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Journée du PLM : retour d’expériences réussi

Jean-François Preveraud
Journée du PLM : retour d’expériences réussi

Christophe Loupias, directeur général adjoint de Marèse, s'est vu remettre le Trophée du PLM 2010.

© DR

La Journée du PLM qui s’est tenue à Lyon jeudi dernier a été un succès. Les retours d’expériences ont permis de dégager les grandes lignes d’un projet réussi. Et Marèse a remporté le Trophée du PLM.

J’ai participé jeudi dernier à la 3e journée du PLM organisée à Lyon par l’Espace Numérique Entreprise, l’AIP Priméca et le Cluster Gospi. Ce fut l’occasion de rencontrer plus de 200 personnes motivées ou pour le moins intéressées par le PLM, dont 80 % venaient de l’industrie.

Mais notons, une fois encore, que la notion de PLM n’est toujours pas claire dans l’esprit de chacun et qu’il y avait presque autant de définitions que de participants. Pour certains ce sont des outils (CAO, GDT, gestion de nomenclatures, gestion documentaire, travail collaboratif…), pour d’autres c’est une approche plus globale de l’ingénierie produit, alors qu’enfin, pour certains, c’est une véritable stratégie d’entreprise permettant de se développer, voire de survivre, dans un contexte difficile. Il est toutefois rassurant de constater que les participants avaient tous un embryon d’information globale sur le PLM et surtout la volonté d’aller plus loin.

Et de l’information, il y en eu car une douzaine d’entreprises sont venues témoigner de leur démarche PLM, présentant leurs réflexions, les outils et méthodologies de travail qu’ils ont mis en place, ainsi que les effets bénéfiques de cette approche, sans occulter les difficultés rencontrées. Il faut ajouter à cela des présentations plus génériques très didactiques faites par les organisateurs, aidés d’universitaires régionaux.

Les grandes lignes d’un projet PLM réussi

Sans entrer dans le détail de toutes les présentations, on peut dégager quelques grandes lignes générales. La mise en place d’une démarche PLM globale, qui va bien au-delà de l’implémentation d’une Gestion de Données Techniques autour d’un outil de CAO, doit se faire dans le cadre du soutien de la stratégie de l’entreprise. C’est même quelquefois une aide à la mutation des entreprises, tant dans leur business model que dans leur offre produit.

Cette démarche doit donc, au minimum, bénéficier d’un appui fort de la part des dirigeants, voire de leur implication directe, notamment dans les PME. Mais avant toute chose, il faut bien définir la stratégie de l’entreprise et ne pas avoir peur de la coucher sur le papier pour bien la matérialiser. Il faudra ensuite examiner l’ensemble des processus de l’entreprise et déterminer avec les acteurs impliqués les optimisations à apporter. Il ne faut pas oublier, comme l’a fait remarquer Olivier Verdot, PDG de UF1, que : « le PLM est souvent une bouffée d’oxygène pour un Personnel à la Limite du Management ».

Rien que cette phase de réflexion et d’optimisation, qui peut prendre plusieurs mois, va déjà conduire à une fluidification du fonctionnement de l’entreprise. Ensuite seulement, on pourra réfléchir à la mise en place d’outils informatiques au service d’une véritable approche PLM.

Les différents intervenants ont aussi insisté sur la nécessité de bien cadrer le projet PLM. Rien ne sert de vouloir tout faire en même temps, car c’est la meilleure méthode pour que rien ne débouche. Mieux vaut définir ‘‘plusieurs étapes objectivement réalisables’’. On peut ainsi régulièrement obtenir des résultats motivant à la fois pour les responsables du projet et les équipes impliquées. Mais les différentes interventions ont aussi montré que de telles mises en place respectent rarement le planning initial et que les projets ont toujours tendance à s’étaler dans le temps.

Concernant le retour sur investissement, beaucoup d’intervenants sont restés très vagues, notamment sur les coûts internes. Et beaucoup ont insisté sur l’immatérialité de certains gains, l’allant même jusqu’à reconnaître que la mise en place d’une démarche PLM leur avait quelques fois permis de réaliser plus vite des produits innovants leur permettant de ne pas disparaître sur des marchés très compétitifs.

Notons le bel effort des universitaires locaux qui ont concocté une présentation très didactique sur le PLM, indépendante des vendeurs, mettant en valeur : les principes ; les fonctionnalités ; les bénéfices et les freins. Une bonne idée semble-t-il, qui est reconduite année après année, puisque 50 % des inscrits de la journée y ont participé.

L’intégration d’une approche PLM avec le système d’information de l’entreprise et ses multiples briques, a aussi obtenu un bon succès, faisant salle comble. Il faut dire que l’on entre là ‘‘dans le dur’’ et que le retour d’expérience du groupe Cahors a bien mis en valeur ce besoin. Enfin, les participants pouvaient prendre main plusieurs logiciels lors d’une mini-formation et rencontrer les principaux acteurs du marché sur une mini-exposition attenante au colloque.

Le Trophée du PLM pour Marèse

Cette journée a été aussi l’occasion de remettre un Trophée du PLM à une entreprise ayant réussi une mise en œuvre exemplaire d’une démarche PLM. Celui-ci est revenu à Marèse, une PME grenobloise de 140 personnes spécialisée dans les vêtements pour enfants. En mettent en place une démarche PLM, Christophe Loupias, directeur général adjoint de la société avait plusieurs objectifs au service de la transformation de l’entreprise :
 

  • Développer un outil de travail collaboratif permettant un accès en temps réel de l’ensemble des acteurs du cycle de développement depuis les stylistes jusqu’à la production ;
  • Développer un système de matérialisation des collections le plus rapidement possible après les validations du bureau d’études permettant une présentation de pièces prototypées, fiables et représentatives des têtes de séries ;
  • Développer un concept innovant de création permettant de diviser le délai moyen s’écoulant entre le dessin de style et la première pièce par 10.


« Notre projet PLM s’inscrit dans une démarche globale. Le PLM n’est pas une finalité en soi, mais un moyen parmi d’autres permettant de contribuer à une évolution identifiée comme stratégique de notre entreprise. A ce jour, nous avons déjà réussi à raccourcir notre ‘‘Time To Market’’ de 2 mois », estime Christophe Loupias.

Mais Marèse entend bien ne pas s’arrêter en si bon chemin. « Les challenges à relever concernant ce projet restent nombreux : interfaçage avec l’ERP ; interface avec les outils dessins ; test du Workflow… ». La prochaine étape sera le développement d’une véritable co-entreprise avec les fournisseurs pour améliorer encore le co-développement et la qualité des produits.

Ce qu’il est intéressant de noter à l’issue de telles manifestations, c’est que le concept du PLM, même s’il évoque des choses encore très disparates suivant les entreprises et les interlocuteurs, fait son chemin dans les PME. Alors qu’il aura fallu une trentaine d’années pour que la CAO diffuse des grands groupes industriels vers les PME, il n’aura fallu qu’une décennie pour qu’il en aille de même avec le PLM, alors que le spectre est autrement plus large. Cela est rassurant, mais les PME ont-elles vraiment le choix si elles veulent rester compétitives ?

A la semaine prochaine

Pour en savoir plus : http://www.journeeduplm.fr

Jean-François Prevéraud, journaliste à Industrie & Technologies et l’Usine Nouvelle, suit depuis plus de 28 ans l’informatique industrielle et plus particulièrement les applications destinées au monde de la conception (CFAO, GDT, Calcul/Simulation, PLM…). Il a été à l’origine de la lettre bimensuelle Systèmes d’Informations Technologiques, qui a été intégrée à cette lettre Web hebdomadaire, dont il est maintenant le rédacteur en chef.
 

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