Nous suivre Industrie Techno

abonné

Dossiers

INNOVATION À TOUS LES ÉTAGES

Xavier Boivinet

Sujets relatifs :

, ,

Face aux objectifs ambitieux de la loi de transition énergétique, le bâtiment s'adapte pour réduire sa consommation. Divers outils, notamment numériques, lui permettent de gagner en intelligence. Une mutation qui se répercute sur les usages, mais aussi sur les méthodes de travail des acteurs du secteur.

L'intelligence ? Elle réside dans la faculté d'adaptation, soutenait en son temps André Gide. Plus d'un demi-siècle après la mort de l'écrivain, à l'heure où tout devient « intelligent », il est tentant d'appliquer sa définition au bâtiment. Porté par l'invasion du numérique, le « smart building » s'adapte en effet à tout, ou presque : réseau électrique, climat, usages... Loin d'être simplement communicant, équipé de capteurs et piloté par un cerveau, il produit des données, mais aussi de l'énergie, sous forme thermique ou électrique, qu'il apprend peu à peu à stocker. Murs, toits et fenêtres sont pensés pour remplir le plus de fonctions possibles, sans négliger le confort des occupants. Derrière cette intelligence, un défi majeur : l'efficacité énergétique.

 

Priorité climatique

 

En 2015, les secteurs résidentiels et tertiaires, dont la consommation énergétique est presque entièrement imputable aux bâtiments, ont englouti 45 % de la consommation finale d'énergie de la France. Ces secteurs s'avèrent plus énergivores que les transports, l'industrie et l'agriculture. Ils représentent « un enjeu essentiel pour atteindre les objectifs fixés par la loi de transition énergétique », confirme Frédéric Rosenstein, expert en garantie de performance énergétique et en bâtiment intelligent à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Promulguée le 17 août 2015, la loi vise, entre autres, à réduire la consommation énergétique finale du pays de 50 % en 2050, par rapport à 2012, et de 20 % d'ici à 2030.

Or, à la différence du parc automobile, le parc de bâtiments se renouvelle lentement. « La durée de vie d'un bâtiment est souvent de plus de cinquante ans, poursuit Frédéric Rosenstein. Chaque année, seul 1 % du parc est remplacé par du neuf. » Une cible prioritaire est toute désignée : les constructions anciennes. Si la rénovation reste privilégiée, une meilleure utilisation du bâtiment est un choix tout aussi pertinent. Celle-ci passe notamment par une gestion intelligente. Heureusement, « l'intelligence peut très bien s'intégrer dans un bâtiment existant », affirme l'expert.

Dans une étude datant de novembre 2016, l'Union française de l'électricité (UFE) a ciblé dix actions pour atteindre 75 % des objectifs fixés par la loi de transition énergétique concernant les rejets de gaz à effet de serre. « Nous considérons que l'objectif prioritaire est l'objectif climat, déclare Damien Deiss, le directeur stratégie et prospective de l'UFE, qui a piloté l'étude. Les gaz à effet de serre modifient notre environnement et impactent les écosystèmes, qu'il faut respecter. L'économie d'énergie est un levier. » Les dix actions proposées par l'UFE doivent permettre de diminuer les émissions de CO2. Trois concernent le transport et sept le bâtiment. « Si nous ne sommes pas bons sur ces dix actions, il est peu probable que nous puissions atteindre nos objectifs climatiques », insiste Damien Deiss. En tête des démarches mises en oeuvre figure le changement de mode de chauffage, au profit de solutions bas carbone. Ces actions permettraient de réduire la consommation finale d'énergie de 19 % d'ici à 2030. Un résultat très proche des 20 % prévus par la loi.

 

L'intelligence, une source d'économies

 

Dans le bâtiment existant, le chauffage est le poste pour lequel les économies d'énergie s'avèrent les plus prometteuses. « Dans le résidentiel c'est certain, assure Frédéric Rosenstein. Dans le tertiaire ça dépendra des branches. Dans les bureaux, la climatisation, la[…]

Pour lire la totalité de cet article, ABONNEZ-VOUS

Déjà abonné ?

Mot de passe perdu

Pas encore abonné ?

vous lisez un article d'Industries & Technologies N° 1003

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2017 d'Industries & Technologies

Nous vous recommandons

La deeptech vient en force à VivaTech

La deeptech vient en force à VivaTech

Se tenant du 16 au 18 mai porte de Versailles, à Paris, le salon VivaTechnology fait la part belle à la deeptech : ces start-up qui[…]

16/05/2019 | CNRSInnovation
Des pixels un million de fois plus petits que ceux des smartphones

Des pixels un million de fois plus petits que ceux des smartphones

Un chercheur français en lice pour le prix de l’inventeur européen

Un chercheur français en lice pour le prix de l’inventeur européen

OneWeb, IA, Campus intelligent... les innovations qui (re)donnent le sourire

OneWeb, IA, Campus intelligent... les innovations qui (re)donnent le sourire

Plus d'articles