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Intel : innovation outside... the box !

Intel : innovation outside... the box !

Tout le monde connaît Intel. Le spécialiste des processeurs, qui vient d'annoncer qu'il allait se séparer de 5% de ses effectifs cette année, a réussi à se faire un nom auprès des fabricants d'ordinateurs grâce à son célèbre "Intel inside". Il a trusté longtemps 80% des parts de marché des processeurs PC mais cette hégémonie pourrait causer sa perte aujourd'hui. Sauf à ce qu'Intel pense enfin outside...

Le règne de sa majesté PC a fait d'Intel l'un des rois de l'électronique. Ses processeurs étaient si puissants qu'ils se sont imposés comme un critère discriminant au moment de l'achat. Le fameux label "Intel Inside" devenant même plus puissant que la marque du fabricant de l'ordinateur lui-même ! Ce temps-là semble révolu. Sans verser dans un catastrophisme annonçant la mort du PC, il est clair que le marché de l'informatique se partage désormais entre plusieurs "devices" : PC, tablettes, téléphones et data-centers. C'est en effet entre ces quatre supports que les utilisateurs pro ou grand public arbitrent pour réaliser les tâches assumées autrefois à 100% par nos "tours".

Pour Intel, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle dans ce changement de paradigme. La bonne, c'est que la demande de "chips" augmente : de 350 millions d'unités en 2010 (PC), elle devrait représenter 3 milliards d'unités cette année (tout device confondu). La mauvaise nouvelle, c'est qu'Intel est parti très en retard dans la course aux nouveaux "devices". Et que des outsiders comme Qualcomm, Samsung, ARM et d'autres ont pris une position dominante sur ce marché.

Intel peut-il rattraper son retard ? C'est évidemment toute la question. La feuille de route, que l'industriel américain partage avec les analystes, est optimiste : il entend abandonner sa position ultra-dominante dans le PC (80% de part de marché avec 70 millions de processeurs par an à fabriquer) pour une position moins hégémonique : prendre 20% du marché des processeurs au global (PC, tablettes, serveurs...) ce qui revient à produire 600 millions d'unités par an.

Séduisante sur le papier, cette stratégie l'oblige à repenser toute son organisation en matière d'innovation, organisée -pour faire bref- pour tenir la loi de Moore. Ce théorème n'est plus totalement d'actualité. Ou plutôt, disons qu'il doit composer avec de nouvelles contraintes. La course à la taille et à la puissance demeure des fondamentaux de tout cahier des charges mais les concepteurs, à l'heure de la mobilité, ne peuvent ignorer deux aspects : la frugalité et la polyvalence... Ces deux dernières exigences conduisant parfois à dégrader la performance pure des "chips" pour gagner en économie d'énergie ou en fonctionnalités.

Cette nouvelle donne revient aussi, pour Intel, à tuer sa cash-machine : le processeur PC. Pour survivre, la firme n'a pas d'autres choix que de faire du processeur pour mobile LA priorité de ses labs. Transformation pas évidente alors que toute l'entreprise, notamment ses ingénieurs, n'était tendue jusque-là que sur un seul marché : le PC, le PC et le PC.

Au-delà du bon mot, comme le dit Brian Krzanich, qui a été nommé CEO l'an dernier, : "la priorité numéro 1 pour Intel est de créer les meilleurs produits pour le segment en forte croissance de l'ultramobilité." L'air de rien, cette ambition est un authentique choc de culture pour Intel. Un choc difficile mais nécessaire si Intel ne veut pas être frappé par le syndrome Kodak. Ce qui est certain, c'est qu'Intel a acté ce changement dans ses priorités d'investissement. La firme a dû réduire ses investissements en R&D en 2013 à 11 milliards de dollars (contre 13 milliards programmés) mais elle a aussi rebasculé son effort en interne du PC vers la mobilité et le marché des data-centers (les deux étant liés). Le budget "Tablettes" est en hausse de 75% sur un an, celui de "l'internet des objets" de 20%, celui des "data-centers" de 10%... quand celui des PC baisse de 5%.

Ce basculement sera-t-il suffisant ? Sans doute pas. Comme le prouvent les licenciements en cours chez Intel, l'entreprise, pour survivre, devra aussi faire sa révolution culturelle. Elle devra prendre conscience qu'elle est "venue sur terre" non pour servir le roi PC mais pour répondre aux besoins du "computing" (des capacités de calcul pourrait-on traduire en Français). Et ce quel que soit le support : PC hier, tablette aujourd'hui et n'importe quel objet demain (de la voiture aux brosses à dents). Preuve qu'Intel a des atouts pour réussir : l'entreprise peut se targuer de détenir aujourd'hui 100% du marché des processeurs pour voiture autonome... sur la planète Mars. Bon d'accord, c'est une niche mais cela constitue un (bon) début de diversification, non ?

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