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Industrie 2004 ou la quête sans fin de productivité

Industrie et Technologies

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Paris, 22-26 mars. Au salon Industrie 2004, les solutions technologiques astucieuses n’ont pas manqué dans tous les domaines de l’usinage. En vedette, l’usinage automatique à grande vitesse et de précision.

Beau succès pour Industrie 2004 qui a rassemblé du 22 au 26 mars dans les six halls du Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte quelques 3000 exposants.

Des industriels inquiets cependant face à un avenir incertain et à une délocalisation rampante. Seul salut pour eux : un effort d’innovation constant qui se matérialise dans des équipements toujours plus productifs et qui tirent profit de derniers développements technologiques.

Exemple chez Röders, le constructeur de fraiseuses à grande vitesse : il =a conçu en collaboration avec UGV Process une solution capable de contrôler en 3D les bruts d’usinage avant d’attaquer la fabrication de la pièce pour les mettre en conformité avec le modèle CAO.

Le système remplace ainsi l’approche de contrôle manuel fastidieuse, longue et coûteuse qui conduit parfois à des pièces mal usinées. Et quand il s’agit de pièces à forte valeur ajoutée comme dans des domaines tels que l’aéronautique l’intérêt de ce système automatique n’est plus à démontrer.

Comment ça marche ? Il suffit après la fixation du brut de sélectionner les points de contrôle, de le palper, de constituer le nuage de points et de comparer ce nuage avec le modèle CAO.

Amada privilégie lui aussi la productivité avec sa presse plieuse qui possède non seulement un robot intégré pour la manipulation des tôles pendant l’usinage mais aussi un second robot pour le chargement/déchargement des pièces.

Productivité améliorée également avec sa nouvelle poinçonneuse électrique EM2510NT qui utilise un concept breveté le Servo direct drive. Deux servomoteurs sont ainsi directement connectés à l’arbre de presse, ce qui autorise des cadences très élevées, de l’ordre de 500 coups/min. La réduction des coûts d’exploitation peut atteindre selon le constructeur nippon les 60%.

Ces machines disposent en plus de commandes numériques de plus en plus puissantes, capables de prendre en compte la fabrication complète des pièces complexes. «La rareté des opérateurs expérimentés pose problème aux ateliers de mécanique, surtout aux petites structures. Dotées d’une interface conviviale, ces CN puissantes facilitent le pilotage de la machine même par un opérateur moins expérimenté » souligne André Rascouet, directeur général d’Amada France.

Fournisseur d’un système d’usinage à grande vitesse à cinématique parallèle qui se fixe sur une machine existante, le sous-traitant français CMW annonce la première application de son système. Il s’agit d’une machine fournie en Espagne par Amco qui sera équipée de la tête hexapode CMW 380.

Le constructeur français propose également d’autres solutions intéressantes, comme le remplacement de l’usinage chimique des ailes et du fuselage dans l’aéronautique. «Nous avons mis au point une technologie qui permet de supprimer l’usinage chimique avec sa cohorte de inconvénients, explique François Wildenberg, pdg de CMW.

L’utilisation de l’hexapode pour effectuer ces usinages élimine les cuves d’acide, les effluents d’eau de rinçage, les vapeurs corrosives. Elle réduit la consommation d’énergie et les temps de cycle qui passent de 1 mois à un jour.  Le calcul de rentabilité est donc vite fait.

Une structure a été mise en place, baptisée European Aerostructure, pour la commercialisation de ces nouvelles solutions, qui selon le responsable de CMW pourra s’appliquer à d’autres domaines.

De nombreux autres exemples de quête de productivité étaient proposés sur les stands comme dans le domaine de la fixation des pièces, le système mis au point par System 3R. Le mandrin MacroVDP mis au point par les chercheurs du constructeur suédois en collaboration avec le Centre des industries mécaniques de Stockholm réduit de plus de 30% les vibrations pendant l’usinage. Il va sans dire que la qualité de surface de la pièce n’a rien à voir avec celle usinées par des moyens classiques et que la vie des outils est plus longue. Les performances de l’usinage sont aussi améliorées.

Autre exemple de gain de productivité : les machines d’usinage à grande vitesse de Huron capable d’atteindre dans le fraisage la précision d’une pointeuse ou, dans le domaine des fixations des outils, Doga avec un petit cône qui s’équilibre tout seul et dans les outils de coupe, le système Shredmill conçu par Iscar. Ces corps de fraises peuvent recevoir des plaquettes avec des arêtes de coupe rondes bien sûr, mais surtout des plaquettes segmentées. L’avantage de ces dernières : elles diminuent les vibrations et améliorent l’évacuation des copeaux.

Les fournisseurs d’outils de coupe, comme Sandvik ou Kennametal, proposent par ailleurs de solutions adaptées au domaine d’utilisation, que ce soit l’aéronautique, l’automobile ou la mécanique générale ce qui permet d’améliorer l’efficacité.

Selon les spécialistes de Sandvik, l’utilisation des outils spéciaux augmente le rendement de plus de 80%. Remplacer plusieurs outils par un seul outil spécial permet ainsi des gains de temps importants, surtout en fabrication en grande série. Signe de temps, le constructeur suédois propose un système d’achat d’outils de coupe via le web, le Shop Online.

A ce propos, la conférence organisée pendant le salon sur la e-distribution a drainé beaucoup de monde. Les conférenciers ont pu ainsi prendre connaissance de l’approche Renault dans le domaine du BtoB ou du livre blanc réalisé par le Symap (le syndicat français de la machine-outil) sur les enchères inversées

En revanche, la conférence sur la microlubrification n’a pas connu la même affluence. Et pourtant, cette technologie et les solutions mises au point par la société Vogel en collaboration avec l’IFMA (l’Institut français de mécanique avancée de Clermont-Ferrand) et l’UGV Technologies) seront un jour incontournables.

Après la directive européenne sur le bruit de machines, on peut parier sans crainte que la pollution sera elle aussi en pointe de mire de la CE. Les constructeurs de machines devront être ce jour là prêt. Sinon, bonjour les degâts… 

Mirel Scherer

Voir aussi l’article sur le PLM à Industrie 2004 dans cette lettre (rubrique CAO, FAO, PLM)

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