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Analyse

L'ADN des pommes de terre inspecté par les douaniers

L'ADN des pommes de terre inspecté par les douaniers

Matériel d'électrophorèse de la DGCCRF pour l'analyse ADN des pommes de terre.

© Alexandra Pihen

La pomme de terre est au cœur d’enquêtes ADN dans les laboratoires du Service Commun des Laboratoires (SCL), issus de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) et de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects (DGDDI). Car pour valoriser leurs tubercules ou conserver un marché, certains producteurs n’hésitent pas à tricher sur la marchandise.

 

Des intruses se cachent parfois dans nos sacs de pommes de terre. Nous pensions acheter de la Bintje ou de la Charlotte or… « Sur 15 tubercules analysés dans un même lot, on peut avoir jusqu’à cinq variétés différentes », revèle Mathieu Genoud, responsable d’Unité scientifique au laboratoire de Lille. Pour démasquer les coupables, c’est à une analyse génétique digne des enquêtes criminelles que les pommes de terre prélevées régulièrement dans les magasins par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) sont soumises.

Quelques gouttes de jus de pomme de terre suffisent pour extraire un échantillon d’ADN et effectuer son identification variétale. Une réaction en chaîne par polymérase (PCR) permet d’abord de multiplier les séquences ADN spécifiques ou marqueurs. Les différents allèles –versions variables d'un même gène – de ces séquences sont ensuite indentifiés par la technique d'électrophorèse, qui consiste à faire migrer des échantillons -plus ou moins loin, selon leur taille et leur charge- par application d’un courant sur un gel de polyacrylamide, avant une coloration au nitrate d’argent.

Un code barre pour chaque variété

Ainsi révélés, ces marqueurs constituent un « code barre » spécifique de chaque variété que les analystes pourront comparer avec une base de données en ligne recensant environ 1 000 variétés. « Il faut de 4 à 8 marqueurs par pomme de terre pour pouvoir identifier précisément une variété, certaines ayant des marqueurs communs », explique madame Wambre, technicienne en charge des analyses. Au final, il faudra environ dix jours pour effectuer une identification.

Face à la prolifération des nouvelles variétés de pommes de terre – en 30 ans le nombre de variétés a été multiplié par 5 – le SCL travaille depuis un an avec ses partenaires à l’automatisation d’une partie de l’analyse. « Nous envisageons d’automatiser toute la partie séparation et lecture : nous gagnerions en fiabilité et en répétabilité, ce qui nous permettrait de réduire de moitié les temps d’analyses », détaille Mathieu Genoud. La pomme de terre n’a qu’à bien se tenir !

Alexandra Pihen

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