politique spatiale française, mise en œuvre par le CNES alors récemment créé. Diamant a constitué le socle de ce qu’est devenu depuis notre Etablissement, fort de multiples succès qui ont permis à la France de figurer dans le peloton de tête des grandes nations du spatial. Cette position nous permet aujourd’hui d’aborder en étant le mieux armé possible les principaux défis du futur, l’accès à l’espace, l’étude du climat et les prochaines missions d’exploration, soit par l’intermédiaire de l’ESA, dont le CNES est le principal contributeur, soit directement grâce à des alliances avec les agences spatiales mondiales », a tenu à rappeler Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, lors de la célébration de cet anniversaire.

Effectivement, il est vite apparu que pour supporter les coûts et bénéficier d’une puissance industrielle conséquente, il valait mieux raisonner au niveau européen que national. Cela se traduira par le lancement en 1973 du programme de lanceurs civils européens de satellites, Ariane, financé par la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, puis par la création d’une Agence spatiale européenne (ESA) en 1975, qui mutualise aujourd’hui les efforts de 20 pays pour développer les lanceurs, les véhicules spatiaux et les installations sol dont l’Europe a besoin pour être autonome dans le domaine spatial.

D’Ariane 1 à Ariane 6

La première Ariane 1 a pris son envol le 24 décembre 1979depuis la base de Kourou en Guyane française. Depuis plusieurs versions toujours plus puissantes se sont succédées, afin de pouvoir mettre en orbite des satellites toujours plus gros. 191 lancements ont été effectués avec un taux de réussite supérieur à 90 % ce qui est remarquable dans ce domaine. Ariane 5 qui est apparue en 1996 avec une charge utile de 6,9 t a connu une évolution majeure en 2002 portant sa charge utile à 9,2 t. Des performances qui lui ont permis de rencontrer un vrai succès commercial avec plus de 50 % de part de marché sur le segment du lancement des satellites commerciaux en orbite géostationnaire, qui représente entre 20 et 25 satellites par an, soit ¼ de tous les satellites lancés chaque année. Une autre évolution importante est en cours pour porter sa charge utile à 12 t, la version ME (Midlife Evolution). Le premier vol est prévu en 2017 ou 2019

Enfin, les études pour développer à horizon 2025 une Ariane 6 sont déjà lancées, c’est le Future Launcher Preparatory Program (FLPP), dont les objectifs principaux sont de diminuer le coût du kilogramme placé en orbite et la probabilité d'un échec au lancement.

Et ça c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : https://cnes.fr/

 

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