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Innovation : ceux qui font des smartphones, et… ceux qui n’en font pas

Thibaut De Jaegher

Mis à jour le 07/11/2014 à 10h04

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Innovation : ceux qui font des smartphones, et… ceux qui n’en font pas

Thomson Reuters vient de publier son classement des 100 entreprises les plus innovantes du monde en fonction de leurs brevets. Un palmarès qui consacre le secteur de l’électronique et porte aux nues entreprises américaines et asiatiques.

On a beau reprendre tous les classements, changer les critères, se concentrer sur les brevets comme vient de le faire Thomson Reuters avec son Top 100 innovators, ou sur le retour sur investissement comme le BCG dans son top 50, rien n’y fait. Dès que l’on tente de «classer» les entreprises et les secteurs en matière d’innovation, on retombe toujours sur les mêmes têtes : Apple, Samsung, Microsoft ou Blackberry s’imposent en leaders.

Pour Thomson Reuters, c’est clair. La cause de cette domination est à chercher dans l’intensité concurrentielle sur le marché des smartphones. La bataille acharnée à laquelle se livrent ces entreprises (rejointes bientôt par des entreprises comme Huawei) a poussé à son paroxysme les investissements en R&D dans la filière électronique au sens large (des firmes de télécommunications aux fabricants de semi-conducteurs en passant par les industriels du software ou du hardware). Le classement de Thomson Reuters le montre d’ailleurs très bien puisque près de la moitié des entreprises travaillent pour concevoir, fabriquer tout ou partie de ces téléphones intelligents.

Cela n’est pas sans conséquence pour notre vieille Europe. Si l’on regarde sa position dans ce domaine, elle est aux abonnés absents ou presque. Seule la Suisse émerge. La compétition sur ce marché se joue clairement entre l’Asie (Japon, Chine et Corée) et les États-Unis. L’ex-Empire du milieu étant en train de rattraper son retard à vitesse grand V sous l’impulsion notamment de champions comme Huawei qui apparaît cette année pour la première fois dans le classement.

Pour l’Europe, et la France, c’est un message d’alerte. Même si nous réussissons à maintenir un peu notre rang (la France place 7 organismes), la répartition de notre portfolio de brevets inquiète. Notre élan d’innovation est d’abord et avant tout porté par des acteurs publics comme le CEA, le CNRS ou l’IFP Energies nouvelles. Si l’on peut se réjouir de leur dynamisme, en creux, ils montrent aussi la faiblesse des investissements privés en R&D sur le Vieux Continent. La faute aux smartphones ? Sans doute oui. L’Europe n’a en tout cas pas réussi à maintenir ou à trouver sa place dans la chaîne de valeur mondiale des télécommunications. En tout cas insuffisamment pour apparaître au rang des nations qui comptent sur la planète smartphone.

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