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C’est pas nouveau, quoique !

L’archange Saint Michel va s’envoler

Jean-François Preveraud

Mis à jour le 16/02/2016 à 12h58

L’archange Saint Michel va s’envoler

L'archange Saint Michel va bientôt quitter le sommet de l'abbaye du Mont-Saint-Michel par la voie des airs pour être restauré.

© © Marc Rapilliard / Centre des monuments nationaux

La statue de l’archange Saint Michel qui couronne la flèche de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, touchée par la foudre et corrodée, va être déposée pour être restaurée. Une opération spectaculaire qui doit avoir lieu cette semaine.

Opération spectaculaire que celle prévue jeudi matin au Mont-Saint-Michel. La statue de l’archange doit prendre son envol depuis le haut de la flèche de l’abbaye d’où elle domine la baie à 156 mètres d’altitude, pour rejoindre le continent. Une opération qui sera bien entendu tributaire de la météo. L’archange devrait retrouver sa place, le 22 avril.

En effet, dans le cadre de la restauration et de la mise aux normes du dispositif paratonnerre qui protège l’édifice (450 k€), le Centre des monuments nationaux (CMN) va déposer la statue de l’archange Saint Michel du sommet de la célèbre abbaye et va en profiter pour procéder à sa restauration.

Pour cela, un échafaudage a été installé au somment de la flèche, afin de permettre aux ouvriers de désolidariser la statue en cuivre doré, haute de 4,5 mètres et pesant 410 kg, de la charpente. Elle sera ensuite hélitreuillée jusqu’à la côte, avant de rejoindre les ateliers Socra à Périgueux (24) pour y être restaurée.

La statue a été endommagée par des impacts de foudre, notamment au niveau de la pointe de l’épée qui sert de parafoudre, enlevant de la matière à la structure qu’il va falloir réparer. De même, la dorure réalisée lors de la dernière restauration en 1987 doit être refaite. Pour cela, des prélèvements et analyses seront effectués, en lien avec le Laboratoire de recherche sur les monuments historiques (LRMH), afin de comprendre les causes de la dégradation rapide de celle-ci.

1 300 ans d’histoire

L’archange Saint Michel est le point d’orgue du Mont-Saint-Michel dont la longue histoire aurait commencé en 708, lorsque l’évêque d’Avranches fit élever sur cet îlot un premier sanctuaire en l’honneur de l’archange Saint Michel qui accueillit une petite communauté de chanoines. Des Bénédictins s’y installèrent en 966 et furent à l’origine de l’essor du nouveau monastère. Très vite, l’abbaye devint un lieu de pèlerinage majeur de l’occident chrétien, mais aussi un des centres de la culture médiévale où furent produits et conservés un grand nombre de manuscrits.

Ballotée au fil de l’histoire, l’abbaye fut finalement déclarée ‘‘bien national’’ à la Révolution et sa situation insulaire lui value d’être transformée en 1793 en prison plutôt que d’être démolie, ce qui la sauva. Déclassée en 1863, l’abbaye et le site ont été classés monument historique en 1874 et depuis 1979, le Mont-Saint-Michel dans son ensemble (abbaye, village, baie) est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

                        

La statue de l’archange Saint Michel est, quant à elle, beaucoup plus récente que l’abbaye. Dès le début du XIXe siècle le Mont-Saint-Michel et son abbaye deviennent un lieu touristique, mais son état préoccupe les pouvoirs publics. Ainsi Viollet-le-Duc visita le Mont en 1835, mais il faudra attendre le classement de 1874 au titre des monuments historiques, pour que des travaux urgents de consolidation et de restauration de l’abbaye, soient effectués par Édouard Corroyer, l’un de ses élèves. Afin de ‘‘finir’’ l’édifice, il est décidé ensuite de le surmonter d’une fine flèche néogothique couronnée par une statue de l’archange Saint Michel terrassant avec une épée un dragon représentant le mal.

Coups de foudre et corrosion marine

L’architecte Victor Petitgrand demande alors en 1894 au sculpteur Emmanuel Frémiet, un des rares artistes ayant travaillé avec Viollet-le-Duc au château de Pierrefonds, de réaliser cette statue en s’inspirant d’une statuette en bronze qu’il avait créée en 1879 et commercialisée en de nombreux exemplaires. Après avoir réalisé un modèle en plâtre grandeur nature, l’artiste confie la réalisation de la statue définitive, constituée de plaques de cuivre, aux Ateliers Monduit.

Le 6 août 1897, les pièces constituant la statue de l’archange sont assemblées et montées par les ouvriers au sommet de la flèche de l’abbaye construite par le charpentier Crepaux. L’ensemble est définitivement achevé en 1898.

Placée dans un environnement maritime et frappée à de nombreuses reprises par la foudre, la statue de l’archange s’est dégradée au fil du temps. Cette opération de restauration de grande envergure va permettre de la remettre en état et, après avoir compris le phénomène de corrosion ayant entraîné l’altération du revêtement en feuilles d’or, de procéder à une nouvelle dorure qui sera réalisée par l’entreprise Gohard, après la définition d’un protocole d’intervention établi par le LRMH.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.mont-saint-michel.monuments-nationaux.fr

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