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« L’automatisation de l’industrie française est trop lente ! », déplorent le Gimelec et le Symop

« L’automatisation de l’industrie française est trop lente ! », déplorent le Gimelec et le Symop

Max Blanchet est venu présenter l'étude menée par Accenture, dans une salle de conférence du Medef, le 16 décembre 2019.

© Kevin Poireault

Une étude, commandée par les groupements professionnels Gimelec et Symop à Accenture, dresse les faiblesses de l’industrie française. Cette dernière n’a pas assez pris le virage du numérique et doit impérativement moderniser son outil de production si elle veut combler son retard sur ses voisins européens.

« 30% des entreprises françaises interrogées disent ne pas connaître les outils numérique de l’industrie 4.0, c’est très préoccupant », alerte Max Blanchet, directeur général du cabinet de conseil Accenture Strategy, face à un parterre d’industriels rassemblés ce lundi 16 décembre au siège du Medef, à Paris. A quelques semaines du lancement officiel du Pacte productif voulu par le gouvernement pour relancer l’industrie française, l’Alliance Industrie du Futur, le Groupement des entreprises de la filière électronumérique française (Gimelec) et le Syndicat des machines et technologies de production (Symop) ont commandé à Accenture une étude sur « les leviers pour intégrer l’Industrie du Futur d’ici à 2025 ». 

Seules 14% des entreprises françaises ont une stratégie numérique

Parmi les faiblesses identifiées par l’étude, Max Blanchet a notamment insisté sur la lente adoption du numérique : « Hors du secteur automobile, l’utilisation des outils numériques et l’automatisation de l’industrie française est trop lente comparée à celle de l’Italie ou à celle de l’Allemagne, par exemple. » L’étude montre que seule 14% des entreprises « ont partiellement déployé une solution numérique » et seules 2% « l’ont totalement déployée ». Par exemple, 81% des entreprises françaises « ne connaissent pas ou ne développent pas des véhicules guidés autonomes (AGV) ».

Pour pallier ces manques, le secteur manufacturier français devrait, selon l'étude, miser sur les nouveaux moyens de communications entre machines et « investir 10 à 15 milliard d’euros dans l’infrastructure 5G et la fibre ». Un travail de modernisation qui a commencé, assure Max Blanchet : « De 2012 à aujourd’hui, l’âge moyen des machines-outils en France est passé de 19 à 17 ans, soit le même qu’en Allemagne. »

Selon cette étude, le poids économique de notre industrie manufacturière s’est « stabilisé » depuis la dernière étude du genre, publiée en 2012, mais elle ne représente toujours qu’11% du PIB français contre 25% en Allemagne. Ce chiffre monte à 25% si l’on ajoute les « services à caractères industriels » comme le fret ou l’ingénierie de construction – une « industrie étendue » qui représente 36% du PIB en Allemagne.

Un président pour la future filière française de machines-outils

« Je vous donne un scoop, la filière des fabricants industriels français, représenté par le Comité de filière des machines et solutions intelligentes, a un nouveau président : le président de Fives, Frédéric Sanchez ! clame Constant Bernard, président du Symop. Ce comité sera très bientôt labellisé, c’est-à-dire que le Premier ministre Edouard Philippe lui confiera une mission officielle. Rendez-vous le 2 avril sur le salon Global Industrie. »

Cette annonce répond à l’une des autres faiblesses identifiées par l’étude d’Accenture : l’offre françaises en équipements et machines est trop peu visible et ne répond pas assez à la demande. « A quoi bon pousser l’industrie à acheter des machines s’il n’y a pas d’offre française ? », maugréait quelques minutes plus tôt Vincent Jauneau, président du Comité Smart UP Industrie du Gimelec.

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