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C’est pas nouveau, quoique !

Kalashnikov : de l’AK-47 aux nanomatériaux

Jean-François Preveraud
Kalashnikov : de l’AK-47 aux nanomatériaux

Mikhaïl Kalachnikov était fier de son arme mais regrettait qu'elle soit utilisée par des criminels.

© DR

Son nom revient quotidiennement dans l’actualité, tant à propos des multiples conflits qui secouent la planète que des affaires de terrorisme ou de banditisme. La Kalashnikov ou AK-47 est un fusil d’assaut qui malgré ses 70 ans et des compétiteurs bien plus performants reste toujours très utilisé. Retour sur l’histoire de cette arme qui est devenue une légende.

Tout commence sur le front de l’Est en 1942, où les troupes russes et celles de l’Allemagne nazie se livrent un combat sans merci. L’âpreté des affrontements se traduit par des combats rapprochés où les traditionnels fusils, précis et ayant une longue portée, mais une faible cadence de tir, ne sont pas adaptés. Tout comme les pistolets mitrailleurs qui, s’ils ont une cadence de tir élevée, ont une portée réduite et une précision toute relative.

Partant de ce constat, les ingénieurs de l’armement allemands développèrent une arme combinant les avantages des deux types : possibilité de tir en rafale à courte distance et au coup par coup avec précision à longue distance. Le fusil d’assaut était né, c’était le Sturmgewehr 44 ou StG 44, dont les premiers exemplaires entrèrent en service en 1943. Ces ingénieurs, confrontés à des volumes de production importants et à une pénurie de matériaux furent obligés d’optimiser l’industrialisation de l’arme. La conception était simple et la fabrication faisait beaucoup appel à la tôle emboutie bien moins onéreuse que l’usinage. De plus, elle était robuste, fiable et facile à entretenir sur le terrain. Plus de 500 000 unités furent fabriquées jusqu’à la fin de la guerre.

Bien évidemment, lors des combats, de nombreux exemplaires tombèrent entre les mains des soviétiques. Leurs spécialistes de l’armement décortiquèrent cette arme novatrice. Parmi eux Mikhaïl Kalachnikov, un jeune sergent conducteur de char ayant démontré dès 1938, durant son service militaire, une aptitude certaine pour améliorer des armes existantes. A tel point que le maréchal Joukov lui fit suivre des cours d’ingénieur en mécanique. Blessé en 1941, il passe sa convalescence à dessiner de nouvelles armes et est impressionné par le StG 44 allemand. Il se lance à son tour dans la conception d’un fusil d’assaut petit, fiable et rapide. Il proposa plusieurs prototypes jugés intéressants, mais qui ne furent pas retenus lors des essais.

Une arme optimisée

Démobilisé, il est embauché à l'usine d'armement Izhmash pour poursuivre ses développements et améliorer son fusil d’assaut. Il examine les multiples armes automatiques développées par les belligérants, pour s’inspirer de leurs points forts et synthétise le tout dans ses développements. Il crée une arme facile et peu chère à fabriquer, robuste, fiable et facile à entretenir sur le terrain. « Quelque chose de complexe n'est pas utile et tout ce qui est utile est simple. Toute ma vie, ce fut ma devise », se plaisait-il à dire à la fin de sa vie. Ainsi est né l’Avtomat Kalachnikova 1947 (arme automatique de Kalachnikov), l’AK-47, qui deviendra le fusil réglementaire de l’infanterie motorisée soviétique en 1949.

L’arme ne cessera d’être optimisée notamment pour simplifier sa production et réduire les coûts. Elle passera ainsi de 4,3 à 3,8 kg. Elle donnera au fil du temps naissance à une nombreuse descendance pour s’adapter à l’évolution des besoins et aux performances des armes adverses : AKS ; AKM-59 ; AKMS ; AK-74 ; RPK-74 ; AK-74M ; AK-101 à 108… Cette arme fut aussi fabriquée sous licence dans de nombreux pays dont la Chine à partir de 1956. On lira en détail cette histoire dans le livre de Jean Huon Histoire du Kalachnikov à l'épreuve de tous les combats.

Les tensions géopolitiques issues de la Guerre froide des années 50 jusqu’aux conflits d’aujourd’hui ont largement contribué à sa dissémination sur la planète. On estime que plus de 110 millions d’armes de la famille AK-47 ont été produites. Pourtant, cela ne fit pas la fortune de Mikhaïl Kalachnikov, car la propriété intellectuelle est collective en droit soviétique. En revanche, il fût largement décoré et honoré. Il est mort en 2013 à l'âge de 94 ans, non sans avoir déclaré sans une pointe d’amertume : « Je suis fier de mon invention, mais je suis triste qu'elle soit utilisée par des terroristes et toutes sortes de criminels ».

Mais l’histoire n’est pas finie. Le développement d’une nouvelle version, l'AK-12, a été annoncé début 2012, afin de rendre l’arme encore plus polyvalente. Un système de fixation lui permettra d’accepter toute une gamme d’accessoires modulaires (lampe, visée laser, lance-grenades…), tandis que le canon sera rayé pour plus de précision. Enfin, elle devrait utiliser un procédé, encore expérimental d'autolubrification à base de matériaux nanocomposites.

Et ça, c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.editions-etai.fr

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