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C’est pas nouveau, quoique !

Indian sur le sentier de l’innovation

Jean-François Preveraud
Indian sur le sentier de l’innovation

65 ans et pas une ride, l'innovation en plus

© DR

Cela fait 110 ans que Harley-Davidson et Indian ont entamé une guerre pour la suprématie sur le marché de la moto haut de gamme aux Etats-Unis. Une guerre dont Harley était sorti vainqueur en 1953 avec la disparition de la firme de Springfield. Après maints projets, Indian renaît de ses cendres sous la houlette de Polaris Industries en retrouvant l’innovation qui était dans ses gènes originaux.

Qui dit moto et Etats-Unis pense systématiquement aux mythiques Harley-Davidson ? Pas seulement ! Certes la firme de Milwaukee dispose aujourd’hui d’une aura qui fait rêver plus d’un biker à la surface de la planète, mais il n’en a pas toujours été ainsi et le retour sur le devant de la scène d’Indian Motorcycle est là pour nous le rappeler.

Indian est né en 1901, deux ans avant Harley-Davidson, de la collaboration de deux passionnés de cycle et de mécanique, George Hendee et Oscar Hedström. La firme de Springfield connut rapidement le succès et avec 32 000 motos fabriquées en 1913 devint le premier constructeur mondial. Il faut dire que la firme est à la pointe de l’innovation : transmission par chaîne et non plus par courroie en cuir ; poignée de gaz tournant à la place du levier de gaz ; fourche suspendue… Et dès 1907 Indian dévoile un moteur bicylindre en V (V-Twin) semi-culbuté de 640 cm3 délivrant 4 ch, qui disposera de 4 soupapes par cylindre en 1911. Le démarreur et l’éclairage électrique firent leur apparition en 1913. En 12 années Indian est devenue la référence, tant en course que sur la route. En 1916 apparut le Twin Power Plus à soupapes latérales qui, à défaut d’être très performant sera robuste et simple à entretenir, et restera ainsi l’emblème de la marque.

Malheureusement, pour faire face à l’expansion de leur entreprise, les fondateurs firent appel à des investisseurs plus soucieux du profit que de l’innovation. Alors que dans le même temps les fondateurs d’Harley-Davidson restent à la barre de leur entreprise avec une vision à long terme de leur marché et des produits qu’il leur faut. La marque végète et ne cesse de perdre des parts de marché. Il faudra attendre 1924 pour voir arriver l’Indian Chief (1 000 cm3) puis la Big Chief (1 200 cm3) qui bien que n’étant de des versions plus puissantes restaient sur les mêmes bases techniques vieillissantes que leurs ainées.

La crise étant là et l’automobile se démocratisant l’industrie de la moto américaine connaît une période noire. De fait Indian ne produira que 1 667 motos en 1933. La reprise aidant, Indian revient au niveau de la production de Harley-Davidson en 1939. Ce sera la dernière fois d’autant que la firme de Milwaukee continue à innover avec l’arrivée d’un V-Twin culbuté sur la Knucklehead.

L’après-guerre fut tout aussi difficile et les Arrow (220 cm3) et Scout (440 cm3) ne pesèrent pas lourd face aux BSA, Norton et autres Triumph importés par les GI de retour d’Europe. Indian finit par jeter l’éponge en 1953. Pendant plus de 50 ans les projets de relance furent nombreux… et décevant. Il faudra attendre 2011 pour que le groupe Polaris Industries (motoneiges, jet-ski, véhicules tout-terrains, quads, véhicules électriques…) achète la marque et lance un projet sérieux. Il faut dire qu’il dispose déjà d’une marque de moto, Victory, créée en 1997 aux Etats-Unis, et est actionnaire à hauteur de 25 % dans l’autrichien KTM.

Après 2 ans d’études, Indian Motorcycle vient de présenter sa gamme 2014 (Chief Classic, Chieftain, Chief Vintage), qui reprend les lignes de l’Indian Chief de 1948. Mais sous ce plumage emprunt de nostalgie néo-rétro, l’innovation est bien là avec un châssis en aluminium, une suspension mono-amortisseur, le démarrage sans clé via un transpondeur, pare-brise électrique…

Et le moteur n’est pas en reste. Le Thunder Strock 111 (111 cubic inches – 1 811 cm3) procure un couple de 140 Nm à 2 600 tr/min. Les bielles sont calées sur le même maneton, trois arbres à cames commandent les deux soupapes par cylindre qui sont levées par des poussoirs hydrauliques. L’injection de carburant est pilotée électroniquement. Enfin un embrayage multi-disques à bain d’huile est couplé à une boîte de vitesses à 6 rapports.

Des caractéristiques qui montrent qu’Indian entend bien venir sérieusement piétiner les plates-bandes d’Harley-Davidson dans le domaine des motos haut de gamme. Et pour cela, Indian a retrouvé le sentier de l’innovation.

Et ça c’est nouveau !

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus : http://www.indianmotorcycle.com

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