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J’ai conduit la Prius…

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L’hybride de Toyota fait sensation. Elle a été élue voiture de l’année. Mais quelles sensations ressent-on au volant de ce véhicule à moteur thermique et électrique ?

J’ai voulu en avoir le cœur net. Qu’est ce donc que ce véhicule qui fait tant parler de lui à cause de sa motorisation hybride ? Ce ‘bimoteur’comporte en effet un classique moteur à essence et un moteur électrique. Le premier de 1,5 litre fournit 77 chevaux. Le second de 68 chevaux. Tantôt l’un fonctionne. Tantôt l’autre. Parfois les deux.

On passera rapidement sur les habituels descriptifs de l’intérieur de l’équipement et des qualités routières du véhicule. Là n’est pas le but de l’article. En résumé, la Prius est une auto qui sur tous ces points ne se distingue pas fondamentalement du reste de la production des voitures moyennes de qualité. Elle accélère bien (malgré ses 1300 kg), tient bien la route, freine bien, est confortable etc.

Passons donc à la vraie originalité. La motorisation.

La première surprise commence au démarrage. On entre dans la voiture. On s’assoit. On pousse le bouton « start » (non, je n’ai pas oublié de mettre la clé, la Prius est équipée d’une « clé » électronique qui met le contact lorsqu’elle est dans le véhicule). Bref, on active le bouton « start » et… il ne se passe rien. Pourtant, si l’on engage la boîte auto et qu’on effleure l’accélérateur, on avance. Eh, oui, c’est ça le moteur électrique ! Il est censé fonctionner seul jusqu’à une vitesse de 50 km/h

Cela dit, ce n’est pas tout à fait vrai. Si on n’oblige pas, en activant la commande adhoc, le moteur électrique a fonctionner seul, la plupart du temps, on entend très rapidement le bourdonnement du moteur thermique. S’il ne participe pas obligatoirement à la traction, il est mis a contribution pour charger les batteries.

Ensuite, et c’est bien là que la technologie mise en œuvre par Toyota sur la Prius est vraiment extraordinaire : de nouveau,  il ne se passe rien ! Enfin, la voiture roule, mais pour le chauffeur, l’hybride ne se distingue en rien d’une classique voiture à boîte auto. On accélère, on freine. Ça avance. Aucun à-coup. La puissance est délivrée de façon parfaitement continue. Quelle technologie !

Pourtant, lors du trajet, il se produit des choses effroyablement compliquées : parfois les deux moteurs travaillent de concert à la traction. Parfois ils travaillent ensemble mais une partie de l’énergie du thermique est utilisée pour recharger la batterie. Lors d’un freinage, tous les moteurs s’arrêtent tandis que l’énergie est récupérée etc.

On sait tout cela grâce à l’écran du système de navigation sur lequel se visualise en temps réel tout ce processus. Ça change tout le temps. C’est captivant. Au point qu’on le débranche vite pour… regarder la route.

A dire vrai, la grande farandole des moteurs qui s’activent et se désactivent ne passe pas totalement inaperçue. Et c’est la seule chose qui m’a déplu sur la Prius : lors de franches accélérations le moteur thermique se manifeste trop bruyamment avec un son plutôt désagréable, genre moulin à café.

«Vous n’avez qu’à pas accélérer aussi fort» m’objectera-t-on. On aura en partie raison. La Prius convient mieux à la paisible conduite à l’américaine qu’à mon incorrigible comportement d’excité du champignon…

Et elle incite en effet plutôt à une conduite cool, ne serait-ce que par le décalage qui s’inscrit entre le régime moteur et la vitesse qui ne sont plus indissolublement liés : cela procure une sorte de distanciation propice à la conduite «apaisée». (Cela dit, on ne m’empêchera pas de penser que ce moteur est bruyant ! Avec un moteur de cylindrée plus importante comme c’est le cas sur la nouvelle Lexus RX400H - un SUV hybride doté d’un V6 de 3,3 litres ! -, ce phénomène devrait nettement être atténué).

Et alors, c’est bien beau toute cette complication technologique. Mais au total qu’est ce que ça donne en consommation ?

Mon test non scientifique, sur un aller et retour en Vendée via l’autoroute à vitesse… soutenue, montre que la Prius à essence affiche une consommation équivalente à celle d’un diesel de gabarit équivalent mené à même allure. Cela alors qu'avec ma bonne vieille Xantia 1,8 l, je consomme facilement 3 litres aux 100 de plus sur le même parcours !

Le progrès en consommation est donc réel, d’autant que l’autoroute n’est pas le meilleur champ d’expression pour l’hybride... Avec une uitlisation plus urbaine (à tous les sens du terme) on pourrait faire mieux.

Mais, quoi qu’il en soit  avec le différentiel de tarif à la pompe entre l’essence et le diesel il n’y a pas de réelle économie au rendez-vous, à moins de tenir à tout prix à rouler au super…

Le bilan ? Il est clair :

- La technologie hybride de Toyota est réellement splendide
- Son intérêt – du point de vue de l’économie comme de la pollution  - est en revanche très limité en France sur un véhicule comme la Prius. Il sera probablement plus net sur la Lexus RX 400 avec son gros V6
- Pour le marché français, un hybride à moteur thermique diesel serait peut être un produit gagnant, surtout en grosse cylindrée…

Franck Barnu


 

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