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Innover pour réduire les coûts

Mathilde Lagier
Le groupe Impress est né il y a douze ans de la fusion de la division emballages métalliques de Pechiney et de Schmalbach-Lubeca. L'entreprise, qui conçoit, fabrique et commercialise des boîtes de conserve en acier et en aluminium, a mis la R & D au coeur de son activité. Philippe Gimenez, le directeur de ce service, nous en dévoile le fonctionnement et les principaux axes de recherche.

Industrie et Technologies. Vous avez fêté vos 10 ans en 2007. Comment a évolué le département R & D d'Impress durant cette décennie ?

Philippe Gimenez. Pendant les trois premières années, notre département R & D s'est restructuré. A partir de 2000, ça a été l'époque des grands projets, avec le lancement d'innovations comme le couvercle à ouverture facile. Cette période a également coïncidé avec un renou-vellement important de nos compé-tences. En six ans, nous avons chan-gé la moitié de nos effectifs. Je tiens à souligner que, durant tout ce temps, les PDG successifs qu'Impress a connus ont toujours cru en la R & D. Aujourd'hui, nous avons un département extrêmement dyna-mique qui se situe au coeur de notre activité.

I & T. Quels sont vos principaux axes de recherche ?

P. G. Nous avons deux priorités : l'innovation produit et la réduction des coûts de fabrication. En ce qui concerne notre premier axe, nous travaillons sur les différents aspects de l'emballage que sont la forme, la praticité et l'aspect extérieur. Pour ce qui est de la forme, nous cherchons, depuis quelque temps, à sortir du cylindre pour aller vers des mises en forme plus complexes. Nous avons, par exemple, fait évoluer le style des bouteilles de sirop en resserrant leur taille. Nous avons également des projets en cours de développement dans le domaine des aérosols, notamment avec Ambipur. En termes de praticité, nous travaillons beaucoup sur les fermetures de nos emballages et sur l'ouvrabilité des boîtes de peinture. Nous planchons aussi sur l'impression numérique des emballages en essayant de doter nos canettes d'effets spéciaux.

I & T. Quelles voies explorez-vous concernant la réduction des coûts ?

P. G. Nos recherches sont d'abord centrées sur la réduction de la quantité de métal utilisé. Notre prix de vente est directement corrélé au prix de ce matériau. Nous essayons donc de concevoir des canettes nécessitant de moins en moins de matière pour qu'elles nous reviennent moins cher mais aussi parce que la ressource se raréfie. Cela a d'autres conséquences intéressantes : constitués de moins de métal, nos emballages sont aussi plus respectueux de l'environnement. Pour réduire les coûts, nous travaillons également sur les vernis de protection et les laques. Dans ce domaine, nous essayons de limiter leur quantité au strict nécessaire. Enfin, nous collaborons avec nos usines pour augmenter l'efficacité du processus de production tout en diminuant le coût global.

I & T. Relativement à ces enjeux, comment est organisée la R & D d'Impress ?

P. G. Pour coller aux attentes des clients, nos équipes R & D sont réparties sur plusieurs sites à travers l'Europe. Le principal centre se trouve à Crosmières, près de La Flèche (Sarthe). Ouvert en septembre 1990 (à l'époque au sein du groupe Pechiney), il constitue le coeur de la R & D d'Impress. Soixante-dix personnes y travaillent, sur les 90 que compte le département R & D. Pour ce qui est des autres sites, nous en avons un en France, à Ludres près de Nancy (Meurthe-et-Moselle), et un assez important à Deventer, aux Pays-Bas. Enfin, quelques personnes sont basées à Norwich, en Angleterre, une personne en Allemagne, et une en République tchèque.

I & T. Comment répartissez-vous le travail entre ces différents sites ?

P. G. Notre manière de gérer les projets ne suit pas toujours le strict découpage géographique. Nous travaillons plutôt par équipe. Chacun de nos axes de recherche dispose ainsi de son propre réseau. Une équipe "machine" gère, par exemple, tout ce qui touche aux process et à l'engineering. Une autre, baptisée customer process, travaille sur les contraintes de fabrication de nos clients. Nos groupes d'experts sont toujours constitués de membres de différents pays. C'est le cas, par exemple, de l'équipe "laque et vernis" au sein de laquelle interviennent nos diffé- rents spécialistes répartis à travers le monde. Nos équipes jouent également le rôle d'antennes. Elles nous permettent de faire remonter les besoins des différents sites.

I & T. Quel est votre rôle au sein de cette organisation ?

P. G. Mon rôle en tant que directeur R & D est multiple. Je dois d'abord coordonner les efforts des différentes équipes dont je viens de vous parler. Je travaille aussi sur le développement de nouveaux procédés et je suis force de proposition pour le lancement de nouveaux produits. Je m'occupe également des investissements en recherche en m'assurant que ceux-ci sont pertinents. Enfin, je suis responsable de l'assistance technique aux clients et aux usines.

LES CHIFFRES CLÉS

Impress - Chiffre d'affaires 2008 1,75 milliard d'euros dont 0,7 % investi en R & D - 8 600 salariés dont 90 à la R & D - Un site principal de R & D et quatre antennes

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