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Inria : chacun cherche sa Licorne, en s'exclamant "Reviens Léon"...

Inria : chacun cherche sa Licorne, en s'exclamant

Une timeline interactive permet de découvrir les 122 start-up issues des travaux menés à l'Inria.

© Capture d'écran

En 30 ans, plus de 120 start-up numériques ont émergé des recherches menées à l’Inria. Une belle réussite nuancée par un constat : aucune de ces entreprises innovantes n’est devenue un champion à l’international. Mais alors comment créer ces fameuses Licornes du numérique ? C’est LA question qui a animé le colloque organisé hier après-midi par l'institut national de recherche en informatique et automatique Inria pour célébrer "30 ans de création numérique". 

Simulog ? Cette SSII spécialisée, entre autres, dans l’informatique scientifique, la gestion de données techniques et les technologies d’Internet et d’intranet n’a pas vraiment les atouts d’une start-up sexy. Pis encore, l’entreprise n’existe plus. Pourquoi alors la mentionner à l'occasion d'un événement organisé par l'Inria et IT-Translation autour de 30 ans de création numérique ? Parce qu’il s’agit de la toute première entreprise innovante issue de l’organisme public.

Depuis 1984, l’Inria, qui emploie aujourd’hui 2700 salariés, a fait naître très exactement 122 start-up numériques qui ont elles-mêmes généré plus de 3000 nouveaux emplois. Parmi elles, Kelkoo avalée par Yahoo! en 2004, Ilog rachetée par IBM en 2009 ou encore le spécialiste de la robotique Robosoft, l’entreprise Golaem, spécialisée dans la modélisation des mouvements de foules complexes, et Mensia Technologies, une jeune pousse prometteuse dont certaines applications permettent de contrôler le cerveau.

(Cliquez ici pour découvrir toutes les entreprises issues de l'Inria sur une timeline interactive)

122 start-up, mais aucune Licorne

Pour célébrer ces « 30 ans de création numérique », l’institut a convié, mercredi 27 mai, entrepreneurs, investisseurs, chercheurs, dirigeants de grands groupes, politiques et journalistes au ministère de l’Economie pour un colloque intitulé « Start-up, numérique et recherche publique ». Après une introduction élogieuse d’Axelle Lemaire, la secrétaire d’Etat en charge du numérique, Antoine Petit, l’actuel PDG de l’institut de recherche s’est félicité : « Sur plus de 120 start-up créées, 75% sont encore en activité ou ont été rachetées », avant de reconnaître : « Mais sur ces 120 start-up, seules quelques unes seulement ont plus de 100 collaborateurs et nous ne comptons aucune Licorne (nom donné dans la Silicon Valley aux start-up valorisées plus d’un milliard de dollars, ndlr) »

La première table ronde, maladroitement intitulée « Comment créer plus de start-up du numérique », déclenche les premières réactions. « Il y a déjà énormément de start-up du numérique. Peut-être qu’il y en a même trop » estime, un brin provocateur, Stéphane Distinguin à la tête du pôle de compétitivité Cap Digital. Selon lui, il faudrait faire en sorte que certaines start-up deviennent du « compost » au profit d’autres entreprises. Persuadé que la prochaine étape réside dans la rencontre entre le numérique et la biologie et particulièrement investi dans l’écosystème parisien, il regrette l’absence des chercheurs dans les principaux lieux d’innovation : « On ne vous voit pas assez dans nos événements ! » adresse-t-il à la salle. (Applaudissements). Xavier Duportet, cofondateur de la start-up PhageX et organisateur du concours Hello Tomorrow regrette, quant à lui, le clivage qui s’est instauré entre les « start-up purement web » plutôt centrées sur les usages et les autres start-up davantage technologiques. « Il faut créer des rock stars qui viennent du monde de la recherche ! » lance-t-il à son tour à la salle. (Nouveaux applaudissements). La première session d’échanges prend fin sur un commun accord : la question n’est pas de créer plus de start-up du numérique, mais de créer plus de start-up à fort potentiel. Les fameuses licornes qu’aimerait faire naître l’Inria... 

Un vivier de talents pour créer un champion international 

... Et pas de licorne sans rayonnement à l’international. "Une technologie n'a pas de valeur si elle n'est pas internationale", confirme Jean-François Abramatic, ancien directeur de la R&D d'Ilog. C’est justement l’objet de la seconde table ronde de l’après-midi, intitulée « Comment faire d’une start-up un champion international ? » Sur cette problématique, très chère à la mission French Tech, les points de vue se rejoignent rapidement sur un ingrédient clé : l’accès aux talents. « L’accès aux talents est un élément essentiel du développement d’une start-up à l’international et nous n’avons pas encore cette accumulation d’expérience » estime David Monteau, directeur de la French Tech.

C’est d’ailleurs en lien direct avec ce constat que le programme « Reviens Léon, on innove à la maison » a été lancé le matin même. Organisé à l’initiative de 10 start-up françaises à forte croissance et soutenu par la French Tech, le dispositif est présenté comme « un programme de recrutement et d’attractivité internationale des start-up et des scale-up françaises en hypercroissance, à la recherche de profils expérimentés à l’international ». En d’autres termes, l'objectif est de faire revenir en France les talents expatriés. Le programme, dont le nom fait référence à une célèbre publicité pour les raviolis Panzani, s’articule autour de deux axes : un site web regroupant les offres d’emplois proposées par les 10 start-up participantes et un dispositif d’accompagnement pour simplifier le retour de « Léon » à la maison. 

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