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Interfaces cerveau-machine : que doit-on attendre de la démonstration d'Elon Musk avec Neuralink ?

Kevin Poireault

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Interfaces cerveau-machine : que doit-on attendre de la démonstration d'Elon Musk avec Neuralink ?

Wafer composé de dizaines de milliers d'électrodes flexibles, chacune beaucoup plus petite qu'un cheveu, présenté par Vanessa Tolosa, responsable des interfaces neuronales chez Neuralink.

© Steve Jurvetson

Ce vendredi 28 août marque le grand retour de Neuralink sur la scène médiatique. La start-up d’Elon Musk visant à développer une interface cerveau machine, doit faire une nouvelle démonstration en direct ce vendredi 28 août, un an après la dernière conférence de presse de son PDG. Mais ce dernier entretient le mystère autour de l’événement.

Le monde des neurosciences est dans l’expectative. Elon Musk a confirmé cette semaine que Neuralink, la société qu’il a lancée en 2017 pour fabriquer des interfaces cerveau-machine (ICM ou BCI en anglais), dispositifs traduisant les signaux électriques générés par notre cerveau en commandes informatiques, présentera un « appareil fonctionnel » ce vendredi 28 août. Un événement à suivre en direct à partir de minuit dans la nuit du 28 au 29 août.

Si ce fin communiquant avait déjà annoncé cette date en juillet dernier, « à l’heure actuelle, très peu d’informations sont disponibles sur le type d’informations qui seront données demain », admet Guillaume Charvet, responsable du pôle développement des dispositifs médicaux au CEA-Leti, qui avait participé au projet BCI de commande d’un exosquelette par la pensée, réalisé en octobre 2019 avec Clinatec et le CHU de Grenoble. Seul un tweet laconique d’Elon Musk annonce que l’on verra « des décharges neuronales en direct ».

Peut-être une puce nouvelle génération

Quelques éléments de réponses sont à trouver dans la première présentation officielle des avancées de Neuralink, en juillet 2019. Lors de cette conférence de presse, Elon Musk avait dévoilé N1, un prototype de puce sans fil issu de 24 mois de R&D, de la taille d’une lentille oculaire, équipée d’une batterie, d’une connectivité Bluetooth et d’un chargeur sans fil.


Placée derrière l’oreille, celle-ci doit assurer la communication entre des électrodes, implantées, elles, dans le cerveau du patient et reliées à la puce par des fils plus fins que des cheveux, et un terminal connecté – typiquement, une application mobile. La puce a pour but d’amplifier les signaux envoyés par les électrodes et les traduire en signaux numériques vers le terminal. Un article prépublié en août 2019 fait état du développement par la start-up d’un système de 3 072 électrodes reliées à la puce par 96 fils.

L’événement du 28 août 2020 permettra certainement à Neuralink de dévoiler une puce N2, plus petite et plus performante.

Des progrès dans le développement d'un robot-chirurgien ?

L’un des grands enjeux pour Neuralink est de rendre l’opération non-invasive. Pour ce faire, Elon Musk entend s’inspirer de la technique du Laser-Assisted In-Situ Keratomileusis (Lasik), une intervention chirurgicale indolore pour corriger des défauts rétractifs de l’œil. Pour ce faire, Neuralink développe en parallèle un système robotisé neurochirurgical « capable d’implanter 192 électrodes par minute », peut-on lire dans la pré-publication.

Il est censé ne laisser que de très légères cicatrices et permettrait au patient de garder ses cheveux –contrairement aux méthodes actuelles. La prochaine démonstration pourrait également évoquer des avancées dans le développement de ce robot-chirurgien.

Les premiers cas cliniques ?

Quant aux premiers cas cliniques, prévus pour 2020 par Elon Musk - seront-ils annoncés ce vendredi ? -, ils devraient d’abord concerner des personnes en souffrance : individus à mobilité réduite, maladies neurologiques… Mais le serial entrepreneur ne cache pas son envie de faire de la technologie Neuralink un outil transhumaniste et envisage de la « fusionner avec l’intelligence artificielle », selon ses mots en juillet 2019.

Avec des technologies comme celle de Neuralink, on pourrait capter et retransmettre « des signaux bien plus riches » au cortex visuel et, potentiellement, rendre la vue à une personne qui l’a perdue.

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