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Jean-Marc Roué, "Nous avons besoin de ruptures technologiques"

propos recueillis paralexandre couto

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Jean-Marc Roué,

L’organisation maritime internationale, l’OMI, a choisi de maintenir l’entrée en vigueur de la réglementation sur les émissions de soufre au 1er janvier 2020. Comment la filière se prépare-t-elle à cette transition ?

Le report éventuel de cette réglementation dépendait principalement de la disponibilité, à cette échéance, des carburants désoufrés au niveau mondial. Or il n’existe quasiment pas de fioul lourd contenant 0,5 % de soufre, le taux requis. Malgré ce constat, l’OMI a confirmé l’application de la réglementation au 1er janvier 2020 étant donné l’impact de ces émissions sur la santé. Il faut être clair : nous, les armateurs français, sommes très fâchés que les pétroliers n’aient pas réformé leurs raffineries pour produire des carburants désoufrés comme ils s’y étaient engagés. En 2020, la flotte mondiale, pour une très grande part, va devoir passer au gasoil marin contenant 0,1 % de soufre, avec un surcoût de 40 à 70 % par rapport au fioul standard. Pour autant, les armateurs français n’ont pas demandé de report, vu qu’il s’agit d’une décision internationale, qui ne risque pas de créer une distorsion de la concurrence.

Peut-on parler d’une accélération des contraintes environnementales sur le soufre, mais aussi sur d’autres pollutions comme le CO2 ?

Oui, clairement. Concernant le soufre, il y a dix ans, le transport maritime utilisait un carburant qui en contenait 4,5 %. Puis, ce taux est passé à 3,5 %, et aujourd’hui à 0,5 %. En matière d’oxydes d’azote, les NOx, la mer du Nord et la mer Baltique deviendront, à partir du 1er janvier 2021, des zones où leurs émissions seront limitées. S’il n’existe pas de réglementation spécifique pour le CO2, l’OMI a donné, en 2018, des objectifs forts : une réduction de 40 % des émissions par tonne-mille marin en 2030, et une réduction des émissions globales du transport maritime de 50 % en 2050. Le tout par rapport à celles de 2008. L’Union européenne pousse dans ce sens.

Vers quelles technologies se tournent les armateurs pour prendre ce virage ?

Quelques armateurs, comme CMA CGM, Ponant et Brittany Ferries, dont je suis président, ont opté pour le changement de carburant, choisissant en particulier le gaz naturel liquéfié (GNL). Le GNL permet de répondre à toutes les exigences de l’OMI aujourd’hui. Il va même plus loin, puisqu’il n’émet quasiment pas de particules fines et moins de CO2. Sur un ferry de ma flotte par exemple, il permet de réduire de 17 à 20 % les émissions de CO2 du réservoir à la cheminée, en fonction de la puissance. Un nouveau navire fonctionnant au GNL émettra même 30 % de CO2 en moins qu’un navire plus ancien d’une taille équivalente. En effet, les avancées technologiques – carène, matériaux, moteur, transfert de l’énergie à l’hélice… – font économiser entre 13 et 10 % de CO2 supplémentaires. Les nouveaux navires ont donc naturellement une empreinte carbone plus faible…Les flottes à construire ne posent pas de problème : les carènes vont être préparées pour avoir des peintures[…]

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