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« L’année 2020 a confirmé la place de l’impression 3D en production », clame Clément Moreau, directeur général de Sculpteo

« L’année 2020 a confirmé la place de l’impression 3D en production », clame Clément Moreau, directeur général de Sculpteo

© Sculpteo

Sculpteo, filiale du chimiste BASF proposant un service d’impression 3D à la demande, a publié le 22 avril la septième édition de son étude annuelle sur le marché de la fabrication additive. Dans cet entretien avec Industrie & Technologies, Clément Moreau, directeur général et cofondateur de la société, souligne les points forts de cette enquête et porte un éclairage sur les attentes des industriels.

 

Industrie & Technologies : Vous avez rendu public, il y a quelques jours, votre étude sur l’état de l’impression 3D dans le monde.  Quel est le profil des personnes que vous avez interrogées ?

Clément Moreau : Cette année, notre étude « State of 3D Printing » a eu une portée inédite. En tout, 1900 dirigeants d’entreprises, responsables de R & D et chercheurs, basés dans 86 pays, ont répondu à notre questionnaire. Cela en fait, à l’heure actuelle, l’étude la plus large sur le secteur de l’impression 3D. Pour être précis, nous avons interrogé des acteurs se trouvant dans notre réseau. Ils ont déjà plus ou moins un pied dans la fabrication additive. Mais leur degré de maturité par rapport à la technologie peut être très divers. Nous avons identifiés et mis en exergue dans notre étude des « Power Users », c’est-à-dire des entreprises qui ont choisi d’investir de manière importante dans l’impression 3D et qui la maîtrise.

Le champ de l’étude est vaste : la plupart des technologies apparaissent dans notre étude, tout comme les matériaux, même si les polymères sont prédominants. Certaines matières, émergentes ou de niches comme les céramiques ou les silicones, ne sont pas représentées dans l’étude.

Quels sont les principaux enseignements que vous tirez de cette enquête ?

Ce qui saute aux yeux, c’est que le secteur de l’impression 3D s’inscrit dans une tendance de fond et les résultats que nous avons obtenus sont dans la continuité de ce que nous avons observé depuis quelques années. Un constat important : l’année 2020 a confirmé la place de l’impression 3D en production. On sent que c’est là pour durer. Même si le prototypage arrive toujours en tête des usages, 52 % des répondants ont affirmé utiliser l’impression pour produire des pièces mécaniques finies. Cette part atteint 73 % dans la population des « Power Users », ce qui montre l’intérêt pour l’impression 3D en série.

Par ailleurs, 27 % des personnes interrogées ont déclaré produire des biens de consommation grâce à la fabrication additive. Cela atteint, 38 % chez les « Power Users ». La petite série est la plus représentée : 53 % des répondants ont déclaré produire à cette échelle. Toutefois, chez les industriels les plus avancés dans l’impression 3D, la grande série atteint 49 % et la production de masse 18 %.

Quel est l’impact de la pandémie de covid-19 sur le secteur de l’impression 3D ?

Même si, je vous l’accorde, la formulation est curieuse, nous pouvons dire que la pandémie a eu un effet positif sur le secteur de l’impression 3D. En 2020, la fabrication additive a souvent pris le relais lorsque les outils de production traditionnels étaient à l’arrêt ou lorsque les chaînes d’approvisionnement étaient coupées. Nous avons tous en tête, je crois, ces usines d’urgence qui ont été mises en place pour répondre à certaines pénuries. Cela s’est traduit par un accroissement de la production et 50 % des entreprises que nous avons interrogées ont déclaré avoir davantage utilisé l’impression 3D au cours de l’année dernière. 37 % des répondants déclarent même avoir trouvé de nouvelles opportunités de marché lors de cette période.

Notre enquête met en lumière une volonté d’intensifier les investissements dans la fabrication additive en 2021. 61 % des entreprises que nous avons interrogées envisagent d’accroître leur capacité d’impression pour répondre à une demande nouvelle.

Y-a-t-il une technologie qui se démarque ?

La technologie de dépôt de fil fondu (FDM) polymère est la plus répandue mais principalement pour des usages en interne. Le frittage sélectif par laser (SLS) arrive en seconde position. Elle est d’avantage orientée sur la production de pièces finies (42 % pour les usages externes, contre 20 % en interne). La stéréolithographie (SLA) affiche également une nette progression avec un usage à la fois en interne (29 %) et pour des pièces finies (27 %). Toutefois, il est à noter que les entreprises souhaitent voir les imprimantes gagner en fiabilité et en répétabilité pour favoriser une adoption plus large de la technologie.

La progression de l’impression 3D comme outil de production est-elle liée à un plus grand éventail de matières disponibles ?

Oui, c’est certain. Il y a de plus en plus de matières disponibles, notamment polymères, que ce soit en poudre ou en filament. Les industriels ont désormais accès à une gamme assez importante, allant des plastiques techniques comme les polyamides, très résistants à la température et qui peuvent être utilisés dans des applications sous capot dans l’automobile. Les matériaux très haute performance, comme le PEEK, intéressent l’aéronautique pour certaines applications. Mais c’est un matériau très coûteux, et son utilisation est limitée à des niches.

A contrario, des formulations de plastiques de commodités comme le polypropylène ont également été mises au point, notamment sous forme de poudre pour certains procédés. Cela permet de réduire significativement le coût matière des pièces. Mais malgré cette plus grande diversité, il y a encore des progrès à faire et l’élargissement de la palette de matériaux est en bonne position dans les demandes des industriels. C’est la preuve qu’ils veulent produire des pièces de plus en plus techniques et fonctionnelles grâce à la fabrication additive.

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