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Intelligence artificielle : La France est-elle la puissance mondiale qu’elle croit être ?

Aurélie Barbaux
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- 24/01/2017 17h:56

Nous avons un problème fondamental depuis la mise à l'écart de TYMNET et l'UIT par les USA au profit de l'IETF ... en 1986 : c'est l'absence de couche OSI six présentation, d'abord dans l'arhitecture internet, ensuite et surtout dans l'architectonique mentale de nos développeurs et de leurs "pousseurs" politiques. Pas de sécurité, pas de multilinguisme, pas d'intelligence dans le réseau lui-même et ses fractalités multiples. L'introduction du PLUS (presentation layer on the user side, draft IETF) est à reprendre pour comprendre la nature de l'interligence (les interliens) sous-jacents à l'intelligence artificielle qui par nature est répartie, jusqu'à l'insecable du "oui/non", du bit "0/1" même oriénté (qbit). Il y a d'un côté les algorithmes de réflexion à partir des apports des sources internes, conduisant aux conclusions syllogistiques ; et les agorismes (la façon d'utiliser la dynamique conflexionnelle de multiples sources externes) conduisant aux émergences : les deux doivent se compléter. L'équipe FranceIA en place est dynamique : elle a appris l'incitation centralisée de l'animation de la gouvernance digitale. Son expérience ne devrait pas être perdue et cet appel devrait conduire à une future alliance intercitoyenne non-partisanne pour une conflexion commune, Libre et Privateurs, personnel et collectif. A partir de ce qu'il est possible de faire à chacun et nécessaire à tous. C'est de l'écologie digitale, sauf que pour sauver la planête il faut que des milliards de gens s'accordent pour ne pas casser, alors que pour développer la digisphère, il s'agit de construire des expériences visibles à tous s'avérant positives et utiles pour que l'effet viral du réseau joue à plein pour des résultats mêmes minimes. Le problème est le renversement de l'autorité : ma maison intelligente ne saurait être gérée par Google avec mes données, mais par moi avec - aussi - des données de Google. Cela veut dire un retour au contrôle personnel du réseau par l'utilisateur. Avec une frontière au niveau des données. Comme naturellement, la NSA, le Gouvernement, Google, les marchands, etc. ont la vie simplifiée par une empathie dirigiste avec nous (ils nous connaissent, nous simulent, nous contrôlent, etc.) il nous faut nous faciliter la vie par des architectures notre sympathie pour eux (ils nous protègent, nous aident, nous représentent) mais pas plus qu'il n'en faut. C'est là qu'est la veritable intelligence : elle ne devrait pas tant être artifcilelle que de bon sens commun.

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Intelligence artificielle : La France est-elle la puissance mondiale qu’elle croit être ?

Louis Schweitzer, Thierry Mandon et Axelle Lemaire au lancement de #FranceIA le 20 janvier à Agoranov.

© Abarbaux

Le 20 janvier, Thierry Mandon et Axelle Lemaire ont lancé l’initiative #FranceIA, qui vise à établir, avant les élections, une stratégie nationale en intelligence artificielle. Première étape : dresser un bilan des forces, besoins et faiblesses. Les chercheurs, entreprises et start-up, organisés en sept groupes de travail, ont deux mois pour rendre leur copie. Ces documents serviront à élaborer une synthèse déterminant la stratégie pour valoriser la France comme la puissance mondiale qu'elle pense être dans ce domaine. Toutes les contributions sont les bienvenues.

Dans une opération « commando » de deux mois, Thierry Mandon et Axelle Lemaire ont invité, le 20 janvier 2017, tous les acteurs publics et privés liés à l’intelligence artificielle en France à compter leurs forces. Objectif officiel du plan des deux frondeurs numériques du gouvernement (qui lancent cette opération en marge du gouvernement) : établir une stratégie nationale de l’intelligence artificielle, baptisée FranceIA, pour permettre à la France de prendre une place de leader dans la production de robots logiciels intelligents. « À partir du moment où l’intelligence artificielle pose des questions éthiques et sociétales, il vaut mieux être un pays producteur. Sauf à vouloir être uniquement un pays consommateur de ces technologies », fait valoir Axelle Lemaire, secrétaire d’État en charge du numérique et de l’innovation.

L’objectif réel, dans le contexte électoral actuel - les deux secrétaires d’états agitateurs savent qu’ils ont peu de chance d’être là pour mettre en place ladite stratégie - : faire du bruit, déclencher une prise de conscience… pour que le futur gouvernement ne puisse pas passer à côté du sujet. Sachant que l’IA et ses conséquences ne figurent dans aucun des programmes des candidats.

Le même pouvoir disruptif qu’Internet

L’intelligence artificielle a en effet le même pouvoir disruptif aujourd’hui qu’Internet hier. Ou presque. Car c’est la robotisation du travail à tous les niveaux (et pas seulement à l’usine) que ces technologies de reconnaissance d’images, de sons, d’émotions et d’auto-apprentissage des machines, portent en elles. Ces robots logiciels vont remplacer le travail (sans parler de l’idée même de salariat) … des hommes et des femmes. Et pas dans 20 ans. Demain. Les premiers taxis robots roulent déjà ! Les logiciels d’intelligence artificielle vont dévorer le monde !

Dans cette révolution, forte de son exceptionnelle école de mathématique et de sa recherche publique (Inria, CEA…), la France a sa carte à jouer. Elle aurait même le potentiel d’en prendre le contrôle en prenant un leadership sur la production de ces intelligences artificielles, veut croire Axelle Lemaire. C’est même une nécessité si la France veut imposer d'indispensables règles éthiques encadrant l’usage de ces technologies. « La France a le vent en poupe en matière d’intelligence artificielle, a soutenu Axelle Lemaire. Sur les six derniers mois, on a vu au sein de la French Tech la création d’un groupe FranceIA, on a vu l’Académie des sciences se saisir de ces enjeux, on a lu le livre blanc de l’Inria, on a vu la création d’un fonds dédié de Serena Capital dans le financement des projets d’entreprises liés à l’Intelligence artificielle. Les initiatives se multiplient dans tous les sens, il nous appartient de nous inscrire dans ce mouvement. » Il s’agit surtout de ne pas rejouer le scénario d’Internet. Alors qu’un génial français voyait ses travaux sur les réseaux décentralisés écartés au profit du Minitel, les États-Unis développaient Internet !

Un enjeu politique majeur

De fait, pour l’instant, les investissements massifs en R&D pour l’IA restent américains. Et c’est encore logiquement de ce côté de l’Atlantique que se soulèvent les inquiétudes et les questions éthiques. « C’est même Barack Obama qui a inspiré cette initiative, reconnaît Axelle Lemaire, secrétaire d’État au Numérique et à l’innovation. Lorsque l’on a lu le rapport de la Maison blanche sur l’intelligence artificielle, lorsque l’on a vu comme les questions étaient bien posées, et à quel point les responsables politiques avaient une responsabilité à se saisir de ces enjeux tant ils vont radicalement bouleverser tous les fonctionnements sociétaux et économiques de notre monde, on se dit que l’on doit être reconnaissants envers Barack Obama, d’avoir sans doute pas eu l’intelligence de comprendre seul ces enjeux, mais de s’être bien entouré. » Et c’est tout l’enjeu de FranceIA, que de bien entourer les décideurs pour les aider à fabriquer, avec une méthode innovante, les politiques publiques adéquates.

Nouvelle fabrique des politiques publiques

« On n’appellera pas ça stratégie nationale, on appellera ça FranceIA », note Axelle Lemaire. On veut faire émerger une communauté française qui parvienne à collaborer directement les chercheurs les plus en pointe, et ils sont des milliers, avec les start-up et avec les grands groupes industriels. C’est ça l’enjeu, et aussi de mobilier les financements dans cette direction. » Pour l’instant, pas de fléchage budgétaire spécifique, mais la présence de Louis Schweitzer, Commissaire général à l’investissement, lors du lancement de #FranceIA et membre de son comité d’orientation, en dit long sur le rôle que les Programme d‘investissement d’avenir pourra jouer sur le terrain.

C’est bien sur le terrain, en effet, que l’avenir de FranceIA va se jouer. « Ce que l’on fait, très immodestement, est une grande innovation dans la manière de bâtir des politiques publiques. C’est une vision nouvelle de ce que doit être ce que j’appelle la puissance publique augmentée », explique Thierry Mandon, secrétaire d’état en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche. Plutôt que de définir un grand plan décidé d'en haut par l’État, « on s’adresse à une communauté, qu’on encourage à se structurer, l’État ne définissant que les grands enjeux et une vision stratégique. On passe d’un État tutélaire à un État propulsif ». Même si FranceIA ne débouche pas sur le grand élan national voulu, la méthode aura au moins mis une nouvelle fois en avant une certaine intelligence politique made in France, bien réelle celle-ci.

Les 4 thèmes des groupes travail de FranceIA
- Cartographier les forces
- Orienter la recherche et développer les compétences
- Industrialiser et transférer les technologies de l’IA vers les différents secteurs économiques
- Préparer un cadre tenant compte des considérations macroéconomiques, sociales, éthiques, de souveraineté et de sécurité nationale

 

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