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Jack l’éventreur : 126 ans après, les techniques qui ont permis son identification

Séverine Fontaine

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Jack l’éventreur : 126 ans après, les techniques qui ont permis son identification

Analyse du châle trouvé sur la victime de Jack l'Eventreur

Le célèbre Jack l’éventreur aurait été identifié grâce à l’analyse du sperme trouvé sur le châle d’une de ses victimes. Retour sur les techniques d’analyse ADN qui ont permis cet exploit, 126 ans après le meurtre.

Tout a commencé en 2007 lorsqu’un homme d’affaires britannique, Russell Edwards, a acheté un châle tâché de sang présenté lors d’une vente aux enchères comme appartenant à l’une des victimes de Jack l’éventreur, Catherine Eddowes. Plus d’un siècle après l’assassinat de cette femme, les technologies d’analyse médico-légales ont permis d’identifier l’auteur des cinq victimes londoniennes. Selon le Daily Mail, celui-ci serait un coiffeur polonais du nom de Aaron Kosminski, déjà suspecté au début de l'enquête en 1888. Malgré son identification par un témoin, celui-ci n'avait pas été condamné, faute de preuves.

Pour confirmer l’appartenance du châle à l’une des victimes de Jack l’éventreur, l’homme d’affaires a contacté un spécialiste de l’analyse génétique, Jari Louhelainen. Grâce à l’utilisation d’une caméra infrarouge et d'une lampe UV, le scientifique a pu localiser du sang, des cellules de rein et du sperme. 

Séquencer l'ADN pour identifier la victime

Pour extraire les échantillons d'ADN des tâches de sang identifiées sur le châle, le professeur a utilisé une technique qu'il appelle «l’aspirateur». Cette dernière consiste à remplir une pipette stérile avec un «liquide tampon», c'est-à-dire une solution connue pour stabiliser les cellules. Cette solution a ensuite été injectée dans le morceau de tissu pour dissoudre la matière piégée dans celui-ci, puis aspirée dans la pipette, sans endommager les cellules.

Ensuite, le Pr Louhelainen a séquencé l'ADN. La majorité des séquences d'ADN aujourd'hui sont réalisées sur des séquenceurs automatiques, capables de réaliser des réactions de polymérisation en chaîne, une technique permettant d'obtenir quantité de copies d'une séquence nucléotique donnée. Pour ce faire, les fragments sont marqués avec des marqueurs fluorescents. Lorsque la réaction de séquence est terminée, la taille des fragments d'ADN obtenus est déterminée par une chromatographie sous la forme de courbes. Le séquenceur détecte alors la florescence sortant des courbes et repère ainsi les fragments et leur taille. Certains systèmes, plus modernes, permettent même de lire les quatre nucléotides à partir d'une unique courbe de chromatographie.

Comparer avec l'ADN de ses descendants

Une fois le séquençage terminé, le chercheur a pu comparer le profil génétique de la victime avec celui de sa descendance. La correspondance était bien là : le châle appartenait bien à Catherine Eddowes.

Le professeur a finalement utilisé la même technique d’extraction de l’ADN sur les tâches qui présentaient des caractéristiques de liquide séminal. Il a ensuite utilisé un procédé d'amplification du génome entier pour copier l'ADN, et, ainsi le profiler. Une fois le profil obtenu, il a pu le comparer à celui de la descendante féminine de la sœur de Kosminski, obtenu à partir d'un échantillon de salive. Grâce à la technique d’amplification du génome, le professeur a également été en mesure de déterminer l’origine ethnique et géographique de l’ADN.

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