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Indestructible !

Jean-Charles Guézel
- Difficile de trouver un produit plus sûr et plus robuste que la bouteille de gaz domestique, héritière il est vrai d'un savoir-faire plus que soixantenaire.

«Depuis les années trente, la bouteille de gaz domestique butane ou propane de 13 kilogrammes n'a guère subi de modifications extérieures. Et pourtant, tout a changé », souligne Olivier Aubertin, responsable au Service matériel gaz en bouteilles chez Butagaz.

Le matériau de base d'abord. Jusqu'à la fin des années cinquante, c'est de la tôle d'acier de 3 mm d'épaisseur. Elle a été remplacée par un acier de 2 mm d'épaisseur, et même un peu moins aujourd'hui, sans préjudice toutefois sur la robustesse.

Des précautions capitales en matière de sécurité

Les procédés et contrôles en cours de fabrication ensuite. En France, ils sont actuellement régis par un vaste ensemble d'arrêtés, de décrets et de normes, la dernière en date étant la NF EN 1442.

Pour fabriquer une bouteille, la tôle est d'abord découpée en deux galettes circulaires. Ces dernières sont ensuite transformées par emboutissage en deux demi-fonds de cuve, puis réunies par une soudure circulaire. Cette opération est désormais tout automatique.

Une collerette est par ailleurs réalisée puis fixée par soudage sur la partie supérieure de la bouteille afin de servir de support à deux filetages : l'un interne, appelé à recevoir une valve ou un robinet, l'autre externe, servant à la fixation du chapeau de protection (lui aussi en tôle). Un pied roulé (pour la stabilité) est également soudé sur le fond.

À ces éléments le fabricant devra encore ajouter deux dispositifs de sécurité, à savoir un limiteur de débit automatique (système fonctionnant en phases liquide et gazeuse, soit en amont, soit en aval du robinet ou de la valve) et une capsule/obturateur (système garantissant l'étanchéité de l'orifice de sortie avant la mise en service). Autre précaution capitale en matière de sécurité, mais au niveau process cette fois : le détensionnement des soudures.

« Il est obtenu au moyen d'un recuit à 920 °C ± 10 °C pendant au moins 5 minutes, et suivi d'un refroidissement en air calme », précise Olivier Aubertin. Cela fait, la bouteille est soumise à une épreuve hydraulique à 30 bars, soit 1,5 fois la pression de service (à 50 °C) pour le propane.

Éliminer tout risque de fuite

Au-delà du constat d'absence de fuite, le maintien du métal dans la limite de 90 % de son domaine élastique est vérifié.

Les diverses opérations de contrôle (par radiographie notamment) ainsi que la qualification des opérateurs et des soudeurs répondent à des règles extrêmement précises.

Par échantillonnage, les fabricants procèdent également à un essai de rupture sous pression hydraulique : pour être conforme, la bouteille doit supporter 67,5 bars avec une augmentation volumétrique supérieure à 20 %.

Après divers traitements de surface (grenaillage, zingage, apprêt, application d'une peinture), la bouteille est purgée de son air et reçoit un robinet fait de laiton et muni d'un filetage conique. Ce dernier est enduit d'une pâte spéciale et serré avec un couple compris entre 130 et 170 N.m de façon à éliminer tout risque de fuite.

Au tarage de la bouteille vide (avec report de la masse sur une pastille sertie) succède enfin le remplissage. Et le début des incertitudes pour l'utilisateur inquiet du niveau de liquide restant dans sa bouteille... « Une question enfin résolue dans les pays nordiques avec l'apparition de bouteilles faites de composites à base de fibre de verre, de vinylester et de polyéthylène, dont la translucidité autorise une bonne lisibilité de l'interface liquide/gaz », indique Olivier Aubertin. Quant à leur fabrication, c'est bien sûr une toute autre histoire...

LE SAVIEZ-VOUS ?

- La bouteille de gaz domestique a été inventée avant-guerre, aux États-Unis. - Objectif : récupérer les gaz (mélange butane-propane) présents en tête des colonnes de distillation du pétrole. - En France, les plus vieilles bouteilles encore en service ont plus de cinquante ans. Ces dernières sont soumises à une épreuve hydraulique tous les cinq ans, au lieu de quinze ans pour les bouteilles fabriquées à partir de 1967.

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