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Jobin Yvon

Paul Wagner

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Cette PME de Longjumeau détient le leadership mondial des réseaux de diffraction et vend 80 % des instruments d'analyse par spectroscopie qu'elle fabrique à l'exportation.

Peu d'entreprises peuvent se prévaloir d'une dimension historique. On l'accordera sans barguigner à Jobin Yvon. Son origine remonte à 1819, année où Jean-Baptiste Soleil fonde, à Paris, une société destinée à fabriquer les grandes lentilles à échelons conçues par le célèbre physicien Fresnel. Trente ans plus tard, l'industriel introduira le saccharimètre, instrument destiné à mesurer la teneur en saccharose. Il sera présenté à l'Académie des sciences par Arago lui-même.

En près de deux siècles, l'entreprise ne quittera jamais son domaine de prédilection : l'optique. En innovant continuellement. Elle fabrique, par exemple, le premier interféromètre Fabry-Pérot en 1900. Après avoir pris le nom de Jobin Yvon, en 1923, elle introduit les spectropolarimètres puis, après la guerre, les spectrophotomètres pour l'analyse de la lumière ultraviolette. En 1967, elle commercialise les premiers réseaux holographiques disponibles dans le monde.

Aujourd'hui, elle occupe le leadership mondial des réseaux de diffraction et fabrique toutes sortes de systèmes de spectro- scopie optique d'analyse destinés à la recherche et à l'industrie. Spectroscopie Raman, fluorescence, émission, couches minces, ses compétences sont mondialement appréciées.

19 % des effectifs se consacrent à la R&D

L'optique l'a même poussée... au crime. Plus précisément aux sciences "forensiques" qui visent à collecter des indices lors de crimes ou délits. Jobin Yvon fabrique, par exemple, des instruments bap- tisés Crimescope et Scenescope. Le premier, grâce à des sources de lumière accordables, visualise, après un traitement chimique qui les rend fluorescents, des liquides physiologiques ou des empreintes. Le second révèle ces mêmes indices sans traitement chimique préalable par diffusion de lumière ultraviolette.

Grâce à ses différents créneaux, l'entreprise, qui emploie environ 560 salariés dont 290 en France, réalise un chiffre d'affaires de 53 millions d'euros (2002) dont 80 % à l'exportation. Elle fait aujourd'hui partie du groupe Horiba et possède des filiales aux États-Unis (180 personnes), en Allemagne, en Italie et en Grande Bretagne.

La recherche est évidemment une composante essentielle de son activité très technique. Elle représente 10 % du chiffre d'affaires et occupe 19 % des effectifs de l'entreprise, soit 55 personnes en France. Il faut en compter autant à l'étranger puisque chaque filiale possède ses propres équipes. Grâce à quoi, par exemple, Jobin Yvon a déposé 22 brevets ces trois dernières années et en détient actuellement 65 encore actifs.

Hubble soigné grâce à la diffraction

Les réseaux de diffraction - qui décomposent la lumière de façon plus précise que les prismes - représentent environ 20 % du marché de l'entreprise qui en fabrique aussi bien en série qu'à la demande. Ses compétences la rendent même incontournable dès qu'il s'agit d'utiliser la diffraction dans un grand instrument. C'est, par exemple, un réseau fabriqué sur mesure qui a été utilisé pour aider à soigner la fameuse "myopie" du télescope Hubble. D'autres encore ont été spécialement conçus pour équiper les lignes optiques du laser Mégajoule.

Cela dit, pratiquement tous les instruments ou systèmes conçus par Jobin Yvon utilisent au moins un réseau de diffraction. C'est le cas entre autres des deux dernières innovations présentées le mois dernier par l'entreprise au salon Analytica de Francfort. La première "Aramis", est un spectromètre Raman destiné à l'analyse d'échantillons solides. La seconde "Activa" est un spectromètre d'émission destiné à l'analyse d'échantillons en phase liquide.

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