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Industriels, passez en mode start-up

Industriels, passez en mode start-up

Muriel de Vericourt doc Thomas Gogny

© T. Gogny/IT

Les start-up ? Elles font rêver les jeunes diplômés, sont au centre de l'attention des investisseurs, et inspirent même des mastodontes de l'économie. Mais en fait, de quoi parle-t-on lorsque l'on évoque ces jeunes entreprises innovantes?

Le monde économique serait-il atteint de jeunisme ? On peut se le demander, au vu de l'omniprésence des "jeunes entreprises innovantes". De conférences en festivals, de trophées en concours, les start-up sont partout. Elles sont aussi au coeur des politiques visant à gagner en compétitivité, comme c'est notamment le cas en France avec le succès de l'initiative French Tech. Les start-uppers savent parler aux investisseurs, et les séduire. Les levées de fonds records se multiplient d'ailleurs, de Uber à SpaceX en passant par AirBnB ou par les françaises Criteo ou Blablacar. Même les grands groupes cherchent à s'inspirer de ce qu'elles représentent, au point qu'on entend de moins en moins parler de fonctionnement en mode projet, et de plus en plus de projet mené en mode start-up...

On comprendrait mal cet engouement si la jeunesse était la seule caractéristique de ces entreprises, ou de ce que l'on cherche à désigner en utilisant ce vocable. En fait, bien plus qu'une question d'âge ou de taille, être ou ne pas être une start-up est une question d'état d'esprit. Ce qui est séduisant chez elles, et qui constitue effectivement une source d'inspiration dans une économie en mutation rapide, c'est leur enthousiasme et leur agilité, leur envie de relever le défi du changement en inventant de nouveaux modèles, leur volonté de s'inscrire dans une dynamique de croissance ultrarapide.

Être en mode start-up, qu'est-ce que c'est, finalement ? C'est peut-être avant tout pitcher son projet plutôt que de défendre son bilan. C'est ne pas avoir de passé, et croire en son avenir. C'est oser partir de la feuille blanche. C'est assumer le risque de la rupture. C'est vouloir être incomparable. C'est n'imiter personne, et chercher à devenir celui que d'autres voudront imiter. C'est avoir conscience de l'urgence d'innover, et rester en mouvement. C'est avoir le goût du risque, et celui de la vitesse. C'est brûler les étapes sans se brûler les ailes. C'est savoir que le monde change, et vouloir changer le monde...

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