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L'anthropologie au service de la R&D chez Intel

Antoine Cappelle

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L'anthropologie au service de la R&D chez Intel

L'anthropoloque Genevieve Bell est à la tête du groupe de recherche intéraction et expérience d'Intel.

© Intel

Que seront les produits électroniques de demain ? Quels objets séduiront les consommateurs ? Pour tenter de répondre à ces questions, Intel dispose d’un groupe de recherche, mené par une anthropologue, pour étudier les rapports qu’entretiennent les personnes avec leurs objets.

Quelle place ont l’ordinateur ou le téléviseur dans le quotidien des utilisateurs ? Comment sont-ils utilisés, quelle importance leur est accordée ? Pour atteindre sa cible, tout nouveau produit devra se frayer un chemin à travers de nombreux autres objets déjà installés. « Il va falloir convaincre l’utilisateur de débrancher l’un des objets qu’il possède déjà », résume Genevieve Bell, anthropologue spécialisée sur les nouvelles technologies et chercheur chez Intel. Loin des intérieurs aseptisés montrés dans les publicités, les foyers regorgent déjà de nombreux objets électroniques. Un nouvel appareil ne sera adopté que s’il s’y intègre et suscite un réel intérêt. Aussi bien conçus qu’ils puissent êtres, certains n’échappent pas à l’échec commercial, car l’usage théorique, prévu par les ingénieurs, est trop éloigné du contexte réel de son utilisation.  

Comprendre les besoins et l'utilisation

C’est pourquoi, en juin dernier, Intel a ouvert un nouveau laboratoire de recherche et développement, nommé ''intéraction et expérience''. Il est dirigé par Genevieve Bell, qui avait rejoint l’entreprise en 1998. Elle y mène un réel travail d’anthropologie : en se plongeant dans les foyers, elle étudie les rapports qu’entretiennent les gens avec leurs objets. Un moyen de détecter quand certaines évolutions vont à l’encontre des désirs des usagers : « Les gens ne veulent pas changer leur télévision en ordinateur », prévient-elle. « Les mots utilisés pour parler du téléviseur et de l’ordinateur sont très différents. Les gens aiment leur téléviseur ! Et l’une des raisons principales est sa simplicité ». Ainsi, lui ajouter de nouveaux usages au prix d’une complexification de son utilisation n’est pas la meilleure façon de faire évoluer le produit, selon l’anthropologue. Elle illustre son propos en décrivant la consternation des téléspectateurs face à un écran leur annonçant pour la première fois la mise à jour nécessaire de drivers, ou pire, un crash.  

Pour appliquer ses analyses, Genevieve Bell travaille avec une équipe d’ingénieurs. Sa démarche n’est pas de trouver des idées de nouveaux objets : « Il faut se demander pourquoi les gens aiment ceux qu’ils ont déjà, et comment nous pouvons les améliorer ». Et penser des objets proches des usages réels. Un vrai défi : « Il est plus difficile de faire simple que compliqué ! ».

Antoine Cappelle

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