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Impression 3D : Google investit massivement dans la technologie CLIP

Impression 3D : Google investit massivement dans la technologie CLIP

La start-up Carbon3D, à l'origine de la technologie CLIP, vient de finaliser un tour de table de 100 millions de dollars.

© carbon 3D

Inspirée du film Terminator, la technologie CLIP, mise au point par la start-up Carbon3D, permettrait d’aller de 25 à 100 plus vite que les machines classiques. Le constructeur automobile Ford figure parmi les quelques entreprises à avoir déjà testé l'imprimante 3D, encore à l'état de prototype. 

Cent millions. C’est le montant en dollars de la levée de fonds que vient de finaliser la start-up américaine Carbon3D.  Google, via sa branche d’investissement Google Ventures, est le leader de ce nouveau tour de table aux côtés d’autres participants dont l'entrepreneur russe Yuri Milner, Reinet Investments ou encore Sequoia Capital et Northgate Capital. C'est la première fois que la firme de Mountain View manifeste un tel intérêt pour l'impression 3D. 

25 à 100 fois plus rapide que les machines classiques

Dès mars dernier, nous avions décrypté la techno de la jeune pousse basée en Californie, qui s’était fait connaître lors d’une conférence TED à Vancouver, grâce à sa technologie dénommée CLIP (Continuous liquid interface production). Disruptive, elle permettrait d’aller de 25 à 100 fois plus vite que les machines classiques. Pour cela, la machine polymérise la matière en projetant des rayons UV dans un réservoir de résine. Comme dans les techniques DLP/SLA : un projecteur vidéo projette une image UV sur une résine photosensible qui se solidifie sous l'action des rayons. Mais cette technique – la photopolymérisation -  rencontre traditionnellement un problème d’inhibition due à la réaction avec l’oxygène de l’air, détaillent nos confrères de LUsine Nouvelle, si bien que les pièces ne sont pas toujours bien polymérisées.

Les inventeurs du procédé CLIP ont tiré parti de ce problème. La partie inférieure du bac de résine (par où arrivent les rayons UV, voir schéma ci-dessous) n’est plus une simple vitre mais est volontairement perméable à l’oxygène de l’air. L'oxygène réagit avec la résine, si bien que les trente premiers microns de résine restent liquide, et l’objet solide ne se forme que plus haut. L’objet est tiré en continu de cette « zone morte » de trente microns qui reste en permanence liquide.

Ford parmi les premiers bêta testeurs

La technologie permet d’aller plus vite car elle ne fonctionne plus en  "couche par couche" mais en continu. Dans les technologies traditionnelles de photo-polymérisation, il faut en effet réinjecter une couche de résine liquide sur celle qui vient de polymériser. Cela prend alors plus de temps. Selon les créateurs de la machine, l’imprimante peut créer des élastomères extrêmement souples, 25 fois plus rapidement qu’une impression Polyjet 3D et 100 fois plus vite qu’en stéréolithographie. Elle permet en outre d’obtenir une meilleure résolution et une structure plus proche des objets fabriqués par injection dans un moule.

>> Consultez notre dossier : + grand + précis + rapide : l'impression 3D repousse ses limites

L'imprimante 3D a déjà été testée par Ford, par un fabricant de vêtements de sport, un studio de design d'Hollywood et un laboratoire de recherche, selon Carbon 3D. Pour la mettre au point, son PDG Joseph DeSimone dit s’être inspiré de Terminator et de son personnage T-1000 dont l’alliage possède des propriétés qui lui permet de se liquéfier puis de se reformer rapidement.

Cette nouvelle levée de fonds devrait permettre d’accélérer la mise sur le marché de l’imprimante 3D, encore à l’état de prototype. La jeune pousse compte cibler, en priorité, les entreprises des secteurs médical, dentaire, automobile, aérospatial et aéronautique.

 

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