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Itancia offre une seconde vie aux téléphones

HUGO LEROUX hleroux@industrie-technologies.com
La société spécialisée dans la distribution de solutions voix et données des entreprises s'est diversifiée dans le recyclage de téléphones de bureau. Sur son site de La Jubaudière, près de Cholet, elle récupère et répare les terminaux obsolètes pour leur donner une seconde vie. Entrée dans les coulisses d'une activité qui requiert une expertise technique et une logistique bien rôdées.

À première vue, c'est une plate-forme de distribution classique. Depuis son entrepôt de la Jubaudière (Maine-et-Loire), niché à 15 km de Cholet, Itancia livre des téléphones et des équipements informatiques pour le compte des grands installateurs et opérateurs télécoms. Mais « l'arrière-salle » offre un spectacle plus intéressant : dans les 5 000 m2 d'atelier qui jouxtent la plate-forme logistique, la société donne chaque année un second souffle à quelque 100 000 appareils obsolètes ou endommagés, issus des systèmes de communication d'entreprises.

« Nous avons développé deux activités parallèles. L'écorecyclage, d'abord, consiste à reconditionner de vieux téléphones pour les revendre en remplacement temporaire ou extension de flottes d'entreprises. Nous les rachetons aux installateurs, qui sont tenus d'assurer la fin de vie de leurs produits en vertu de la directive sur la gestion des déchets électroniques. La réparation d'appareils, ensuite, par laquelle nous sous-traitons des contrats de maintenance », détaille Thierry Legoff, vice-président d'Itancia, en traversant l'entrepôt qui résonne des cliquetis de coques plastiques. En contrebas des postes de travail, s'accumulent des cartons emplis de téléphones hétéroclites.

Relooké, réparé ou desossé

La réception des appareils se déroule au fond. De temps à autre, un engin de manutention se saisit des cartons. De là ils subiront un retraitement bien huilé.

Côté écorecyclage, les téléphones débutent par une vérification fonctionnelle. Sur son tableau de test, un opérateur connecte chaque téléphone. L'électronique simule toutes les sollicitations d'un central téléphonique d'entreprise (PABX). Tombe le verdict. Fonctionnel ? Direction le soin cosmétique. Les opérateurs y remplacent les coques en plastique dégradées. Un coup de pistolet à air comprimé achève le lifting. Le téléphone est finalement réemballé sous film plastique pour être revendu comme neuf. Au final, 75 % des appareils réceptionnés sont reconditionnés. Les téléphones défectueux sont acheminés vers la réparation.

Retour à la case départ, côté réparation cette fois. Une opératrice, consultant épisodiquement son terminal, identifie les appareils individuellement. Pour la plupart des modèles, un catalogue élaboré par le bureau d'études préconise une batterie de tests techniques adaptés. Le diagnostic se veut exhaustif : « Dans 97 % des cas, on arrive à identifier la source du problème et à remplacer la pièce défectueuse », souligne Thierry Legoff. Sur les paillasses de réparation, des opératrices piochent dans leurs tiroirs des pièces détachées avant d'apprêter, fer à souder à la main, les téléphones pour une chirurgie à coeur ouvert. Lorsque l'opération demande un effort disproportionné au regard de la cote de revente, l'appareil est démantelé. Il alimentera les stocks de pièces détachées. Résultat : 90 % des pièces de plastique proviennent des stocks internes.

Ce procédé bien rôdé repose avant tout sur l'expertise du bureau d'études. Nichés dans un box au centre de l'atelier, ses ingénieurs et techniciens phosphorent à plein-temps. Leur mission : adapter les infrastructures de test et le catalogue de références à l'évolution des gammes des grands fabricants.

À la Jubaudière, l'autre nerf de la guerre s'appelle logistique. Après réception, Itancia réexpédie les appareils réparés sous 5 jours. Pour répertorier en temps réel les flux entre les différents postes et le stock, qui affiche 60 000 références, le système d'information a été totalement repensé en 2009. « L'investissement était conséquent mais en valait la peine. On donne même au client la possibilité de suivre chaque appareil via un compte en ligne », s'amuse Thierry Legoff. Le reconditionnement et la réparation représentent aujourd'hui 20 % du chiffre d'affaires d'Itancia.

Un bilan carbone amélioré

Pour chiffrer l'intérêt écologique de son activité, l'entreprise a élaboré un outil d'évaluation du bilan carbone basé sur la méthode de l'Ademe. Pour un téléphone neuf représentant 12 kg d'équivalent CO2, son pendant écorecyclé en dégage 6, et le réparé seulement 3. Pour alléger encore son impact, l'entreprise a revu tout son cycle à la loupe environnementale, depuis l'emballage biodégradable jusqu'au tri et à la valorisation des déchets finaux, qui atteint 94 %.

ITANCIA EN BREF

- PME avec deux activités : distribution de solutions voix et données pour les entreprises et recyclage d'appareils électroniques - Présente dans 9 pays européens avec 2 sites en France : La Jubaudière (49) distribution, réparation, écorecylage Grenoble (38) réparation d'électronique spécialisée - Effectif : 300 employés - Chiffre d'affaires : 82 millions d'euros en 2011, 150 millions d'euros prévus en 2012

JOUR 1L'admission

Chaque année, 100 000 appareils électroniques, majoritairement des téléphones, sont réceptionnés à Itancia-La Jubaudière pour y être réemballés ou réparés. Leur cure de jouvence durera cinq jours.

JOUR 2Le diagnostic

C'est l'épreuve de vérité : branchés à la chaîne sur une plate-forme de test simulant un réseau d'entreprise, les téléphones subissent un examen exhaustif. Défectueux ? Direction la réparation. Fonctionnel ? Un traitement cosmétique fera l'affaire.

JOUR 3L'opération

Une fois identifiée la source du dysfonctionnement, les téléphones passent sur la paillasse de réparation. Au programme : chirurgie à circuits ouverts et greffes de pièces détachées.

JOUR 4Le don d'organes

Les appareils trop défectueux sont démantelés. Les pièces détachées, neuves ou issues de la récupération, rejoignent le stock qui comprend plus de 60 000 références qui se grefferont sur de nouveaux téléphones.

JOUR 5La sortie

Après une ultime remise en forme - nouvelle coque et emballage - les appareils passent à l'expédition. Parés pour une seconde vie !

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